Un trimestre de concerts

Le trimestre a été relativement riche en représentations de tout genre. Maurice J. Vaughn est l’auteur d’une prestation satisfaisante au Méridien, j’ai cependant préféré son passage dans ce même club et au centre Caussimon de Tremblay durant le printemps. Patrice Boudot Lamot officiait en solo lors de son concert à l’Espace B. J’aime assez le personnage, tenir deux sets, seul, en acoustique n’est pas chose évidente ; Pat arrive à maintenir un intérêt constant grâce à son jeu de guitare et aussi par des textes très bien écrits. On retiendra « L’Etrange Etranger ». A une encablure du Périphérique, c’est au One Way que se sont produits les Double Stone Washed, c’est carré, costaud, comme toujours dans un registre alternant Blues et Pub Blues à l’anglaise.



Pat Boudot Lamot à l’Espace B

Bettye Lavette
Mais le gros carton du trimestre, on le doit au New Morning avec Bettye Lavette qui était programmée pour seulement cinq dates européennes. En marge de son dernier album, Bettye a donné un show d’excellente facture, en fait elle nous en a mis « plein la gueule ». Elle tourne depuis plus de trois ans avec son groupe de musiciens attitrés, qui me paraissent bien meilleurs et mieux rodés que les musiciens de studio qui officient sur son dernier CD. Bettye reprendra quatre titres de son disque, dont une chanson a cappella de Sinead O’Connor. Juste un petit reproche, la durée du concert qui n’excède pas les 85 minutes et qui visiblement aurait pu être plus long pour la joie d’un public nombreux et plein de ferveur.

Blues sur Seine

Milieu Novembre, c’est au Festival de Blues sur Seine que j’assiste à la représentation de Mercy Blues Band. Le spectacle est de qualité, le trio possède un nouveau batteur en la personne de Stephane Avellaneda, très jeune et surtout très prometteur ; le groupe bénéficie également du concours d’un harmoniciste redoutable avec l’américain Bryan Ellington. Celui-ci manie aussi le sax et le piano et est originaire de San Diego.


le groupe Mercy et Bryan Ellington


atelier d’harmonica autour de Greg Szlapczynski

Un groupe d’enfants vient chanter Ray Charles, tandis qu’un autre nous propose un morceau à l’harmonica. C’est bien, mais j’aurais aimé voir ces deux groupes d’enfants sur le programme du festival, ceci est plus utile, à mon sens, que de voir le nom de Barbara Hendrix. Je n’insisterai pas sur les conditions pénibles dans lequel s’est déroulé le concert : froid, problèmes d’électricité, mais j’insisterai sur le travail des compagnons (car nous sommes dans un entrepôt Emmaüs) et des bénévoles. Le lendemain, Mercy se représentait au Bar de la Mairie aux Mureaux ; avec un « collègue » de Soul Bag, nous avions décidé de revenir voir le trio et son invité américain. Le Show proposé est sans surprise, dynamique, festif et la présence de l’harmonica s’intègre parfaitement au trio, encore une superbe soirée, et un grand merci à la direction et au personnel du Bar pour leur accueil.

Natural Blues

La grande surprise du trimestre, je la dois à Natural Blues, une petite formation locale qui est présente à l’Espace B. Ce groupe existe depuis neuf ans et me parait de suite bien en place. Fred Boulanger s’occupe de la basse et du chant, la batterie est tenue par Abraham Cohen (déjà vu avec Joe Louis Walker), Olivier Bridot à la trompette et le sax est l’affaire de Saïd Houma, impeccable et à la carte de visite bien garnie, tandis que les deux guitaristes sont Mathieu Renaud (sur une Flying) et Zenon Mezinski que je trouve très au point et surtout très sobre.


Fred Boulanger à la basse et Mathieu Renaud à la Flying V


Olivier Bridot à la trompette, Saïd Houma au sax et Zenon Mezinski, guitare

Les deux sets proposés par le groupe sont partagés entre des standards bien choisis et des reprises inusitées ; j’ai retenu plus particulièrement « Born under a bad sign », « Shakey ground », « Funky good time » et « Going down ».
Plus d’information sur ce groupe : http://natural.blues.free.fr/

Bagneux Blues Night

Le 3 décembre, la municipalité de Bagneux et notre confrère SoulBag nous offrait leur traditionnelle Bagneux Blues Night. En première partie c’est un plateau de chanteuses françaises qui était proposé, idée judicieuse car les chanteuses de Blues ne sont pas légion. Hélas, cette première partie fût quelque peu décevante. Vero Sauriat avec un choix de titres très audacieux, fait parfois preuve de trop de maniérisme. On retiendra cependant son passage sur « Let me down easy » avec une contrebasse surprenante. Puis c’était au tour de Sophie Kay de se charger des vocalises. On comprend pourquoi certains groupes de provinces se gaussent, lorsqu’on évoque la scène Blues de la Capitale. Je dois dire que je n’ai jamais bien capté les concerts de Madame Kay, cependant je la préfère seule, qu’accompagnée du dénommé Little Victor. Ceci est bien sûr mon impression… j’ai dû passer à coté !

Alex Shultz sur la scène de Bagneux Blues Night

En partie intermédiaire, la différence est énorme puisque c’est Alex Schultz à la guitare qui arrive, accompagné par le Raphael Wressing Trio ainsi que du superbe Finis Tasby. L’ensemble du public ne se trompe pas, c’est un grand show qui nous est proposé. Le trio accompagnateur est issu du Jazz (clavier, sax, batterie) mais s’imbrique parfaitement avec la guitare d’Alex. Finis reprendra deux titres de son dernier CD et quelques standarts dont un très bon « Mystery Train ». Il est rare de voir une telle osmose entre public et musiciens.

Finis Tasby
La dernière partie est comme souvent consacrée au Chicago Blues. Jimmy Johnson, 77 ans, toujours alerte, va tenir le rôle de leader. Johnson est un somptueux guitariste, navigant entre Soul et Blues. Il arrive parfaitement à canaliser la fougue de Chico Banks, que je trouve comme souvent trop démonstratif ; la section rythmique est confiée à Melvin Carlisle et Jess Cross. Monsieur Eddie King participera au premier morceau ainsi qu’au dernier. Des rumeurs, que je trouve regrettables, avaient circulé sur ce guitariste somptueux. Renseignements pris, Eddie King est tout simplement très malade, ne pouvant bénéficier de la largesse de la Sécurité Sociale des Etats-Unis. Ce guitariste, remarquable par son jeu, n’a jamais eu la carrière qui aurait dû être sienne, je ne parle même pas de la tragédie qu’il vécut jadis. A coté, Jean Valjean pourrait passer pour un gai luron. Mary Lane (que je ne connaissais pas) viendra apporter sa voix (un peu poussive) sur quelques titres. Mais cette Bagneux Blues Night fût cependant une réussite.
Pour terminer, je citerai la bonne tenue de Big Brazos au One Way, avec de nouveaux morceaux, parfois en français. En général je n’accroche pas trop aux textes français, mais là, c’est comme pour Patrice Boudot, on arrive à se laisser prendre au jeu, les harmonies vocales sont toujours très au point et j’apprécie le phrasé de l’harmoniciste qui de surcroît obtient un son non formaté.

Le Kingbee

 

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