Rencontre avec la Reine du Blues : Shemekia Copeland


Interview Shemekia Copeland (version française) – Elle évoque Koko Taylor, Barack Obama, Buddy Guy, B. B. King, Mick Jagger, son père, Johnny Clyde Copeland, son travail avec John Hahn, Arthur Neilson, Bob Dylan, Sam Cooke, New York, l’avenir du blues… 

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Lors de son concert au New Morning à Paris le 26 novembre 2012 – Photos Miss Béa

Vous êtes la nouvelle Reine du Blues. Que ressentez-vous à ce titre ?
C’est un honneur mais pour moi, Koko Taylor était la seule Reine du Blues. C’est ma Reine. Mais recevoir ce titre est en définitive, un honneur pour moi.

En février dernier, vous avez joué devant Obama. Quels en sont vos impressions ?
J’étais très excitée. Je n’ai pas réalisé ce qui m’arrivait jusqu’à ce que je le vois à la télévision car j’étais si excitée, nerveuse et tout ce que vous pouvez imaginer au fait d’être là. Le couple Obama était si prévenant et si accueillant avec tout le monde. On peut dire qu’ils adorent la musique. Bien entendu, le fait d’être là avec Buddy Guy, B. B. King et Mick Jagger est une expérience merveilleuse.

Vous êtes classée numéro 1 partout dans les charts. Qu’en ressentez-vous ?
J’en suis très honorée. C’est toujours enrichissant lorsque vous placez votre art, votre âme et votre temps dans un projet, de voir que le public apprécie votre démarche.

Vous avez joué avec Buddy Guy, B. B. King et Mick Jagger. Lequel était le plus impressionnant ?
Ils étaient tous impressionnants de différentes façons. Buddy Guy a tellement d’énergie et il est très impressionnant. B. B. est plus tendre. Il a son propre style et son propre style depuis soixante ans. Il est incroyable. Ils étaient tous impressionnants, chacun à sa façon.

Et Mick Jagger ?
C’est un grand showman. Il est très professionnel. Dans tout ce qu’il entreprend, il s’assure que tout est au mieux.
La première fois qu’on a entendu parler de vous, c’était en 1997 sur un CD de Lonnie Shields, Blues Is On Fire. Vous chantiez avec lui ?
Oui, je m’en souviens très bien. Il fut le premier à m’accorder une chance. C’était mon premier enregistrement.

Votre premier enregistrement ?
Pas réellement le premier mais un des premiers.

Vous étiez très jeune…
Oui, je n’étais qu’une adolescente. J’ai d’abord enregistré avec mon père mais personne n’a entendu ces enregistrements.

Sur chacun de vos CDs, il y a une chanson écrite par votre père...
Oui. C’est l’hommage que je lui rends car c’était un immense artiste. Un des meilleurs que je n’ai jamais vus. Il a écrit de grandes chansons. Je peux enregistrer des albums et des albums, il y aura toujours une chanson de mon père. J’ai ma propre personnalité mais je veux toujours lui rendre hommage.

Comment vos auteurs écrivent vos chansons ? Vous vous réunissez avant qu’ils ne les écrivent ?
Oui. John Hahn me connait depuis que j’ai 18 ans. Ainsi, il connait tout de moi. Nous nous rencontrons trois fois par jour. Il sait tout ce que je pense. Et nous parlons tout le temps. Ainsi, il lui est plus facile de m’écrire des chansons. Les autres artistes qui écrivent pour moi, savent que le blues évolue toujours. C’est important pour moi.

Pouvez-vous nous parler du titre de votre dernier CD ?
Quand j’étais jeune, je dépensais tout mon argent pour acheter des vinyles. Et c’est mon âge. J’ai 33 ans et un tiers.

Arthur Neilson est avec vous depuis quinze ans ?
Je pense que c’est Dieu qui me l’a envoyé. ( rires ). Arthur est à mes côtés depuis tant d’années. Il est mon chef d’orchestre. C’est un artiste fascinant. C’est un guitariste fantastique. Nous nous complétons l’un l’autre.

Pouvez-vous évoquer votre travail avec Dr John ?
Dr John est mon parrain. J’ai vraiment adoré travailler avec lui. C’était comme de travailler avec mon père. Il m’aime vraiment. Il m’a donné tout ce que je pouvais espérer pour m’aider. Il est merveilleux. C’est un homme merveilleux et un artiste merveilleux.

Sur votre nouvel album, il y a une reprise de Bob Dylan ?
Oui. Bob Dylan est un des plus grands songwriters de la Terre.

La même question mais à propos de Sam Cooke ?
Quand j’étais une petite fille, je suis tombée amoureuse de lui. Je suis tombée amoureuse de sa voix. Je l’ai écouté encore et encore et encore. Et j’écoute encore sa voix maintenant.

Comment est la scène blues à New York ?
Il n’y a plus de scène blues à New York. C’est fini. Quand j’étais enfant, il y a beaucoup de clubs à New York. Il n’y a plus rien aujourd’hui. Pas de club. Il y a bien le club de B. B. King mais on n’y joue pas de blues.

Quel est l’avenir du blues ?
Je pense que le futur est en marche. Je ne sais pas ce qui va se passer dans le futur mais je pense qu’il y aura toujours quelque chose à propos du blues.

Propos recueillis par Claude Dannic à Paris le 27 novembre 2012

 

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1 Commentaire
  1. paco 8 ans Il y a

    Bravissimo Claude pour cette interview! Décidément tu es un récidiviste après celle de Kelly Joe Phelps. Ce qu’elle dit sur la place du Blues à New York est bien triste mais pour une fois qu’on est en avance sur eux…on dit que ce qui se passe aux States arrive en Europe 10 ans après…mais là sur Paname c’est encore pire depuis pas mal de temps aussi.Un vrai désert pour écouter cette musique et dailleurs de la musique tout court. Encore bravo!

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