Wild Crazy L.A. R n’ B : Le retour

Anthologie

Heartattack! Wild Crazy L.A. R n’ B – volume 2 (1954 – 1965) Panic Records 102
Le volume 1 avait fait l’objet d’une chronique enthousiaste en Décembre 2004. N’épiloguons pas, le volume 2 est du même tonneau. Panic Records a pris le parti d’éditer des artistes sans grande notoriété pour la grande majorité, souvent issus de labels inconnus voir occultes.

C’est à Ravon Darnell que revient l’honneur d’ouvrir ce disque avec « Chicken Little », plage rockandrollesque qui nous met d’entrée dans le bain. Cet artiste n’aura enregistré sous son nom que 2 petits microsillons pour les labels Million et Tampa, mais c’est dans la composition qu’il se fera connaître. Sa version de « The Thrill Is Gone » a été utilisée à foison par le cinéma. Il a également chanté au sein des Voices. Don & Dewey figurent parmi les artistes les plus reconnus de cette compilation. Ce duo a commencé à chanter chez les Squires et va connaître quelques succès avec « Jungle Hop » et « Koko Joe » et surtout avec « Bama Lama Bama Loo » qu’ils gravent en 1964 en compagnie de Little Richard. Don a également joué sous le nom de Sugarcane Harris, un fiddler réputé ayant même joué avec Mayall et Zappa. Cliff Chambers a grandi auprès de Vernon Green (The Medallions) mais n’a enregistré modestement que pour Dootone et Cyclone. Peppy Prince, chanteur batteur pour l’orchestre de Joe Liggins, nous propose le remuant « Work Man Work » dans lequel on pourra apprécier le saxo d’Henry Bridge. Peppy a aussi joué avec The Red Caps, The Sugarmen et Clarence Garlow.

Découverte par Johnny Otis, Linda Hopkins a enregistré pour de nombreux labels ; on se rappelle de son duo avec Jackie Wilson pour « Shake a Hand » en 1963. Elle est surtout devenue une excellente comédienne. Si Clint Easwood lui avait offert un rôle dans « Honkytonk Man » en 82, elle s’est surtout fait remarquer dans la revue « Black & Blue », puis plus récemment dans « Wild Woman Blues ». Au moment où j’écrivais ces lignes, un Live 2006 devait être publié par FreeHam Records. A 82 ans, Madame Hopkins prouve qu’elle a encore du punch. C’est sur le label Moonglow que les Preachers avaient enregistré « Chicken Papa ». Ce quintet blanc conjuguant Garage, R&B et Jazz Sound aura connu une bonne période au milieu des années 60. A noter que Zeke Camarillo intègrera par la suite Buffalo Springfield. The Preachers ne comptent qu’un seul album à leur actif, ils jouent encore à titre occasionnel. Universal’s constitue une excellente découverte avec « Black Beard » gravé pour le label Kerwood.
C’est sur le label Dumas que Li’l Jim Stinney a enregistré « Pretty Baby ». Ce musicien est d’après le compilateur de ce disque un mystère ; je pense qu’il s’agit du même Stinney qui intègrera par la suite Sam The Sham & The Pharaons. « Hot Tamales » en titre 12 nous permet d’entendre Bobby Hattfield, celui des Righteous Brothers pour un morceau très représentatif de ce qu’on a appelé la Soul aux yeux bleus. Bobby nous a quitté en 2003, des suites d’une overdose de cocaïne. Freddie Coaster nous offre un titre décalé, plein d’humour avec « Drinkin’ » ; il est accompagné ici par The Standells, la célèbre formation de Los Angeles, adepte d’un Garage Rock Psyché de la meilleure veine.

Attention, la 16e plage est de Kid Guitar Thompson & The Scooters un nom de scène qui pourrait faire craindre le pire. C’est excellent et il faut préciser que ce Kid est en réalité Flash Terry, figure légendaire de Tulsa (décédé en 2004 dans le plus grand anonymat). Le titre « I Don’t Like It » est l’œuvre d’un Doc ! Pas celui du site, mais d’un certain Doc Bill Joseph accompagné au piano par Lafayette Leake. Little Sammy, un protégé de Johnny Otis, a enregistré pour Dig, Genie, Capitol et a chanté au sein des Premiers et des Viscounts. C’est un spécialiste de la Ballade. Big Boy Grooves est un adepte du R&B Talking ; il a laissé quelques traces chez GME et Spark. Signalons la présence d’un titre de Joe Liggins qui laisse une impression séculaire par rapport au reste du disque.

Cette sympathique compilation de 29 plages (durée 68 minutes) regroupant raretés et curiosités devrait ravir les amateurs d’une musique à contre-courant mêlant Blues, Rock and Roll et R&B qui a réussi à conserver tout son charme. Mention à Ravon Darnell, Peppy Prince, Linda Hopkins, The Preachers, Little Sammy et aux méconnus Universal’s, Dell Rays, The Sinners, Frankie Lucas. Je précise que cet album est parfaitement trouvable chez tout disquaire digne de ce nom. On préconisera cependant par mesure de prudence Black Cherry Blues, rue Chaptal à Paris.

Le Kingbee

Relire la première chronique : https://www.docteurblues.fr/wordpress/?p=174

 

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