Sur le sentier du Rock’ n’ Roll

Eddy “The Chief” Clearwater – Rock’n’rollcity – Bullseye Blues (BBCD 9640)
Cette galette publiée en 2003, est passée quelque peu inaperçue en France. On y trouve treize titres dont trois superbes reprises. Cela commence avec « You’re Humbuggin’me » une obscure reprise de Miller et R.Morgan qui va donner le ton général de l’album, humour et punch.

« Ding Dong Daddy » est un vieux morceau de Jerry McCain qui va être utilisé ici sous un rythme plus rapide que l’original. La troisième reprise choisie est un morceau de la Nouvelle-Orléans, « Let The Four Winds Blow » de Fats Domino et Dave Bartholomew, ces trois titres inusités sont habilement revisités. Les autres morceaux sont des compositions d’Eddy Clearwater ou d’Eddie Angel (deux titres). Pour résumer, « Hillbilly Blues » devrait convaincre les amateurs de Brian Stetzer, tandis que « Lonesome Town » et « Monkey Paw » rappellent The Ventures ou même the Blasters ; « Back Down To Earth » et « Old Time rocker » pourraient figurer dans un registre proche de Billy Lee Riley. « Before This Song Is Over » est d’inspiration New Orléans, enfin Eddy est également excellent sur un Blues lent « I Love You » un brin sirupeux, et dans lequel on peut apprécier l’apport de Dennis Taylor.
Le temps où Clearwater utilisait le pseudonyme de Guitar Eddy semble lointain ; Bref un album sans prétentions mais dans lequel on peut apprécier la joie de vivre, la cohésion, les quelques touches country, et les inspirations rock and rollesques des titres. Un album qui devrait satisfaire les émules de Chuck Berry en passant par Dick Dale pour finir aux Bands de Surf Garage des années soixante.

Eddy Clearwater, de son véritable nom Eddy Harrington, est né en Janvier 1935 à Macon (Mississippi). Musicalement, c’est un vrai « touche à tout », il est inspiré par diverses sources sonores : country, hillbilly, gospel, rhythm and blues, rock’n’roll, et blues. En 1948, il accompagne sa famille qui part s’installer à Birmingham (Alabama). Pendant son adolescence, il va jouer dans diverses petites formations de gospel, dont l’une deviendra célèbre sous le nom des Blind Boys of Alabama. Eddie atterrit à Chicago, dans le West Side en 1950, il côtoie alors Otis Rush, Luther Allison, et surtout Magic Sam. Ce dernier va fortement l’influencer et devenir son ami. Eddy doit son nom de scène au batteur Jump Jackson, suite à un habile jeu de mots concernant Muddy Waters.
En 1958 et 1959, il enregistre deux microsillons sur le label de son oncle Atomic H, dont un petit succès avec « A Minor ChaCha » ; l’année suivante c’est sur d’obscurs petits labels (Redita et Bandera)qu’il enregistre encore deux 45t.
L’année 1961 marque une étape plus importante, puisque c’est sur Federal (deux disques) et Lasalle qu’il enregistre. Sur scène, c’est principalement à Chicago qu’Eddy se produit ; son éclectisme lui permet d’accumuler les concerts, en touchant un public varié. Certains spécialistes n’hésitent pas à le comparer à Chuck Berry. Eddy est un guitariste dynamique, doté d’une voix puissante et d’un jeu de guitare excellent.
Durant les années 70, Clearwater vient deux fois en Europe ; Il arrive enfin à se faire remarquer suite à son passage dans une émission de la BBC. C’est en Angleterre qu’il enregistre « I Don’t Give A Damn If Whites Buy It » sur le label RedLightnin’, suivi en 1978 d’un enregistrement Live at the Kington Mines, qui sera publié par Fan Club, pour être réédité plus tard par diverses compagnies. On lui doit également « Two Times Nine » (Charly) et surtout l’album « The Chief » pour le label Rooster. Sur ce disque, Eddy est proche du sommet en compagnie de Carey Bell à l’harmonica. Entre 1997 et 2005, c’est principalement sur Bullseye que Clearwater aligne les disques, comme d’autres enfilent les perles, et cela donne souvent les mêmes résultats : tout se ressemble beaucoup mais ce sont souvent des œuvres d’un très bon niveau, pleines de vie, de densité, de souplesse et de Rock’ N’ Roll.

The Straitjackets ont commencé à évoluer ensemble à partir de 1988. C’est en concoctant un savoureux mélange de Surf Garage et de Blues en intégrant des sonorités rappelant Duane Eddy, The Ventures ainsi que la rythmique des Shadows, que ce trio va se faire connaître. Au départ, the Straitjackets sont composés d’Eddie Angel (guitare), Jimmy Lester (drums) et de Danny Amis (guitare). Ils participent l’été à de nombreux concerts aux environs de Nashville. La recette est bonne, le trio aborde un Rock Garage Surf très énergique. Leur jeu de scène est tonique et ils sont de surcroît facilement reconnaissables, puisqu’ils jouent en étant grimés de masques mexicains. Le trio s’adjoint les services d’un quatrième comparse E.Scott Esbech (remplacé depuis par Pete Curry) pour officier à la basse et ils décident de changer leur nom de groupe en choisissant Los Straitjackets.
C’est en 1995 que le groupe grave son premier single pour Upstart, suivi aussitôt d’un album. En 1996, une seconde galette voit le jour avec « Viva Los Straitjackets » suivi de deux autres albums en 99 et 2001. Les Straitjackets peuvent être traduit par Camisoles en français. Il s’agit d’une bonne formation jouant souvent sur un tempo enjoué qui va élargir son répertoire et ses possibilités en servant d’accompagnateurs attitrés à Eddy Clearwater. Lors de leurs représentations, Eddy, coiffé souvent de sa coiffe de « Chief » indien, et les hommes masqués parviennent aisément à conquérir leur public par leur énergie et leur bonne humeur respective.

http://www.eddyclearwater.com/

Sources Hal Horowitz – Mr Gerard Herzhaft (Encyclopédie du Blues)

Le Kingbee

 

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