Un gentleman est de retour : Johnnie Bassett

Portrait

Johnnie Bassett – The Gentleman is Back – Sly Dog /Mack Avenue Records
Sixième galette pour ce guitariste chanteur et songwriter reconnu, hélas quelque peu sous enregistré. Comme le titre l’annonce clairement Johnnie Bassett est de retour et ce après 10 ans d’absence discographique. Né en Floride en 1935, Bassett a très tôt rencontré des guitaristes comme Big Bill Bronzy, Arthur Crudup et se rappelle avoir vu Tampa Red. En 1944, sa famille quitte la Floride et migre à Detroit. C’est là que Johnnie entame sa carrière professionnelle au sein de la formation de Joe Weaver & the Bluenotes. On est au début des années 50 et la jeune troupe sert d’orchestre maison au label Fortune.
Johnnie Bassett part jouer au petit soldat en 1958, il intègre un orchestre de western et de country basé à Washington. A sa démobilisation, il gagne Seattle et y côtoie Johnny Guitar Watson ; les deux guitaristes ont le même âge. Johnnie Bassett va devenir un musicien de session très demandé. On peut l’entendre aux cotés de Ruth Brown, Alberta Adams, Mr. Bo, Eddie Burns, Washboard Willie, Andre Williams & the Don Juans, Nolan Strong & the Diablos, et bien sûr John Lee Hooker pour les principaux. Il aura aussi participé à plusieurs gigs avec le jeune Jimmy James (futur Jimmy Hendrix).
Durant les sixties, Bassett s’installe avec sa famille à Chicago et se consacre principalement au jazz, ce qui ne l’empêche pas de jouer pour Tina Turner, Dinah Washington, Little Willie John, Lowell Fulson. On le retrouve même sur le premier single de Smokey Robinson. A la fin de la décennie, il retourne à Detroit. Guitariste éclectique, au phrasé subtil il demeure capable d’officier dans plusieurs registre comme le jazz, la soul et se montre excellent dans plusieurs style de blues..
En 1994, Johnnie Bassett sera tardivement honoré d’un Award grâce à la Detroit Society Blues, sa ville d’adoption. Ce n’est qu’en 1996, qu’il gravera sous son propre nom son premier album, le fort recommandable « I Gave my Life to the Blues » publié par le label Black Magic. Suivront l’excellent « Bassett Hound » édité par Fedora ainsi que 2 albums enregistrés pour le regretté label Cannonball avec les Blues Insurgents, le groupe qui l’accompagne depuis.

« The Gentleman is Back » marque donc le grand retour de Bassett après dix ans de silence discographique. Le style et le registre restent les mêmes, encore une fois le guitariste privilégie la subtilité, l’élégance et la douceur ; dès la première écoute on baigne littéralement dans un doux breuvage qui se déguste tranquillement et tout naturellement. Au niveau vocal, Johnnie ne semble pas avoir pris une ride, la voix est parfaitement en place, sereine, comme reposée, en deux mots : parfaitement maîtrisée. Pour ce qui concerne l’accompagnement, on retrouve une grande cohésion mais cela peut paraître logique puisque Bassett s’appuie encore une fois sur de vieux complices : Keith Kaminski au saxophone (ténor, alto et baryton) est présent sur 9 morceaux, tandis que Chris Codish (piano et claviers) est lui actif sur 9 plages et chante même sur « Keep Your Hands Off my Baby ». Il faut noter que Chris a collaboré avec son père Bob à l’écriture de 8 titres sur un total de 11. Johnnie est épaulé par une multitude de musiciens, ce qui donne l’impression d’avoir affaire à un grand orchestre, comme cela se pratiquait jadis dans les années 50/60, quand les soucis financiers ne venaient pas se grever sur la partie artistique. Malgré le nombre important de participants, Bassett impressionne toujours autant par sa fluidité et l’homogénéité de l’ensemble.
Parmi les musiciens, citons d’abord James Simonson (contrebasse et basse électrique) membre avec Chris Codish de la formation de Detroit Brothers Groove et enfin Skeeto Valdez aux drums lui aussi membre de la même formation. On retrouve également une section cuivre importante et toujours bien en place. Outre Kaminski aux saxes, citons John Rutherford au trombone, et les deux trompettistes Mark Byerly et Bob Jensen. Au niveau des guests, James Morris se fait remarqué à la pedal steel sur « I Can’t See What I Saw in You » tandis que Duncan McMillan à l’orgue sur 2 titres et Sean Dobbins aux baguettes sur l’avant dernier titre viennent apporter leur contribution.
Il s’agit donc ici de blues teinté de touches jazzy et portant sur l’étiquette une sous appellation Detroit Blues. Excellement produit avec des arrangements d’orfèvre et une orchestration subtile cet album mérite une attention soutenue. Mention à l’excellent et punchy « « Keep Your Hands Off My Baby » avec une complicité sax/trompettes évidente, à « Feeling Lucky » pour la flamboyante partie de guitare et à l’intemporel « Georgia » standard d’Hoagy Carmichael immortalisé par Ray Charles. Un disque de Blues moderne, délicat qui se déguste sans ennui avec le plein d’émotion. Une réussite totale !

http://www.mackavenue.com
http://www.myspace.com/johnniebassett

Kingbee

 

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1 Commentaire
  1. Jipes 10 années Il y a

    Merci pour cette chronique il y a un bon swing tranquille et une jolie voix bien posée !

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