Quelques concerts printaniers

The Honeymen : Ce 1er Avril, le Centre Caussimon de Tremblay nous proposait une affiche intéressante et bigarrée avec en première partie le trio de Swamp Blues The Honeymen, suivi par Billy Jones. Bon, ne tournons pas autour du pot, les Honeymen nous ont offert 75 minutes d’extase. On retrouve dans ce trio beaucoup de spontanéité, de simplicité, de joie, d’humour, un peu à l’image de leurs derniers enregistrements, chroniqués sur ce même site. Cette formation originaire de Bretagne est constituée des frères Jazz et du percussionniste Jacques Moreau, qui apporte une touche si particulière avec l’apport de quelques instruments issus d’Afrique.

Honeymen

Le trio offre généralement un Blues âpre, gorgé de feeling et de joie ; l’atmosphère suffocante des bayous, les moustiques et les crapauds buffles sont souvent présents (avec un peu d’imagination). L’harmonica est lancinant, obsédant, malgré un phrasé dynamique et plein de punch, le jeu de guitare va à l’essentiel, bien accompagné de la Swamp Box qui sert souvent de métronome ; enfin au niveau du chant, les 2 frères sont parfaitement crédibles. Au cours de cette représentation, le trio reprend certains standarts Excello, avec des titres de Lightnin’ Slim, Slim Harpo, Juke Boy Bonner, mais les 3 compères sont également capables d’aborder Jimmy Reed, Howlin’ Wolf, Junior Kimbrough. La fin du concert se termine par un véhément rappel du public, petit jeu subtil auquel se prêtent les musiciens en reprenant « Shake Your Hips ». En clair, un concert excellent que le nombreux public semble avoir apprécié au vu de l’osmose qui s’est créé ce soir là.

Billy Jones

Billy Jones : En seconde partie, c’était Billy Jones qui était convié. Ce dernier avait recueilli une forte adhésion suite à la parution de son disque « Tha’ Bluez » sur le label néerlandais Black & Tan. N’ayant pas écouté ce disque, j’avais très envie de découvrir celui que certains qualifie de Révélation, on parle même de Renouveau. Il n’entre pas dans la philosophie de ce site de démolir, casser des musiciens ou des oeuvres, mais certains aspects méritent d’être évoqués. Je ne jugerai pas le disque de Billy Jones, ne l’ayant pas écouté, mais le concert de ce Monsieur a rapidement tourné au cauchemar, voir au cirque ou à la « clownerie » (Photos à l’appui). Ce mississippien a joué fort, trop fort et n’a pas réussi à intéresser le public. Certes quelques titres contiennent une certaine originalité (paroles politiques et philosophiques sur « Revolution Bluez » tentative d’humour macho sur « Ain’t Good Lookin’ » mais c’est tout. Au niveau du jeu de guitare, je ne suis pas persuadé que jouer « avé » les dents soit le meilleur moyen. De plus les accompagnateurs bataves ne semblaient pas dans un bon jour ; certes ces messieurs tournent énormément mais le niveau se liquéfie petit à petit. Jan Mittendorp à la rythmique a joué faux sur au moins 3 morceaux, à défaut d’une basse ronde, Nico Heiligers est assoupissant, seul Boyd Small aux drums a été à la hauteur de sa réputation, servant de métronome à ses partenaires. Et puis je ne voudrais pas alourdir le tableau en insistant sur la mauvaise humeur de Mittendorp vis-à-vis de l’équipe Son de la salle. De toute façon c’est devenu une habitude chez lui, on peut même se demander si ce n’est pas une figure de style ou un tic. Et puis pour conclure, il n’est pas nécessaire d’annoncer 8 fois, durant un concert de 110 minutes, qu’il y a un CD à vendre… C’est lassant.
La foule qui s’agglutinait à l’entracte pour acheter « Juke Joint Special » des Honeymen me conforte dans mon impression. Pour le dénommé Jones …ça ne s’est pas bousculé au portillon ! Enfin il convient de saluer l’esprit d’entreprise de Michel Remond fidèle à une programmation à contre courant.

Yann Cole

Yann Cole : En cette froide journée du 16 Avril, le One Way avait convié Yann Cole. Le nom ne m’était pas inconnu. Je pense qu’il va falloir suivre plus attentivement cette formation qui aura eu le mérite de réchauffer l’atmosphère. Le groupe est donc constitué de Yann (guitare/chant) de Kim Yarbrough (basse), Laurian Daire (claviers), Stephane Minana (batterie) ainsi que d’une bonne section cuivre (sax-trombone-trompette). Cet ensemble s’oriente vers un répertoire très Soul, mais est capable de bifurquer vers un Blues à la Albert King. Le ton est donné dès le premier morceau avec une excellente reprise des Temptations « I Wish It Would Rain ». Les compositions du groupe constituent l’essentiel du répertoire, la musique est bien en place, la basse est ronde et très « funky », le jeu de Laurian Daire est excellent. Je note au passage quelques bons originaux : « Superman Of The Night », « Sting Like A Bee », « Hot Girl » et surtout « Motherless Woman » avec un superbe passage au saxophone. Le Yann Cole Band reprend aussi des standards: “I Get Evil” (A. King), “Raspberry Berret “(Prince), “If You Want Me To stay” (Sly & Familly Stone), “Ain’t Nobody’s Home” (Ragavoy). Boney Fields vient donner un petit coup de main sur 2 titres, histoire de faire monter la sauce et de faire le Show. Vraiment un excellent concert ! Pour conclure je signale que Yann Cole vient d’enregistrer un CD « Soulmate ».

