Rhythm n Bluesin’ by the Bayou

Rhythm n Bluesin’ by the Bayou – Mad Dogs, Sweet Daddies & Pretty Babies
Le label anglais agrémente sa série consacrée aux bayous d’un dixième volet. Il est rare qu’une série ne s’arrête pas au bout de quatre ou cinq volumes, il faut dire que l’instigateur du projet, Ian Saddler, parvient encore à forcer certaines chambres fortes de la culture musicale louisianaise.

Le sous titre « Mad Dogs, Sweet Daddies & Pretty Babies », traduisible par Chiens Fous, Papas Sucrés et Belles Pépées, nous renvoie au répertoire louisianais de l’époque incluant rock n roll débridés, ballades faussement édulcorées et des chanteuses de premier plan ayant navigué entre gospel et les bouges de Baton Rouge ou de la Nouvelle Orléans.

Parmi les 28 titres (durée 64 minutes environ) compilés, 22 proviennent de bandes ou de microsillons de la famille de JD Miller (labels Excello, Zynn et Feature). Trois autres du label Goldband d’Eddie Shuler, une du label Rod de Floyd Soileau, une de Sam Montalbano patron de Montel Records et enfin une dernière du label Richland de Don Richard, dont le catalogue ne compte que quatre singles extrêmement rares. Terminons cet écrémage avec le principal attrait de ce genre de document, Saddler est parvenu à nous glisser quatre inédits et quatre alternates inédites.

C’est le pianiste de Lafayette, Little Victor qui ouvre les hostilités avec un rock n roll sauvage que ne renierait pas Little Richard (un autre Little) avec « Papa Lou And Gran ». Ce morceau gravé en 61 par Don Richard avait connu une première version sept ans plus tôt enregistrée par JD Miller. Autre pianiste à l’honneur, Katie Webster se taille la meilleure part du gâteau avec trois titres « Hoo Wee, Sweet Daddy » paru en single sur Zynn Records. Cette formidable pianiste chanteuse qui n’hésitait pas à faire le show nous délivre deux duos : le premier en compagnie d’Ashton Conroy pour le compte du label Kry, propriété de JD Miller et le second avec Bobby Jay, dont le nom provient d’un sobriquet, comme JD Miller avait l’habitude d’affubler certains de ses artistes afin d’être plus porteur en terme de vente.

Tabby Thomas a enregistré dès 1952 pour Hollywood Records. Saxophoniste, pianiste, guitariste et chanteur, ce natif de Baton Rouge enchainera chez Delta et gravera un unique single pour Feature, propriété de Miller, en 1954. Ce n’est qu’à la fin des fifties qu’il intègre véritablement l’écurie de JD Miller gravant de superbes pièces pour Rocko, Tic Toc, Zynn et Excello, dont son plus grand succès « Hoodoo Party » en 1961 en compagnie de Lazy Lester. En 1978,Tabby deviendra le patron du célèbre Tabby’s Blue Box, une ancienne épicerie transformée en club et studio d’enregistrements. Tabby enregistrera également pour Jin, Michelle, Soul International, Maison De Soul, Bullseye, Blues Unlimited avant de monter son propre label Blue Beat. En 2001, il participait à l’aventure des Hoodoo Kings en compagnie d’Eddie Bo et Raful Neal avec un cd publié par Telarc. Tabby nous a quitté le 1er janvier 2014 à l’âge de 85 ans.

Rhythm ‘n’ Bluesin’ By The Bayou: Mad Dogs, Sweet Daddies & Pretty Babies by Various Artists (By the Bayou) on Ace Records

Source : Various Artists (By the Bayou) – Rhythm ‘n’ Bluesin’ By The Bayou: Mad Dogs, Sweet Daddies & Pretty Babies – Ace Records

Outre Katie Webster, un autre chanteur se taille la part du lion avec trois titres. Lester Robertson natif de la Crescent City, Lester avait enregistré dès 1957 pour Excello au sein de Joe Hudson & his Rockin Dukes. Il enchainera avec quatre singles gravé pour Montel dont deux épaulés par les Upsetters de Little Richard. Le compilateur n’oublie pas de rendre hommage à l’un des guitaristes maison du label Excello, Guitar Gable. Né à Bellevue en 1937, Gabriel Perrodin, influencé par Guitar Slim, aura enregistré sous son nom une poignée de single au sein de son propre groupe, The Musical Kings, trio dans lequel on retrouvait son Frère Clinton « Fats » Perrodin à la basse et Clarence « Jockey » Etienne à la batterie ou avec King Karl. Mais c’est sa guitare qu’on retrouve bien souvent sur certains morceaux de Slim Harpo, Lazy Lester, Classie Ballou, Skinny Dynamo, Bobby Charles. Incorporé dans l’armée, Guitar Gable arrêtera les sessions Excello suite à un désaccord avec JD Miller. Guitar Gable avait enregistré « This Should Go On Forever » en 1958, mais Miller préféra sortir la chanson avec Rod Bernard et le single grimpera à la 20e place des charts. Déçu, le guitariste stoppera sa carrière chez Excello. On le retrouvera ensuite en soutien de Lynn August, ou avec Lil Bob and the Lollipops. Durant les années 90, Guitar se produisait occasionnellement avec CC Adcock.

Toutes les autres plages de cette compil sont du même acabit, certaines dévoilant de surprenants seconds couteaux comme Anna Mae Rogers, une des pianistes de Clarence Garlow. Ce nouveau volet vient compléter une série qui a incontestablement le vent en poupe. Idéal pour les amateurs de swamp, de musiques louisianaises et les aficionados du son Excello.

Le Kingbee

 

 

 

 

 

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