Still Life en consultation chez Docteur Blues

Il semble que leur apparition au Festival de Montereau en Juillet dernier ait mis ce duo plein de talent en lumière (pour nous, chez docteur blues, ce n’est pas une découverte !). Alors, peut-on encore s’interroger sur ce duo atypique. Toutes les réponses ci-dessous.
Docteur Blues : Stillife ? D’où vient ce petit personnage sur la pochette de votre démo ?
Lionel : c’est une figurine en fimo (genre de pate à modeler) que ma compagne a fait il y a déjà quelques années. Ca date de ma période “Lazybones”. Il y avait trois petits personnages. Le personnage représentant la chanteuse de Lazybones ne ressemblait pas de trop a Chris alors j’ai recentré l’image sur le petit bonhomme à la guitare.
Chris : Quel tact. En vérité, on m’a dit que j’étais trop gros, qu’il n’y avait pas assez de pâte à modeler pour me figurer…

Docteur Blues : Tu as vraiment été prof de math à New Orleans, Qu’as-tu ramené de Louisiane…
L : ben voila… quand les délires de Chris me retombent dessus… Tu as lu ça dans la bio sur le site ? ben en fait, dans cette bio, il y a du vrai et du moins vrai…
Que cela soit clair, je n’ai jamais été prof de math, ni a New Orleans, ni ailleurs… Dans le civil, je suis prof .. d’électronique… en banlieue parisienne.
C : Il va falloir te trouver une autre couverture, maintenant. Tu viens de manger le secret le mieux gardé de France… En tous les cas, moi j’ai croisé un cajun qui ne jurait que par le Lion. Il parlait de tête au carré. J’ai pensé que tu lui avais enseigné les maths…

Docteur Blues: Bon alors la voix, c’est Chris, ce rôle de chanteur est vraiment arrivé par accident ?… t’as lâchement abandonné l’instrument ?…
C : Rien ne me prédestinait à devenir chanteur, c’est vrai. Il y a quelque chose de spontanée avec la voix, d’un peu magique. Un jour, tu chantes, et tu te rends compte qu’il y a ça qui sort … Aussi surprenant qu’une première éjaculation ! C’est après qu’il faut apprendre à se servir de son organe …

Mais tu appuies Lionel au racloir, comme tu dis ?
C : On s’appuie en fait l’un sur l’autre. On s’entraîne à être vieux en pleine canicule… Plus sérieusement, on a développé un système symbiotique tout à fait unique dans la nature : il avait besoin d’être râclé, moi gratté. On s’entreparasite, et le frottement de nos petites antennes produit ce blues si caractéristiques des anthropodes palmipedus.

La guitare acoustique, les ambiances qui sentent le bois, d’où te vient ce jeu de guitare ?
L : je suis arrivé à l’acoustique par hasard. Lorsque j’étais dans ma Lorraine natale, je tournais avec un groupe électrique qui pratiquait un bon gros blues-rock baveux (il y a quelques extraits en fouillant bien sur le site), où je tenais une bonne vieille strato branchée sur un twin. J’avais bien une folk qui traînait mais elle prenait la poussière.
Lorsque je suis arrivé sur Paris, je connaissais un bassiste et une chanteuse. On a monté le groupe et comme on n’avait pas de batteur sous la main, on a tenté la formule acoustique et j’y ai pris goût. On a eu une petite période de retour à l’électrique avec Bastien, le batteur qui officiait avec Daran (une des chaises) en mal de root’s, puis cette parenthèse s’est vite effacée, pour retourner à trois, puis finalement à deux.

Certaines harmonies et ta façon de faire sonner les accords me rappelle ce bon vieux Rory Gallagher (quand il jouait en acoustique)…
L : Je connais très mal ce qu’a fait Gallagher. Un mec m’a dit aussi que je sonnais un peu comme Monte Montgomery que je ne connaissait carrément pas du tout.
En fait, je n’écoute que très rarement des bands acoustique (sauf big brazos, bien sur ! ;o). Toutes mes influences sont électriques. J’ai été élevé au stevie ray, t-bird, winter, van halen et franck marino. J’ai adapté ce que je savais faire en électrique sur une guitare acoustique. D’ailleurs, je ne sais pas si nous sommes vraiment un groupe “unplugged” . Dernièrement, on bricolait un set pour la première partie des Golden Gates Quartet, et on c’est dit “il faut qu’on joue les morceaux en version acoustique”, et ça a sonné vraiment différemment de comment on sonne habituellement.

La tessiture de ta voix me rappelle celle de Sting sur certains titres, te sens-tu toujours proche de la scène anglaise ? tu as passé quelque temps Outre-Manche…
C : Vu d’ici, la scène anglaise me paraît représenter l’antithèse de Stillife. On cherche à copier personne, pas plus qu’à innover. Ce qui me plait davantage chez nos cousins les british, c’est l’approche naturelle qu’ils ont de la musique populaire. On est moins flegmatique chez nous, mais beaucoup plus cul-serré quand il s’agit de faire jouer un band dans un bar, où quand il s’agit de pousser la chansonnette avec les musiciens. On se prend trop au sérieux ( Lionel le dit souvent de moi, qui n’aie qu’un huitième de sang gaulois dans les veines !). Peut-être qu’il faudrait qu’on traverse le Channel ?
Quant à ma voix… Il faut savoir que Lionel retouche systématiquement ma voix à l’enregistrement. En vérité, j’ai plutôt la voix d’un Barry White, mais Lionel me trouve déjà assez viril comme ça au naturel, alors il m’ote trois ou quatre testicules au mixage. Tant que ça n’effarouche pas notre public féminin…

Tu as eu la révélation pour le blues lors d’un concert de BB King ?
C : En fait, un peu avant… D’où ma présence en face du King. Ce jour-là, j’ai su que je serais guitar-hero. Je ne désespère pas. Je me laisse pousser le ventre et, si je suis bien sage, je serais black dans ma prochaine vie.

