Sarah McCoy, Blood Siren : naissance d’une grande dame

Les Disques

Arrêtez vous quelques secondes à la couverture christique de ce premier album officiel de Sarah McCoy. Allez à votre platine, à votre lecteur MP3, fermez les volets ! Laissez juste une petite lumière (bougie de préférence) prenez un verre d’une boisson alcoolisée (mais consommez avec modération) et laissez-vous embarquer par le charme de la voix de Sarah McCoy.

Parmi nos lecteurs certains ont eu peut être l’occasion de la voir il y a quelques années lors des Nuits de l’Alligator 2014 où l’ogresse débordante de vitalité (malgré un gros rhume soigné à coup justement de boisson forte) nous avait époustouflés par son dynamisme hors norme, où le spectacle musical se terminait par des acrobaties tant vocales que visuelles et physiques avec sa xylophoniste.

Sarah McCoy, Les Nuits de l’Alligator à La Maroquinerie, Paris le 14 février 2014 – Photo Miss Béa

 

Sarah McCoy, Blues d’Automne en Rabelaisie, le 30 septembre 2016 – Photo Miss Béa

Pour notre part nous l’avions revue avec grand plaisir à la deuxième édition du Blues d’Automne en Rabelaisie (voir notre compte-rendu)  consacré au blues féminin. Plus assagie, ayant perdu ses dreadlocks, la lionne mieux coiffée mais toujours échevelée nous avait montré ses capacités à canaliser son trop plein d’énergie.

L’an dernier nous avions eu lors de son passage au Jazz à La Défense, la confirmation que nous étions en présence d’une diva en gestation.

Blood Siren, son premier album officiellement réalisé par une major (si nous ne tenons pas compte du CD Sarah McCoy & The Oopsie Daisies qu’elle a souvent vendu à la fin de ses concerts) disponible depuis peu permet d’entendre les progrès réalisés par Sarah.

Ce qu’il faut retenir de Blood Siren, ce ne sont plus les élucubrations vocales de la Diva en herbe mais sa véritable maîtrise tant aux claviers qu’au niveau vocal, faisant que suivant les morceaux on se prend à réentendre des accords de titres anciens, des réorchestrations quasi classiques sur d’autres morceaux et surtout une voix qui vous fout le frisson. Car ce qui domine chez Sarah McCoy, c’est sa capacité vocale à vous mettre la chair de poule sur des paroles intimistes, noires, oniriques qui sont transcendées par sa voix souvent retenue, parfois lâchée et toujours maîtrisée si ce n’est jugulée pour se prêter à ce magnifique exercice de style que nous avons aujourd’hui entre les mains.

Certains regretteront peut-être les aspects débordants si ce n’est parfois baroques (cf la  vidéo lors du concert réalisé sur ARTE)  de Sarah McCoy telle qu’elle nous était apparue lors de ses premières prestations. Aujourd’hui, grâce aux producteurs (Chilly Gonzales également aux synthétiseurs et Renaud Lestang) qui ont participé à la réalisation de ce Blood Siren, à travers les titres de cet album dépouillé jusqu’à l’os, Sarah McCoy nous montre les aspects d’un volcan où le long fleuve de lave s’écoulant tranquillement peut à tout moment vous emporter à vos risques et périls dans ses déflagrations.

Alors qu’importent les comparatifs avec une telle ou telle autre, la sirène de sang est à prendre telle quelle, entière et envoutante, poétesse en équilibre instable sur ses fragilités intimes rendues par ses cordes vocales et son jeu quasi classique aux claviers.

www.sarahmccoymusic.com

Serge Sabatié – Photos © Miss Béa

 

les 5 derniers articles de Serge Sabatié

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?