Soudain l’été dernier! (Suite et fin).

Le concert de FRED BROUSSE comme la plupart des concerts des mecs tapants dans le créneau de la scène Blues en France allait être comme d’hab’ et comme je le croyais du genre frustrant. Déjà la formule du trio est du genre casse-gueule au mieux, limite casse couilles pour d’autres vu que tout tourne autour d’un leader et autour de la formule guitare, basse et tambours. Pas besoin de se gratter les neurones trop longtemps pour se douter que c’est à la six cordes que se décide la manoeuvre.

Et là pas question d’être manchot! Faut assurer grave le long des cables d’ou hélas…la virtuosité débordante de certains pour le morceau (Quand il y en a un..) qui n’est en fait qu’un prétexte pour arriver le plus vite possible au solo avec toutes les options grimacières, sudoripares et gymniques sans lesquels aucun guitar-héro ne peut se prétendre l’être et avoir son article dans “Guitar magazine”. Ensuite bien souvent le patron se sent obligé de chanter…en Anglais sur les reprises ce qui fait souvent hurler de rire ceux qui sont dans la salle vu l’accent. Un peu comme si on demandait à l’un d’eux d’entamer du Pierre Perret phonétiquement. ” On l’wapel couisse de mouche fleur dou baliou” Hé mais ça le fait avec la méthode Gotlib!
Sinon il y a le Francais…et là les os dans le paté font ressembler le morceau à un ossuaire. A une époque Benoit Blue Boy avait pigé que plus que ce que l’on dit l’important était que ça sonne mais que c’était pas une raison pour dire n’importe quoi. Que jouer sur le graveleux ne voulait pas dire humour de chiottes et plus grave s’y laisser enfermer entre jeux de mots vaseux sur la forme et remugles de beauferie machiste sur le fond. Marrant de voir si peu de femmes dans le Blues en France chanter dailleurs leurs propres compos dans la langue de Molière.
Et puis surtout notre BBB national n’érigeait pas ça en procédé (quoique sur ces dernières galettes..?).
Un peu comme certains se sentent obligés de se saper en représentant d’aspirateur de poils de chameaux dans la toundra mongol pour l’imiter.
Bon tout ça pour dire que c’est pas le cas de l’ami FRED. Okay la liquette couleur pate d’amande oubliée au soleil, la gapette de marlou et le futal à pinces au rasoir me balançait d’entrée la giclée de citron dans les dents.
“Putain encore un de ces mecs qui s’est construit sa salle de cinoche perso dans la caboche au mieux ou au pire un imposteur”.
Et puis je me suis dit en le voyant sangler sa gratte, s’approcher du micro et avoir dans sa façon de bouger…cet espèce de Cool. “Gaffe bonhomme! Ne joue pas ton gratte papier blindé de gnole, d’amertume et de certitudes”. Le genre puriste ou photographe accroché aux barrières devant la scène comme à un déambulateur. Surtout que sa gueule en plus de me revenir me disait quelque chose.
FRED BROUSSE?
FRED BROUSSE?
FRED BROUSSE…bon sang mais c’est bien sur!
Entre le Méridien que j’ai franchi pas mal de fois à une époque sabre au…pas trés clair jusqu’au bout de la nuit.
Ha ces retours à pinces titubants de…on va dire fatigue sur le Boulevard Pereire à refaire le concert avec Guy B.
FRED BROUSSE donc!
J’y étais!
Sideman derrière Lil Ed, Joe Guitar Hugues et Zora Young, notre homme en plus était un tourneur grace à qui on avait pût voir dans nos contrées certaines de ces pointures. Je me couvrais de cendre en surveillant la cuisson du goudron et des plûmes et allait pour la première fois l’écouter avec son groupe c’est à dire CHOUCHOUBASS à la basse…un spectacle à lui tout seul et CED SAN JUAN à la batterie.
Débutant (dans le sens de commençant bien sur) à l’harmo le premier morceau fit lever pas mal de nez de leurs bières aux terrasses des troquets. Puis sur des reprises et des compos persos…anglais et francais mélés à l’image du public avec pour boucher les trous quelques suisses normal puisque le pays du gruyère n’est qu’à quelques mallettes de lingots de Samöens l’homme nous fît fondre de plaisir par son jeu sans effets d’un moelleux tirants vers le Jazz tout en n’hésitant pas à se friter avec quelques Blues bien cognés. Au chant l’option limite crooner par moment sans essayer de forcer donnait une certaine élégance à l’ensemble. Ouais c’est ça! Ce mec est élégant, dans sa musique, son attitude et sa façon de communiquer avec le public.
Bon chose promises…chose dues! Pour les musiciens que ça brancherait, le site de ce festival est: www.festival-les pépites.com. Sinon on peut passer par l’office du tourisme et demander BENJAMIN FISCHER ou FALCO BAUDON.
Y’a du potentiel comme on dit!
So long!
Paco.

 

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DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

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