The Arkansas Blues #2

The Meet Me In The Bottom • The Arkansas Blues Volume 2: The Bands • Stackhouse Records
Jim O Neal, cofondateur du légendaire magazine US Living Blues et du label Rooster, monte en 2003 une nouvelle petite maison de disques Stackhouse Records. Plusieurs CD vont alors apparaitre dans les bacs: « Give Some Body To Somebody » (DC Bellamy), « It’s A New Day, Brother » (Foree « Guitar » Wells), « Prodigal Son » (Memphis Gold) et la compilation « Keep It To Yourself Arkansas Blues Volume 1 Solo Performances ».

Le label agrandit sa série avec ce second volet. A l’instar du précédent volume, on ne retrouve ici que des inédits, généralement pris sur le vif. Ces titres n’ont pas été enregistrés en studio mais dans les habitations des artistes ou dans des juke-joints locaux. Hormis le regretté Calvin Leavy et Travis Blaylock alias Harmonica Slim ici présent au sein des Texarkana Five, le compilateur a privilégie des musiciens inconnus. Les enregistrements diffusés datent des années 70 et proposent un voyage au cœur du Blues dans les contrées les plus reculées de l’Arkansas, ce qui explique la sonorité roots des pistes.

Queen Bee & The Soul Seekers ouvre le bal avec le sauvage « Shake Your Butt », une variante du « Johnny B Good » de Chuck Berry qui ferait pâlir le pionnier du Rock n Roll. Quel Beat ! Cette formation issue de la même famille comprend Mamie Smith (batterie), Mary Smith (basse) et Exie Smith à la guitare et au chant. Enregistré au Jungle Hutt à Pine Bluff, le chanteur guitariste Duke Bradley nous offre « Same Thing They Did To Me », un blues lancinant au possible. Quel régal ! Il récidive avec « Everybody Wants To Go To Heaven », un blues lent d’une dramaturgie incroyable avec des solos de guitare qui font frémir de bonheur, un peu dans le style de Larry Davis. Le guitariste termine avec « You Don’t Love Me », grand succès de Willie Cobbs, dans lequel il met une hargne incroyable. L’émotion est garantie ! Les Sounds Of Soul (avec A.D. Robinson à l’orgue, Johnny Razor (basse), Jamies Seals (chant et batterie) et le guitariste Julius Gibson chez qui furent enregistrés les trois titres) reprennent « The Red Rooster » avec un beat superbement martelé, suivi par « Laundromat Blues » pour une version personnalisée n’ayant plus rien à voir avec l’originale, donnant l’impression d’entendre une nouveauté. Troisième reprise avec le revigorant « Woke Up This Morning » avec une interprétation qui ne manque pas de sel.

Cummins Prison Farm nous distille « Drunk » de Joe Liggins, le tempo tonitruant mais trop court moins de deux minute est mené par le vocaliste Louis L Mosley. La formation change de chanteur, Willie Smith en profite pour nous adresser une ténébreuse reprise de « Don’t Start Me Talkin’ », standard de Sonny Boy Williamson. Là encore la version sort des sentiers battus diffusant une ambiance cabaret. Texarkana Five avec en son sein Harmonica Slim interprète trois titres captés au Shelter Club Texarkana où le son paraît en retrait. « Meet Me In The Bottom », oeuvre de Bumble Bee Slim, est joué sur un tempo plus modéré proche du Jump, tandis que « You Better Believe » prend une coloration plus roots. Quel dommage que la voix utilisant un micro ampli d’harmonica soit si en retrait. Calvin Leavy, prend le relai avec deux titres Live probablement captés à Little Rock. Il s’attaque à « Consider Yourself », une démarque de son fameux « Cummins Prison Farm », avec des solos de guitare dont lui seul avait le secret. Il accélère la cadence avec « Don’t Treat Me This Way ». Quel plaisir d’écouter un tel bluesman, malheureusement son seul univers sera la prison. Queen Bee & The Soul Seekers viennent clore la compilation avec le festif « Jump » enregistré à Prattville dans l’habitation de la famille Smith. Richard Smith à l’harmonica nous assène un sacré monologue qui dégage le plein d’énergie.

Ce recueil nous immerge au plus profond du Blues avec une musique sans le moindre artifice. On peut ressentir toute l’atmosphère qui régnait dans ces juke-joints où la population noire venait se détendre après le labeur. Ces musiciens totalement inconnus pour la plupart n’ayant jamais mis les pieds en studio nous offrent de bons moments, malgré une qualité sonore loin de la haute fidélité.

Un document exceptionnel existant en version vinyle et CD.

 

DISTRIBUTION
 www.cityhallrecords.com

 

Henri Mayoux

 

 

 

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