Wild and Crazy L.A. R n’ B

Les Disques

« Wild and Crazy L.A. R n’ B »
Just Shuckin’ Around 1953/1963
(Panic Records 100)
Los Angeles : Pendant la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis furent à un moment donné en mal d’armements, d’équipements et de main d’œuvre. Afin de contrôler un peu mieux le Pacifique, les grands penseurs de l’époque décidèrent de construire d’énormes chantiers navals en Californie. Cet état étant peu habité, on va faire appel à une main d’œuvre principalement sudiste (Arkansas, Louisiane, Oklahoma, Texas) essentiellement pour des problèmes de transport. Musicalement, le blues texan, de petits ensembles de jazz, des formations de western swing et de country vont rappliquer pour s’installer en Californie.

Dès la fin de la guerre, des gens comme Amos Milburn, Charles Brown, Floyd Dixon vont rejoindre la Californie où les avaient précédé les Frères Liggins, Pee Wee Crayton et T.Bone Walker. Une multitude de petits labels va voir le jour (parfois dirigés par des noirs et cela est tout nouveau). Los Angeles devient dès 1946 une place où l’activité musicale est non seulement diverse, mais attirante pour les musiciens quels qu’ils soient. L’urbanisation, l’arrivée massive des migrants du sud, la fin de la guerre, une envie d’entendre des spectacles plus entraînants et plus gais vont faire qu’une nouvelle musique va naître, mêlant blues sudiste, jazz et swing. La guitare va s’amplifier, le saxophone s’affirmer. De plus les radios et les labels ouvrent de nouvelles perspectives pour les noirs. Le Rhythm & Blues californien va découler de tout cet assemblage de musiques.

Wild and Crazy L.A.
Cette compilation nous est proposée par le label Panic Records. Soyons clairs, la rigidité, la cupidité et la rapacité des majors vont pousser de plus en plus souvent ce genre d’initiative. Car ces enregistrements sont issus de collections privées, souvent introuvables, compilées pour notre plus grand bonheur. Remercions les instigateurs de tels projets et les heureux propriétaires des œuvres originales.
On retrouve donc avec cette galette, 24 compositions issues de studios et de labels de Los Angeles, pour une durée de 56 minutes. La plupart des chanteurs ou groupes proposés sur ce disque sont bien souvent d’obscurs inconnus, n’ayant souvent enregistré qu’une petite poignée de titres. La première plage proposée est d’ailleurs l’œuvre d’un inconnu au prénom géographiquement évocateur. Tout le CD s’écoule sur un rythme endiablé, où émane une certaine joie de vivre et de danser. La barrière est parfois peu épaisse entre le R&B et le Rock n’ Roll.

Un peu de souvenirs et de biographies :
Willie Egans : né en 1933 en Louisiane, issu d’une famille de chasseurs d’alligators. Willie commença sa carrière sur le label Elko, pour finir par travailler comme agent hospitalier. Le label anglais Krazy Kata a compilé ses chansons sur un CD. Egans est décédé d’un cancer en août 2004.
Chuck Higgins : originaire de l’Indiana, né en 1924, ce saxophoniste était également capable de se mettre à la trompette et au trombone. Chuck rejoignit L.A. pour jouer avec le pianiste Frank Dunn et le saxo Johnny Parker. Par la suite, il fera partie de l’orchestre des Orioles. Chuck a gravé des microsillons pour les labels Aladdin, Caddy, Lucky, Specialty. Au milieu des années 80, il tourna un peu en Angleterre.

Kid Thomas : alias Tommy Louis, originaire du Mississippi où il verra le jour en 1934. Rejoignit Chicago avec ses parents, où il y apprit l’harmonica avec Little Willie Smith. Il accompagnera par la suite Muddy Waters, et Bo Diddley tout en signant, plus tard, pour le label de Sid Nathan. En 1956 Kid joua avec Hound Dog Taylor puis gagna L.A. en 58 jouant dans des clubs avec Otis Rush et Magic Sam il fit ensuite équipe avec Joe Bennet (guitare) et le pianiste Lloyd Glenn. Kid devait connaître une fin tragique en 1970. C’est à Beverly Hills qu’il fût tué par le père d’un garçon que Kid avait écrasé quelques temps auparavant

Gus Jenkins : né en 1931, mort en 85 Gus pratiqua le piano se spécialisant dans le blues et le West Coast, mais c’est avec Big Walter Horton sur Chess qu’il se fera principalement connaître. Gus poursuivra une brève carrière en Californie en imitant Charles Brown.

Gil Bernal : né en 1931 Gil a commencé une carriere éclectique à 19 ans. Gil joua pour Lionel Hampton et John Lee Hooker. Il travailla longtemps avec Spike Jones avec lequel il joua pour de nombreux labels (RCA, Verve). En 1997, Bernal apparaîtra dans le film « Primary Colors » Dans les années 90, il collabore avec l’accordéoniste Flaco Jimenez et le guitariste James « Blood » Ulmer Il travaillera également sur deux albums de Terry Evans. Enfin on l’entendra jouer dans le film de Ry Cooder « Buena Vista Social Club » dans lequel il joua en compagnie d’anciennes gloires cubaines. Le titre 20 « The Whip » est fortement conseillé par votre humble serviteur, le rythme endiablé du saxo pouvant à lui seul nécessiter l’achat de ce CD.

Le Kingbee

 

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