Steve Earle debout au Café de la Danse

Steve Earle, mardi 15 septembre 2009, Café de la Danse, Paris
La première fois que j’ai rencontré Steve Earle, je veux dire musicalement, c’était chez un petit disquaire de la rue de La Grange aux Belles à Paris. Ah ! Ce disquaire… C’était vraiment un chic type, il connaissait personnellement Martin Stone, oui, le Martin Stone de Savoy Brown première époque… J’allais lui rendre visite le dimanche après-midi, il avait la bonne idée d’ouvrir le dimanche pour profiter de la clientèle des promeneurs du canal Saint-Martin tout proche. C’est un de ces dimanches qu’il me mit entre les mains l’« Essential » de Steve Earle.
Je me souviens qu’à l’époque, Je n’avais pas était séduit à la première écoute, j’avais un peu trop vite oublié le Cd sur un des rayons de ma discothèque. Tout ceci pour vous dire que je ne suis peut-être pas le mieux placé pour vous parler de Steve… Tout le monde fait des erreurs ! Sauvé par un ami qui écrit sur ce blog, j’éviterai l’impasse d’un des plus emblématiques songwriters américains… Alors peut-être en profiterez-vous également…
Un mardi de septembre 2009 au Café de la Danse, j’avais enfin rendez-vous avec Steve Earle. Ce soir là, il jouait son unique concert en France suite à la sortie de l’album « Townes ». Un album qu’il a entièrement consacré à son mentor Townes Van Zandt, décédé en 1997.
De Steve sur scène, je ne fus pas déçu. Des cheveux longs dégarnis sur le dessus, une barbe d’au moins vingt centimètres, des culs de bouteille en monture au travers des quels il vous transperce d’un regard d’aigle royal. Steve Earle sur scène c’est du lourd !


Steve Earle debout sur le scène du Café de la Danse (photos Miss Béa)

Son interprétation des titres de Townes prend une autre dimension que sur disque, Les textes et les mélodies nous parviennent du fond de son âme de vétéran. Un vétéran qui a tout connu, de l’enfer de la drogue à l’errance d’un fugitif, de la froideur des pénitenciers du Tennessee au tournage de série TV. Il en reste une force, une énergie qu’il utilise pour frapper sa Martin pendant une heure et demie. Debout seul en scène à quelques mètres de nous, il raconte sa vie, sa rencontre avec Townes dans une langue dont l’accent nous renvoie immédiatement au mythe des Kerouac, Carver, Jennings, Nelson. L’émotion est palpable sur « Pancho and Lefty », « Colorado Girl » « Mr Mudd and Mr Gold ». Steve nous livre quelques extraits de son très réussi Washingtown Square Serenade. Les titres Tennessee Blues, City of Immigrants, Way Down in the Hole (Tom Waits) s’enchaînent sans perdre le fil du scenario qu’il dessine pour ceux qui se sont tassés sur les gradins de la petite salle du Café de la Danse qui s’est transformée en chapelle de la folk-music. Bien qu’un peu gêné, de peur de déranger, on ose demander un rappel … Steve ne fera pas l’impasse de Copperhead Road…

Jérôme Travers

 

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