Scotché avec Roy Thompson

Les Disques

Roy Thompson & The Mellow Kings • 20 Days • Stag-O-Lee 072
J’attendais avec impatience ce nouvel album de Roy Thompson & The Mellow Kings, tant la formation avait tapé fort avec son premier album, mettant un grand coup de pied dans la fourmilière du Rhythm & Blues et du Black Rock n Roll, celui des années 50/60. Roy Thompson fait ressurgir cette fantastique musique, précurseur du futur Rock n Roll. Le précédent album nous avaient complètement bluffé, voir scotché.Ce nouvel opus est dans la même mouvance. L’équipe s’est étoffé de nouveaux éléments sans dérégler cette machine superbement huilée. On retrouve Bastien Alzuria (guitare), Freddy Pohardy Riteau au sax, Gaël Petetin (batterie et vibraphone), Thomas Lesigne à la contrebasse, Jean Pierre Cardot au piano, la troupe habituelle agrémentée de Jean Gatien Pasquier à la trompette sur deux titres, Ben Pasquier au trombone sur trois plages, le 440Hz Trio au violon sur deux morceaux et les Royettes aux chœurs sur trois titres. La formation rallongée par de nouveaux intervenants prend ainsi plus de hauteur musicalement. Dès la première écoute on est aussitôt subjugué, c’est encore un grand cru que nous offre Roy Thompson.
Seul petit bémol, la durée du disque 40 minutes, le répertoire est tellement jouissif qu’on aurait apprécié quelques cuillères supplémentaires. On a le droit à cinq compos et dix reprises, mais tout ceci ne fait qu’un car coulé dans le même moule.

L’album s’ouvre avec « Oh What A Wonderful » d’Otis Blackwell, pour une version magique, résultat un départ en fanfare ! Le groupe reprend le méconnu « Burnt Toast And Black Coffee » gravé par Shorty Long et Mike Pedecin dans une version plus dynamique, l’apport du sax n’y est pas étranger, un titre véritablement bluffant ! Première compo avec « 20 » qui donne son titre à l’album. C’est à s’y tromper, on croirait entendre un single US, ça sonne Little Richard à fond la caisse avec un jeu de guitare et de sax aussi meurtriers que diaboliques.

Si ce morceau n’est pas du Rock n Roll,
je me fais moine !

Petit détour par la case sax hurleur avec la reprise de  « Hoppin’ Mad » de Plas Johnson. Roy Thompson et son groupe nous font découvrir une autre facette de la musique noire américaine à une époque où le saxophone était une pièce maitresse, ici le jeu de sax est ahurissant, à tomber à genoux. La classe! Seconde composition avec « My Lovin’ Kind », un génial mélange de Blues et de R&B joué avec hargne et des montées d’adrénaline foudroyantes. « Tighten Heart », un autre original, s’avère jouissif, interprété de façon nonchalante donnant un rythme chaloupé pour une sonorité rafraichissante. Idéal pour faire la fête. « You Got Me », jadis chanté par l’une des plus belles du blues, Bobby Bland, rend un bel hommage au chanteur; l’interprétation garde une certaine personnalité avec break de guitare digne des plus grands, un pur régal.
La formation reprend un titre rare « Take Me Back » d’Al Brown & The Tunetoppers, le rythme mortel frôle l’hystérie, ça explose de partout avec un jeu de piano à la Jerry Lee Lewis. Là encore on est dans l‘excellence. Grand admirateur de Little Richard, Roy Thompson s’attaque à un titre méconnu, « I Love My Baby » sur lequel il était accompagné de Johnny Otis gravé pour le label Peacok; la voix est percutante et Roy Thompson est carrément dans la peau de Little Richard. Encore une face cachée de Rock n Roll. La formation adoucit l’atmosphère avec une belle ballade bluesy « I Don’t Wanna Leave » interprétée avec brio et tendresse, la voix surf à merveille sur ce petit bijou parfaitement orchestré. Petit passage vers du festif avec «  For This I Thank You » de Gino Parks, un mélange de R&B et de Soul idéal pour clarifier l’ambiance nonchalante. « Kokomo Joe » une compo de Rock n Roll pur jus nous renvoie vers du Johnny Otis tout craché, quelle rage dans l’interprétation ! Le groupe rend un autre hommage à Guitar Jr., plus connu sous le nom Lonnie Brooks, qui à l’instar de nombreux bluesmen, avait commencé par le rock. Roy Thompson nous offre une version explosive de « Roll Roll Roll » avec un beau break de guitare et un solo de sax hurleur. Le vocal de Thompson excelle sur ce genre de titres. L’album se clôt magistralement avec une reprise de « The Midnite Creeper » de Johnny Otis qui procure un frisson garanti restituant toute l’âme du R&B des années 50.

Avec ce nouvel opus, Roy Thompson et son groupe ont trouvé tous les ingrédients nécessaires et réussissent l’examen haut la main. Peu de groupes sont capables de jouer à un tel niveau et de faire revivre avec autant d’authenticité le R&B et le Black Rock n Roll de cette époque. « 20 Days » figure dans le haut du panier du R&B français et cet album sera difficile à détrôner. Rappelons que Roy Thompson et ses Mellow Kings mettent souvent le feu sur scène où leurs shows s’annoncent souvent aussi renversants que saisissants. Un album chaudement recommandé.

http://www.stag-o-lee.com

Henri Mayoux

 

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