Mighty Sam McClain

Mighty Sam McClain : Ce chanteur louisianais possède à l’heure actuelle l’une des plus belle voix de la Soul sudiste. Si son parcours n’a pas toujours été évident, il a réussi à s’imposer sur le circuit mondial de la Soul comme l’un des artistes les plus sensible, avec une voix souple et naturelle. Il a de surcroît participé à une série de feuilletons TV, qui lui a sans contexte permis d’agrandir sa notoriété. Mighty Sam était donc en représentation pour 2 soirées au Méridien (4 et 5 mai). Certains quotidiens étaient même sortis de leur torpeur habituelle pour signaler l’évènement. Pour ce premier concert Mighty était entouré de nouveaux musiciens, tous se mettant au service de leur leader. On retrouvait ou découvrait (contrairement à l’intitulé du programme) Woody Allen à la guitare (Sérieux !), Chad Owen (basse), Peter Dugas (claviers), Scott Shetler (sax et chef d’orchestre, déjà vu avec Johnny Adams et ancien Gene Pitney, Otis Grand, Walter Washington), Russel Jewel (trombone), Grayson Farner (trompette) et Gary Gemmity (batterie). Rien à dire de particulier, tous ces musiciens issus du Jazz faisant en sorte de faire ressortir leur charismatique chanteur. Au niveau de la voix, McClain a été à la hauteur de sa réputation : expressif, souple, affable ; de surcroît j’ai trouvé qu’il occupait bien la scène, et aussi qu’il avait l’air d’être heureux de chanter ici. Par contre au niveau du choix des textes et des chansons, je n’en connaissais pas la moitié (certaines provenant certainement de son nouveau CD qui devrait paraître d’ici peu). Par contre une seule reprise à son actif avec un titre de Bobby Bland. Concernant les paroles, Mighty Sam avait choisi un répertoire basé sur le Bonheur, l’Amour et Jesus … j’aurais préféré des chansons plus mordantes, plus critiques enfin moins conventionnelles. De plus, l’ensemble ignorait visiblement la formule du Méridien (2 sets de 90 minutes), résultat on nous ressert par 2 fois des titres déjà entendus. Pas bien grave on aura eu le plaisir d’entendre par 2 fois « Why Do We Have To Say Goodbye ». Ce concert, malgré quelques petits tâtonnements, demeure cependant une réussite.
Renseignements sur les accompagnateurs dus à Julien Crué (Soul Bag – France Bleu)

Rob Tognoni

Rob Tognoni : Le Blues Rocker australien était de passage à l’Espace B, pour un concert unique à Paris. Ce diable de Tasmanie est un peu en marge de la production actuelle, cet australien pur jus est l’auteur de quelques bons albums assez Heavy sur le label batave Provogue. On l’a également entendu chez Dixiefrog, cette collaboration débouchant sur un seul petit CD. Rob vient de produire chez Electric-Renegade une nouvelle galette « The Ironyard » qui résume à lui seul le concert de ce soir. Cet homme affable, d’une grande simplicité et d’une gentillesse remarquable n’a en fait scéniquement parlant qu’un but : En Découdre ! Avec qui ? Peut être avec lui-même. Comme diraient les plus jeunes : « Ca déchire Grave ! ». C’est incontestable, ça tartine sec dès les premières notes, c’est lourd, mais curieusement, le charisme et la bonne humeur du garçon arrivent à faire passer la pilule, contrairement à certains de ses collègues ; en fait on ressent une grande spontanéité chez cet australien. Il occupe bien l’espace, fait preuve d’humour, et mouille le maillot. Bien secondé par le bassman violoniste Uwe Boettcher auteur d’un solo de basse électrique bien grassouillet et du batteur Mirko Kitch qui a visiblement une complicité naturelle avec Tognoni. Parmi les titres, souvent enlevés, on a pu noter un grand nombre d’originaux dont « Words Of A Desperate Man », « The Ironyard », l’excellent « Shakin’ The Devil’s Hand » qui conte une histoire de carrefour, un peu comme celle de Robert Johnson. Mais Tognoni est capable de surprendre sur certaines reprises : « See Me In The Evening » qui revisite Hound Dog Taylor, « Silver Machine » un Hit du groupe anglais Hawkwind, « The Real Thing » de ses compatriotes Midnight Oil, sans oublier « Hey Joe » et pour finir un époustouflant « Baby Please Don’t Go ». Mais si le Blues n’a plus de frontières, il convient d’admettre qu’on est ici plus proche d’un tempo digne d’ACDC ou des précurseurs Fanny Adams. Un concert qui dépote.

Le Kingbee

 

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