The Blues has got Eddie King

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Eddie King – The Blues Has Got Me
Né en 1938 en Alabama, Edward Milton (alias Eddie King) apprend l’harmonica et la guitare grâce à son père, un prédicateur adepte de country blues. Il s’installe à Chicago dès 1954 et monte un 1er groupe sur le modèle de Muddy Waters. Il enregistre sous le nom de Little Eddie, devient un accompagnateur réputé et très demandé et prend le nom d’Eddie King. En 1961, victime d’une tragédie (ses cinq enfants périssent dans l’incendie de sa maison) Eddie King quitte le chemin des studios complètement anéanti. Willie Cobbs le remet en selle et Eddie remontera une nouvelle formation en 1969 avec le bassiste Bob Stroger, Eddie & the Kingsmen.
Ce groupe va alors écumer toutes les salles et les clubs de Chicago et plus particulièrement le South Side. Au début des eighties, il s’installe à Peoria, un bourg situé à une portée de fusil du fleuve Illinois, puis il accompagne la grande Koko Taylor pendant près de 20 ans se faisant remarquer par un jeu de guitare robuste mais gorgé de feeling. Pendant les années 90, Eddie King jouera de façon plus sporadique au sein des Swamp Bees, n’hésitant jamais à donner une chance à de jeunes musiciens.


Pochette d’origine

Ce cd d’Eddie King est la réédition de son seul album vinyl paru en 1987 sur le label Double Trouble. Il enregistrera en 97 un premier cd sous le titre de « Another Cow’s Dead » Il s’agit là de l’un des plus beau fleuron de l’histoire du Blues et du Chicago Blues jamais enregistré. Ceux qui n’ont pas la chance de posséder l’original seront comblés, le présent cd offrant 3 titres bonus comme souvent sur les productions de Gerrit Robs.

Eddie King est soutenu par le Reverside Blues Band composé pour la circonstance de Sir Lucky King (guitare rythmique), du bassiste Joe Roland, de James Mason aux futs, Lendell « Slim » Moore (guitare), Golden « Big » Wheeler à l’harmonica, Alan Batts aux claviers et du saxophoniste ténor Earl Crossley, ces quatre derniers n’étant présents que sur trois morceaux. Nous terminerons cet état des lieux avec Mae Bee Mae, honneur aux Dames, chanteuse et sœur d’Eddie King.

« The Blues Has Got Me » commence de façon diabolique avec un « When You Find a Fool » de derrière les fagots ; c’est un blues absolument magique, au fort accent Soul, qu’égraine Eddie King avec un jeu de guitare incroyablement émotif. Il enchaîne avec un blues lent « The Blues Has got Me » qui donne son nom à l’album. La tension dramatique est à son comble, le tempo est envoûtant et est interprété de façon cristalline, un pur joyau ! « Love at First Sight » tranche avec le précédent, on a affaire ici avec un blues saignant à souhait et au rythme virevoltant avec un Golden Wheeler brillant à l’harmonica. « The Twelve Year Old Girl » permet à Mae Bee Mae de faire son entrée. Autant dire que la sœur d’Eddie King n’a rien à envier aux divas du Chicago Blues ; elle met tous les ingrédients nécessaires : hargne et opiniâtreté, et quelle puissance vocale ! Même impression avec « 99 Pounds » où l’atmosphère est à son apogée, avec un beat et un rythme dévastateurs et un Eddie King royal à la guitare. Le son de guitare devient enchanteur, frôle le surnaturel et se marie merveilleusement avec la voix de Mae Bee Mae qui évolue maintenant vers la férocité, un vrai régal !
Vient ensuite une formidable reprise de « Laundromat Blues » qui dégage une sensibilité incroyable et qui pendant six minutes vous maintient constamment en haleine. Mae Bee Mae remet le couvert et nous assène le troublant et vertigineux « Able Mae Bee » où ses qualités vocales secondent impeccablement les prouesses techniques de son frère à la guitare. La famille King continue son travail de sape et nous propose un ensorcelant blues lent « He’ll Drain On You » ? Là encore, le blues de la Cité des Vents est superbement représenté avec une intro fabuleuse, des notes qui font frissonner à chaque coup et des riffs d’harmonica simples mais terriblement efficaces et qui viennent amplifier cette magnifique dynamique qui nous prend aux tripes. Eddie King prend le relais de sa frangine sur une reprise de BB King « The Woman I Love ». L’approche s’éloigne de Chicago mais demeure parfaitement distillé, la voix est détonante et le phrasé de guitare éblouissant. L’album original s’achève avec « Buttermilk and Cornbread » un blues lent d’une grande profondeur chanté par une merveilleuse Mae Bee, dont la voix se fait rageuse avec de magnifiques trémolos dans la voix, digne des grandes prêcheuses du blues.

Le premier bonus « Losing Boy » est un parfait plaidoyer de la Soul Blues. Eddie King nous offre encore une superbe démonstration à la guitare et sa voix brille de mille éclats. Il est dans la lignée d’artistes comme Little Joe Blue ou Buster Benton, près de 5 minutes de bonheur intense. « Man Size Job », le second bonus reste dans le même esprit, avec une Mae Bee Mae encore une fois renversante et un beat somptueusement martelé par le guitariste. Le cd se conclue avec l’instrumental « Eddie’s Thing » qui peut paraître un peu léger, mais qui a le mérite de s’achever en trombe. Le niveau d’ensemble de cet album est exceptionnel ; on peut remercier le label Black Magic d’avoir dépoussiérer l’album en le sortant de l’ombre. Ce cd figure parmi les plus grand chef d’œuvre de l’histoire du Chicago Blues et demeure en très bonne place au panthéon de l’histoire du Blues.

Henri Mayoux

 

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