Second coming

Willie King & The Liberator “Freedom Creek” Rooster 2642
Je ne savais rien de Willie King jusqu’à ce qu’un véritable amateur de blues, mien ami, me confie une précieuse copie de “Freedom Creek” un album paru en 2000 sur Rooster Records.
L’album commence par un inquiétant “Second coming” : 6 minutes hypnotiques qui rendent hommage à Martin Luther King et qui changent irrémédiablement votre opinion sur le blues d’aujourd’hui ! Le blues serait-il atrophié ? Ne pourrait-il pas évoluer comme n’importe quelle musique en gardant toute sa primauté ? Une modernité qui finalement le rapprocherait inexpliquablement de ses racines. Un blues militant sans édulcorant joué live et traversé par de brillantes fulgurances dont était capable l’unique John Lee Hooker.

Le rythme binaire, le contre chant permanent d’une deuxième voix tenue par Willie Lee Halbert, deux guitares rythmiques jouant des boucles s’entremellant donnent à l’ensemble une touche Reggae ou Soul selon l’atmosphère du blues. Les textes sont scandés et chargés de revendications et de mots d’ordre comme dans “Uncle Tom” ou “Let’s Come Together”. On se rappelle James Brown par instants.

D’autres titres évoquent certains souvenirs douloureux des 20 années que Willie King a passé à travailler dans les plantations.
Mais ce n’est qu’un épisode dans sa vie, puisqu’il séjourne à Chicago à la fin des années soixantes, puis c’est le retour comme vendeur itinérant dans le deep south où il passe 10 ans à écrire des “struggling songs” en écumant les juke-joints. En 1987, il a la chance de rencontrer Jim O’Neal mais il faut encore attendre 13 ans et le renouveau de Rooster Records pour qu’enfin sorte “Freedom Creek”.
Un disque qui transpire une vérité nue et froide : la bande son d’une vie en Blues…

En 2002 la dernière production de Willie King “Living in a new Word” suit la même direction musicale, avec en plus l’arrivée du saxophoniste Kevin Hayes qui apporte un peu de rondeur à l’ensemble. Les Titres sont enregistrés en studio cette fois : Memphis et Hollin’ Wolf ne sont pas loin avec toujours autant de véracité et de vécu. Un monogue conclut la tracklist ce qui est en passe de devenir la signature de Willie King.

Willie King et ses Liberator pourraient être ce qui est arrivé de mieux au blues depuis JB Lenoir…

“Living in a new Word” Rooster 2647

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Docteur Blues

 

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