La gloire, la route, les expériences, quelle force vous pousse à avancer ?
L : Je ne sais pas de trop. Qu’est ce qui fait qu’on aime passer des heures à travailler l’instrument et à présenter le résultat ? C’est étrange quand on réfléchi un peu… Les expériences, sûrement. La simple envie de passer de bons moments et d’en faire passer au public, sans doute.
C : Je cocherais bien la case Dollar, mais tu ne la présentes pas, et de toute façon, on gagne pas un rond ! La vraie motivation, c’est le public (s’il est féminin, c’est un plus). De toute façon, quand on joue d’un instrument, et qu’on aime s’exprimer avec, c’est dur de s’en passer. La question ne se pose plus : ça fait partie de notre vie. Par là-dessus, une relation de complicité s’est instaurée avec Lionel pour produire Stillife, et quand le résultat est bon, c’est assez jouissif. C’est une espèce de cercle vicieux : plus on y goûte, plus on est gourmant. Et si d’aventure, la réaction du public est super-positive, on est tenté de se dire qu’on est né pour ça …

La formule duo semble te convenir entre My Planet et Still Life, tu te sens à l’aise en duo ?
L : Comme je te le disais plus tôt, j’y suis venu par hasard. Mais aujourd’hui, j’aurais du mal de m’en passer. Puis il y avait à l’époque où j’ai commencé à travailler en acoustique une sorte de défi envers moi même. Faire sonner qque chose sans basse/batterie, et essayer de faire autant de bordel qu’un band électrique à deux, c’est une bonne ecole. En fait, ce que j’adorerais faire, c’est présenter un truc avec disons 1/3 de morceaux avec un basse/batterie. Mais, bon, t’imagine avec nous un bassiste et un batteur qui seraient spectateur plus de la moitié du show ? Ca n’intéresserait personne.

Et toi Chris, que penses-tu de la formule duo ?
C : c’est stimulant pour la complicité. C’est une partie de ping-pong permanente. Même s’il est vrai que j’imagine parfois l’impact que certains de nos morceaux pourraient avoir avec l’électricité, une basse, une batterie, un pianiste, une section cuivres, une section cordes et un arrangeur Américain… A deux, je pense que c’est vraiment plus facile de bosser.

Pourtant Lionel, tu connais la solitude. Affronter seul un public sur scène est une vraie expérience intérieure : un homme une guitare, l’essence même du blues…
L : Je me souviens bien de la première fois que j’ai fait ça, dans un rade dans le 94. Quand j’ai commencé à jouer, je me disais “putain, comment est ce qu’il vont prendre ça en face ? ça ressemble à quelque chose ce que je suis en train de leur faire ?”. C’était un drôle de sentiment, pas désagréable, mais drôle.
M’enfin, en fait, je ne suis jamais seul. Un gars qui fait un truc vraiment tout seul, c’est autre chose. J’ai toujours Chris à coté

Vous êtes auteurs, quelle sont vos premières sources
inspirations ?

L : je ne suis pas auteur, tous les textes sont de Chris.
C : J’attends désespérément qu’une muse viennent frapper à ma porte pour me le dire. Il y a un peu de l’écriture automatique surréaliste dans l’élaboration des textes… Le crayon part et on se dépêche d’entrer dans quelques clichés bien sentis, histoire de passer rapidement à une autre song… En fait, je suis assez paresseux pour écrire un texte. Pourquoi faut-il qu’un chanteur dise un texte ? Quelle fatalité ! Pour moi, l’essentiel, c’est de chanter. Mais bon, si j’étais plus intelligent, j’aurais certainement des choses sensées à dire …

Comment envisageriez vous un album complet de votre Modern Acoustic Blues ? Est-il déjà dans les cartons ?
L : On aimerait trouver plus de temps pour enregistrer plus. On enregistre de temps en temps un ou deux morceaux. quand il y en aura assez pour présenter une galette digne de ce nom, on pourra dire qu’on a fait un album complet ;o)
C : En fait, il ne sera pas « Modern Acoustic Blues ». Il sera « Kicking Bluesoul Ultracoustic ». On a désormais tourné cette page de notre histoire millénaire. Quant à sa date de livraison…

Que peut-on souhaiter à Still Life pour 2004 ?
L et C: de belles dates, de belles rencontres et du fun, beaucoup de fun

Vous avez tous les deux le mot de la fin, une histoire drôle, une anecdote, un scoop ?…
L et C: Pas de chance : le coup de la réponse en choeur, on vient de la faire !

Merci et bonne route

stillife.free.fr – Kicking Bluesoul Ultracoustic & Other Assorted Songs

 

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