Ray Part:2

Jerry Wexler – Ahmet Ertegum – Atlantic / Atco
Jerry Wexler est né à New York en 1917. Après des études de journalisme Jerry est embauché au Billlboard Magazine. C’est lui qui invente l’expression « Rhythm & Blues ». Jerry écrit également, à ses heures perdues, quelques chansons non négligeables, on lui doit entre autre « Everybody needs somebody to love ». Il sera renvoyé du Billboard, pour avoir refusé de dénoncer les activités gauchistes du groupe The Weavers, au cours d’une enquête du tristement célèbre McCarthy.

Il intègre ensuite le petit label Atlantic afin de s’occuper des éditions musicales. Réputé pour son oreille fine, il est le concepteur d’une Soul sudiste sans concessions. Jerry aura contribué à lancer de nombreuses carrières vers les sommets. C’est notamment lui qui aura l’ingénieuse idée d’envoyer Aretha Franklin aux studios de Muscle Shoals. Il quitte Atlantic en 1975. Wexler continuera dans le domaine de la production country tout en s’occupant d’artistes du sud (Dr John). A la fin des années 70, il mettra ses capacités en œuvre pour produire des compositeurs assez divers (Bob Dylan, Dire Straits) Le travail effectué est très souvent remarquable.

Ahmet Ertegum a des origines turques, il vécut dans sa jeunesse en Suisse, en France et en Angleterre avant de rejoindre Washington. La légende dit que c’est à Paris qu’Ahmet découvrit le jazz, en assistant à un concert de Duke Ellington. En arrivant aux Etats Unis, Ahmet commence une fabuleuse collection de 78 t. (15000 pièces achetées pour la plupart dans un ghetto de Washington). En 1944, Ahmet a la tristesse de perdre son père qui était ambassadeur. C’est en 1947 qu’il décide de monter sa compagnie de disques. Il s’associe avec un dentiste, Herb Abramson, lui aussi passionné de Jazz. Les débuts de la maison de disques sont incertains, Ahmet et Herb ont la malchance de créer leur label au moment même où les musiciens ont choisi, de se mettre en grève pour protester contre la concurrence des Juke-Boxes.
Ertegum va alors faire le tour des clubs blacks, parfois même en gravant à la sauvette, afin de découvrir de nouveaux talents. Les deux amis connaissent un petit succès avec l’enregistrement d’un disque de Stick Mc Ghee sur le petit label Harlem. Un producteur de la Nouvelle Orleans leur promet le pactole si ils arrivent à trouver 5000 exemplaires de ce disque. Ahmet parvient à retrouver Mc Ghee et lui fait réenregistrer sa chanson. En 1949, le disque rentre parmi les meilleures ventes (quatre cent mille 78 t. vendus). Aussi les deux protagonistes décident de concentrer leurs efforts sur la musique noire. Le petit label s’adjoint les services de l’ingénieur du son Tom Dowd, tandis que Miriam Abramson prend en charge la gestion. C’est ensuite Jerry Wexler qui rejoint le label pour s’imposer comme producteur. Le trio hante l’Apollo d’Harlem et les clubs new-yorkais, afin de découvrir des perles rares. Atlantic commence à connaître le succès avec les signatures des Clovers, des Chords et des Drifters. Abramson doit quitter la société, pour cause de service militaire, Wexler prend sa place, et Nesuhi, le frère d’Ahmet prend en charge le catalogue Jazz.
Mais c’est véritablement avec la signature de Ray Charles, qui commence à lancer les bases de ce qui va devenir la soul, que le label grandit. Dans les années 50, Atlantic connaît également un certain succès en Europe, grâce aux nombreux contacts qu’entretient Ahmet. La non signature de Sam Cooke qui préfère aller chez RCA et le départ de Ray Charles pour la Paramount (ABC) sont une dure épreuve pour Ahmet. Mais le groupe Atlantic/Atco ne déroge pas à ses convictions. Le label enregistre Bobby Darin et surtout Ben E King. Mais Jerry, qui distribue par ailleurs le petit label Stax de Memphis, veut se rapprocher de la Soul sudiste. En 1965, Wexler prouve avec l’enregistrement de « In The Midnight Hour » qu’il est sur la bonne voie. En 1966, avec le tube de Percy Sledge « When A Man Loves A Woman » Atlantic et les studios de Muscle Shoals seraient presque le centre du monde musical.
Par la suite, Wexler connaît encore quelques beaux succès en Southern Soul, avec les signatures de Clarence Carter, Otis Clay, Betty Wright, Barbara Lynn, James Carr, mais les tendances paranoïaques du producteur poussent ses associés à vendre Atlantic à la Warner pour une somme ridicule (17,5 millions de dollars). Ertegum qui a des gouts raffinés en matière de peinture va s’intéresser de plus près à des aspects plus lucratifs, il change d’optique et signe diverses formations Pop (Crosby Stills Nash & Young, Led Zeppelin, et surtout les Rolling Stones). La petite firme artisanale devient une multinationale, dont certains créateurs vont se sentir exclus. En 1975, Ahmet loupe la signature des Jackson Five et Jerry quitte la firme pour entamer une carrière à Nashville. Durant la fin des années 70, sous la houlette d’Ertegum, Atlantic a encore quelques bonnes réussites (Roberta Flack, Donny Hathaway) mais nul doute que le groupe se dirige vers des conceptions Pop et Rock. L’arrivée et la fin du Disco permettent un retour de quelques formations Afro-américaines comme Chic et Sister Sledge. On peut dire que l’usure, et l’esprit militant parti auront eu raison de cette petite firme familiale noyée désormais dans les méandres de la soupe aux sous.

