The Zydeco Dots

Portrait

The Zydeco Dots – Never Walked Away – Autoproduit
Malgré un visuel en noir et blanc sur lequel on distingue la silhouette de l’accordéoniste Raymond Chavis, il s’agit bel et bien d’un disque haut en couleur. The Zydeco Dots sont issus d’un ancien groupe basé à Houston qui officiait alors sous le nom de Ted & The Polka Dots. Fondé par l’accordéoniste Ted Pacholik, du guitariste Tom Potter et du batteur Mike Vowell (les deux derniers cités étant toujours présents) à la fin des seventies, The Dots comme on les appelait communément écumèrent pendant longtemps les environs de Houston.
Si le départ de Ted Pacholik a failli mettre un terme à l’existence du groupe, celui-ci va néanmoins persévérer ; la succession de nombreux accordéonistes (du français Pierre Blanchard à Pierre Stoot, Wilfred Chavis, Lil Jabo jusqu’au vétéran Leon Sam et enfin à l’arrivée de Joseph Raymond Chavis) venus d’horizons divers permettra même à la formation de grandir et d’acquérir une plus grande richesse. Si la discographie des Dots se compte presque sur les doigts d’une seule main (on peut y rajouter trois compilations), le répertoire jadis ancré sur la polka et un Zydeco Blues à la Clifton Chenier va au fil des ans intégrer plusieurs paramètres comme le western swing, le hillbilly et surtout le blues. En clair, la formation évolue et devient vite l’un des zydeco bands favori de la scène de Houston. La formation a reçu de multiples récompenses et divers trophées honorifiques de la part de la Presse de Houston.
Parmi les albums publiés, on pourra conseiller l’excellent « Tribute to Clif » qui regroupait chansons du King of Zydeco et titres personnels du groupe, comme l’excellent « Boudin Man » que nous retrouvons sur « Never Walked Away » et qui est en passe de devenir un standard du zydeco.

Actuellement, l’ensemble s’articule donc autour de « Ray Ray » Chavis à l’accordéon et au chant, cousin jusqu’alors méconnu de Wilfred et du grand Boozoo, du toujours jeune Tom Potter à la guitare, de l’ancien batteur Mike Vowell qui officie désormais au frottoir, du bassiste Joe « Thurman » Hurst, et du batteur percussionniste Joseph Rossyion, fils du légendaire guitariste de Beau Bridge Joe « Black » Rossyion.

Est-ce la sortie de ce nouveau disque ? Toujours est-il que si les Dots ont toujours été actifs, ils semblent mettre en ce moment les bouchées doubles. On peut les apercevoir dans les principaux festivals et les meilleurs clubs du Texas et de Louisiane ; ils demeurent aussi parmi les favoris de la crawfish food (circuit alimentaire). Sur leur site Web, Mike suggère avec humour qu’il faut peut-être voir dans les vertus du Viagra le pourquoi de leur surcroît d’activités.

« Never Walked Away »
Sur les treize titres du cd, on ne retrouve qu’une seule reprise avec le standard de Boozoo Chavis « Paper in my Shoes ». Dix plages proviennent de la plume de Ray Ray Chavis tandis que Tom Potter et Joseph Rossyion sont les auteurs d’un morceau chacun. Le répertoire se situe entre Clifton Chenier et Boozoo Chavis et peut rappeler par certains aspects Nathan Williams et ses Zydeco Cha Chas. Le phrasé de guitare de Tom Potter, guitariste sobre, aérien et efficace, dont les caractéristiques se situent entre Dennis Paul Williams et Selwyn Cooper tire le groupe vers le haut. Ici on est en droite ligne avec un Zydeco Blues traditionnel mais gorgé de renouveau. L’album s’articule adroitement entre des titres enlevés comme « Never Walked Away » qui donne son titre à l’album, et dans lequel Potter se livre à une véritable démonstration à la guitare, merveilleusement accompagné par un accordéon mélodieux, un frottoir qui vient cimenter le tout et un court solo de batterie dévastateur à la fin du titre et des titres suaves comme « Torn Love », magnifique ballade slow quasi instrumentale au rythme lancinant. L’excellent et très dansant « Bye Bye Jonee’ » contribue à mettre du gaz à l’ensemble et doit assurément plaire aux amateurs de dance floors. « Paper in my Shoes » (seule reprise du cd) sert ici d’hommage à Boozoo Chavis ; il s’agit ici d’une relecture sobre sans trop d’exubérance. « Maria » est un titre à ranger dans le rayon du zydeco blues avec un rubboard entêtant, une rythmique bien en place (comme tout le long du disque), une guitare qui sonne juste et quand il faut. Vient ensuite le morceau fétiche du groupe avec ce « Boudin Man » qui regroupe toutes les qualités du band et qui est surtout capable de faire danser n’importe quel cul de jatte. L’auditeur pourra aussi apprécier les passages furtifs de la guitare de Tom Potter (ici sans pédales) sur « Way Down ». Les influences originelles du groupe se font clairement entendre dans « Bye Monife » (comprendre Bye Bye Maman), magnifique polka se situant en fait entre valse et two-step. Le dernier titre « Zyde-Slide » est un instrumental court dont le titre est clairement explicite.
47 minutes de pur bonheur, sans pièce faible et avec en guise de conclusion un bon chanteur agréable et velouté qui a assez d’expérience pour ne jamais en rajouter. Bien sur, vous ne verrez pas ce band chez Drucker ou Sébastien, mais il est possible d’acheter ce cd sur le site de cd baby. Fortement recommandable !

Le Kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?