Ray, Le film

Cette réalisation de Taylor Hackford apparaît sur nos écrans de cinéma après la série de 7 films présentée par Martin Scorsese. Il s’agit ici d’un film posthume, puisque Ray Charles est décédé le 10 Juin 2004. A mon sens, Ray n’a rien de commercial, contrairement à la sortie du CD « Genius Loves Company » gratifié de cinq Grammy Awards, si tant est qu’on puisse donner une valeur significative à ces récompenses. Hackford met l’accent sur l’enfance de Ray Charles, sa cécité, son ascension dans le monde de la musique, ainsi que sur ses problèmes de drogue.

Ce vieux routier d’Hollywood, un brin bourrin et basique (Heat- Les Princes De La Ville- L’Echange- Officier et gentleman- Insomnia) a fait un travail de recherches et de documentations qui a duré presque 15 ans ; il s’est aussi assuré la collaboration de Ray Charles lui-même, car le scénario développé en coopération avec the Genius abordait toutes les facettes de l’artiste, des meilleures aux plus contestables. Mais Ray sans faire de jeu de mots, voulait avoir un œil sur ce film.
Hackford nous dépeint donc étapes par étapes la vie de Ray Charles de la fin des années 40 jusqu’en 65.Ces tranches sont entrecoupées de flashs backs relatifs à l’enfance de Ray en compagnie de son frère, mort très jeune, noyé dans une lessiveuse,et de sa mère Aretha. La fin des années 40 et les années 50 sont admirablement bien reconstituées. On se croirait véritablement dans des clubs blacks de ces années là. Tout y est : vêtements, instruments de musique, affiches de concerts, véhicules, extérieurs. Presque tous les témoins qui ont côtoyé Ray Charles apparaissent sur la pellicule, on assiste à des concerts des Maxine Trio ( parfois orthographié McSon),en passant par Jack Lauderdale, le patron des labels Swingtime et Down Beat, puis Lowell Fulson avec lequel Ray joua pendant trois ans. Le film arrive à nous faire ressentir la vie en tournée et nous montre que Ray se familiarise rapidement avec le blues orchestral.Hackford nous fait vivre les tournées régionales de Ray en compagnie des musiciens de Ruth Brown, enceinte à cette époque. Même le trio de choristes The Cookies (rapidement rebaptisé Raelettes) n’est pas oublié. La rencontre avec la future Madame Robinson, Della Bea dont Hackford va démontrer l’importance tout le long du film apporte une touche romanesque. Ahmet Ertegun et Jerry Wexler, patrons du label Atlantic tiennent également une place importante dans ce film.Le Festival de NewPort dans lequel joue Ray Charles en 1961ainsi que les sessions d’enregistrement de « What’d I say » qui poussèrent Ray vers une notoriété de plus en plus grande sont magnifiquement bien captés.
Question Femme, Margie Hendrix et Mary Ann Fisher ont-elles aussi une part importante dans la vie tortueuse de Ray Charles, car bien que marié à Della Bea, Mr Charles se devait de « s’occuper », pendant qu’il partait en tournée. Les problèmes de drogue sont largement évoqués pendant tout le film, car Ray fera connaissance de substances artificielles en côtoyant « Fathead » dès la fin des années 40. Bien sur, Hackford n’oublie pas les années 62/63 pendant lesquelles Charles arrive à assembler un public noir et blanc, par le biais de la country. Suite au décès de Margie, Ray suit une cure de désintoxication avec succès…..Tout y est ou presque. Seul le nom du premier professeur de piano n’est pas indiqué dans le film (c’est Wylie Pittman), de même ont été oubliés les moments que Ray Charles partagea avec la chanteuse vaudevillesque Moms Mobley et du brillant Guitar Slim, de même l’implication de Quincy Jones dans la carrière de Charles me parait avoir été réduite, mais le film dure déjà deux heures trente.
Pour conclure, il faut noter qu’il n’y a pas de fractures entre le film et la réalité, qu’Hackford et son équipe ont effectué un impressionnant travail de recherche, qu’on retrouve dans le film une trentaine de chansons marquantes, les décors et costumes font plus vrais que nature, et les compositions de Jamie Foxx et de Kerry Washington sont parfaites, sans oublier le passage éclair de Chris Thomas King dans le rôle de Lowell Fulson. Pour Foxx, je pense qu’il était impossible de trouver mieux.

Réalisation : Taylor Hackford Durée 2H 32mn
Interprétation : Jamie Foxx (Ray Charles) – Kerry Washington (Della Bea Robinson) – Regina King (Margie Hendrix) – Sharon Warren (Aretha Robinson) – Aujonnie Ellis (Mary Ann Fisher) – Bokeem Woodbine (David Fathead Newman) – David Krumholtz (Milt Shaw) – Clifton Powell (Jeff Brown) – Larenz Tate (Quincy Jones)- Richard Schiff (Jerry Wexler) – Terrence Dashon Howard (Gossie McKee) – Curtis Amstrong (Ahmet Ertegum)
Histoire : L’enfance misérable et les principales étapes de Ray Charles dans sa vie de musicien.

Le Kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?