David « Fathead » Newman : Connu sous le sobriquet de « Fathead », David est né à Dallas en 1933. Dès l’adolescence, il commence à jouer comme musicien professionnel dans les environs de Dallas. Il débute avec Buster Smith et surtout Ornette Coleman. Au début des années 50, il joue dans l’orchestre de Lowell Fulson et T. Bone Walker. Il rejoint l’orchestre de Ray Charles en 1952, fait facilement réalisable, de part le fait qu’ils jouaient déjà ensemble pour Fulson. Après avoir quitté Charles en 1964, il s’installe pendant 2 ans au Texas, puis revient faire un bref passage. Entre 1970 et 71 David collabore avec King Curtis et Eddie Harris. En 1972, il tourne avec Red Garland pendant deux ans.
Un CD du jazzman guitariste John Scofield, en hommage à Ray Charles, devrait paraître dans les bacs en Juin, sur le label Verve. Parmi les participants, notons la présence d’Aaron Neville, Mavis Staple, Dr. John, … … et de David Newman sur une reprise de « What’d I say ».
Mary Ann Fischer est décédée un peu avant Ray Charles, en mars 2004 à Louisville. Après avoir quitté the Genius elle ne fera plus rien de notable, elle décide d’arrêter sa carrière à la fin des années 60.
Margie Hendrix fait partie du trio vocal The Cookies en compagnie d’Ethel « Earl Jean » McCrea, et de Pat Lyles. The Cookies commencent au début des années 50 et gravent un 45 t. chez Aladdin. Elles signent chez Atlantic en 1955. Ce seront les choristes attitrées de la maison de disques. Après avoir chanté pour Joe Turner et Chuck Willis elles sont embauchées par Ray Charles et sont rebaptisées the Raelettes. Suite au départ de Margie, Ethel fera équipe avec Dorothée Jones et Margarett Ross. En 1964 Ethel connaîtra un Hit avec « I’m into something good » mais malheureusement pour elle, c’est les petits Herman’s Hermitts qui feront un carton avec cette reprise.
Curiosités et anecdotes : L’acteur Bokeem Woodbike, qui joue le rôle de David Newman, est un habitué des seconds rôles blacks et est connu également pour etre un excellent guitariste, plus cependant dans un domaine Pop et Rock.
Quant à Curtis Amstrong qui tient le rôle d’Ertegum, il est connu pour être le spécialiste du compositeur interprète Harry Nilsson. Amstrong a d’ailleurs réédité une partie du répertoire de Nilsson.

Le Kingbee

Sources Joël Dufour (Soul Bag 178) – Sébastien Danchin (Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul) – David Nathan (The Soulful Divas, Billboard books N.Y 2002)

 

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