Westwego : la folk-music à la sauce bittersweet

Et bien, on dirait qu’il se passe quelque chose ici… Bittersweet Moods, le premier album du quintette Westwego, nous laisse deviner que Bacq, Dedzu, Maqi, Tijean et Vince seraient bien les jeunes pousses d’un folk revival à la française qu’on attendait depuis longtemps (*).
Westwego soude une belle complicité de cinq musiciens et c’est l’expérience de différents projets qui ont porté et maturé ce Bittersweet Moods si prometteur. Alors écoutons voir (j’aime bien cette expression… )

Leur nom emprunté à un poème de Philippe Soupault, plante au cœur du groupe un manifeste poétique… Ce n’est pas étonnant et c’est nouveau à la fois (In The Wilderness). Oui ! On pourrait se croire revenu à l’époque héroïque des poètes et musiciens de la Beat Generation (Not Ready, After You’ve Gone). Mais si on écoute bien la mélopée chaloupée (In the stone, La Lluvia et Under my Skin) il ne faudrait pas occulter les racines occitanes, la proximité espagnole propose une similitude avec la frontière mexicaine ; alors entre Ryan Bingham (période Mescalito) et la bande d’André Minvielle leurs cœurs balancent …

Westwego signe avec Bittersweet Moods un album prometteur qui leur permettra de séduire une nouvelle audience – photo © Marc Latour

La nostalgie celtique de certains airs nous pousse aussi vers le bar fantôme d’un pub irlandais (Shady Grove), la fraîcheur décomplexée de ces 5 working class Heroes (Always Around, Matterhome) nous colle vite la mélancolie houblonnée que nous aimons tant. D’ailleurs, Marshall Law qui introduit l’album est une véritable pépite, ce titre de Willy Tea Taylor, résume presque à lui seul l’intention créative de cette nostalgie festive qui enveloppe l’album tout entier. Et comme il en faut pour tout le monde – les 5 zicos convoquent ici leurs influences – nous n’oublierons pas les emprunts aux ensembles des Appalaches voire au Bluegrass (Slow Down The Races).

Westwego revisite notre playlist en faisant un pas de côté au blues d’aujourd’hui joué souvent sous Ventoline, cette nouvelle génération semble éviter cet écueil et elle pourrait bien séduire un public renouvelé. Alors ici, vous l’aurez compris, la recette façon fooding de leur musique ne manque pas de saveurs naturelles qui sentent bon le bois des instruments guitare, banjo, mando, harmo, contre basse, percussions et la chaleur de la voix de Dedzu, le chanteur, fait le reste et signe l’identité et la cohérence des 14 titres d’un album riche, joué et enregistré aux petits oignons !

Alors nous on dit : « s’il en reste, on en reprendrait bien un peu »

Westwego sur Facebook

* (voir également le trio féminin Fierce Flowers sur Facebook, NDR)

Jérôme Travers

 

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