The First Degree de Steve Tallis

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Steve Tallis • The First Degree • Autoproduit
En 2004 déjà, l’artiste dont il est question en ces quelques lignes, était chroniqué dans Docteur Blues. Plusieurs albums plus tard, Steve Tallis reste fidèle à lui-même en ne proposant que des compositions originales, en ne présentant aucune reprise. Il s’offre même pour l’accompagner à la basse, à la guitare, à l’orgue, aux percussions et aux vocals, la présence de Skip McDonald plus connu sous le pseudonyme de Little Axe qui évolue ici, il faut bien en convenir, dans un registre qui n’est pas le sien mais l’intéressé s’en sort haut la main.

Et pourtant, la musique de Tallis est au-delà du blues expérimental de Little Axe. Ici, l’on est dans un chant/champ déclamatoire mais non moins dénué d’invention et de créativité hors des sentiers battus. L’excellence est à tous les niveaux à commencer par l’exigence iconographique avec une photo de 1951 prise à Bahia et qui évoque la magie que l’on pourrait, sans jeu de mot, qualifier de noire et dont il est question tout le long de l’album. Le premier titre qui porte le nom de l’ensemble, The First Degree, est un blues lancinant, le chant ponctué par une guitare dont les riffs répétitifs scandent et décrivent la transe avec des paroles évocatrices dont le somptueux, « I want to fly to the moon ». Le second titre, Athena Booboo, est parcouru d’incantations rappelant le vaudou mais nous sommes ici en terre de blues australien. Le morceau qui suit parle d’un poison dans le sang avec des guitares torturées. Celles, entrelacées, de Steve Tallis et de Skip McDonald. Le CD continue sa course mystique. On y parle du diable. Des secrets des 24 lunes. Le charme agit. Hypnotique. Puis, l’on apprend qu’une promesse est un nuage. La poésie devient insistante. Quand l’amour n’est pas de la folie, ce n’est pas de l’amour.

Le fantastique prend le relais. Le silence est dans la maison de Dieu. Il faut éloigner le maléfice, le sortilège. Steve Tallis demande à son auditeur d’être l’écho de son cri. On y croise alors un certain déterminisme, une exaltation, une frénésie. Le fabuleux devient captivant. L’imaginaire débridé.

Et toujours ce mysticisme qui n’est pas sans rappeler Jeffrey Lee Pierce et son Gun Club. Steve Tallis mêle de manière habile ses rythmes vaudous à un style propre mais fondamentalement blues. Outre le premier titre, l’acmé de l’album est, sans conteste, dans Breathless qui voit se croiser les influences de Captain Beefheart et celles de Tom Waits. Le disque de Steve Tallis demeure un assortiment singulier de signatures rythmiques, mouvantes, et de paroles surréalistes. Attention, chef d’œuvre.

Claude Dannic

Steve Tallis and the Holy Ghosts – Loko (2004)
Vous qui croyez tout savoir sur le blues depuis toujours, il se pourrait que vous puissiez être surpris par un artiste qui nous vient des antipodes.
Si le style déclamatoire d’Otis Taylor vous laisse admiratif… alors, dans un autre genre, mais tout aussi personnel, le CD de Steve Tallis devrait prolonger votre plaisir, voire votre extase… Eh oui… Nous continuons d’être branché par la filière australienne… Rendez-vous avec un Chamane.

 

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