Phillip Walker

Né en 1937 à Welsh (Louisiane), septième enfant d’une famille de douze, le jeune Phillip Weber Walker a 8 ans lorsque ses parents décident de s’établir à Port Arthur au Texas. Très tôt il s’intéresse à la musique, ses oncles maternels ayant tous pratiqué dans diverses petites formations. Phillip intègre quelques petits ensembles de Blues, tout en aidant ses parents à la ferme ; il enregistre comme accompagnateur dès 1952 pour Roscoe Gordon. C’est à cette époque qu’il rencontre Lonesome Sundown et Long John Hunter. Mais c’est grâce à Clifton Chenier, qu’il débute véritablement sa carrière. Pour la petite histoire, le King of Zydeco offre au jeune texan d’adoption sa première guitare (une Black Rose) ainsi que son premier costume de scène…

Walker va donc tourner durant presque 4 ans au sein des Zydeco Ramblers de Chenier, enregistrant principalement pour Argo, Specialty, et Chess. Pour mettre un peu de beurre dans ses épinards, Phillip participe aussi en tant que guitariste accompagnateur à l’enregistrement de sessions en compagnie de Lloyd Price, Etta James, Lowell Fulson, Jimmy Reed et même Little Richard. Souffrant de sinusite chronique il s’installe ensuite à Los Angeles, le climat et l’air y étant meilleur pour sa santé.

En 1958, Walker qui a désormais pris de l’envergure enregistre pour le label Elko et fait équipe avec Ina Béatrice Gilkey alias Bea Bopp. La vie du guitariste se résume en trois mots : Guitare, Voyage et Concert. Miss Bea Bopp devient vite Madame Walker ; le couple se produit pendant de longs mois dans les Clubs de Los Angeles ce qui n’empêche pas Phillip de servir d’accompagnateur pour la firme AMC principalement pour Model T. Slim et Eddie Taylor. Walker grave ensuite pour les labels Vault et Joliet et ne cesse de participer à de multiples concerts parcourant une partie du pays, du Texas à la Californie. En 1969, il enregistre en compagnie de Taylor et de Johnny Shines pour le label californien Advent. Il devient un guitariste réputé et remarqué. Son expérience avec Clifton Chenier, son éducation (sa mère d’origine Cherokee parlait en cajun) et son style Texan lui permettent d’être à l’aise dans divers domaines.

En 1973, Phillip grave son premier album sous son propre nom, pour le label Playboy d’Hugh Hefner. « The Bottom Of The Top » bénéficiera des critiques élogieuses (ce vinyle sera réédité en 88 par Hightone). En 1976, tout en participant aux plus gros festivals de Blues, il grave « Someday You’ll Have These Blues » pour Joliet. L’année suivante il vient donner un coup de main à son vieil ami Lonesome Sundown et enregistre le superbe « Been Gone Too Long ».
Mais Phillip Walker ne se contente pas de jouer de la guitare, il a d’autres cordes à son arc puisqu’il est capable d’officier au piano, à l’harmonica et aussi de s’occuper des arrangements de sa section cuivre. Au niveau des compositions, Phillip profite de l’excellent travail d’écriture de sa femme, qui ne chante plus que du Gospel au sein de sa congrégation. C’est à cette époque que le bassiste compositeur producteur Dennis Walker (blanc et sans parenté) écrit pour Phillip « Don’t Be Afraid Of The Dark ». Phillip offre cette chanson à l’un de ses élèves, Robert Cray ; ce titre connaitra un immense succès. C’est à partir de 1977 que Walker va venir régulièrement en Europe. En 80, de passage à Paris, Phillip enregistre en compagnie d’une vieille connaissance, Lowell Fulson pour le label Black & Blue « One More Blues ». En 1982, le Texan d’adoption collabore à un album de Percy Mayfield ainsi qu’à une galette de Ted Hawkins. Mais c’est surtout en compagnie de Lonesome Sundown, encore une fois, qu’il se fait remarquer avec « From LA. To LA. ». Ce disque produit par Bruce Bromberg regroupe en fait des sessions s’étalant de 69 à 81. En 1986, Phillip Walker qui a presque atteint le demi siècle et est en tournée ou en studio depuis 35 ans éprouve le besoin de souffler quelque peu. Mais c’est la perte de son fils unique, Angelo, qui l’incite à faire un gros break. En 1991, Ina Beatrice décède des suites d’un cancer, c’est une tragédie pour Walker. En 1992, le label anglais JSP arrive à le convaincre de reprendre le chemin des studios et d’enregistrer en compagnie d’Otis Grand l’album « Big Blues From Texas ». Deux ans plus tard, les frères Scott parviennent à l’engager pour leur label Black Top. Walker enregistre l’excellent « Working Girl Blues ». Malheureusement des problèmes de droits et d’ordre financier entre Rounder et Black Top empêchent le CD de décoller véritablement. En 98, Walker est de retour avec « I Got A Sweet Tooth ».
L’année suivante, Walker enregistre en compagnie de deux vieux amis Long John Hunter et Lonnie Brooks le somptueux « Lonestar Shootout » pour Alligator. L’album recueille de magnifiques éloges et est souvent cité comme le Disque de Blues de l’année. Ce CD permettra aussi de découvrir le guitariste Ervin Charles, musicien n’ayant guère joué en dehors du Texas et de la Louisiane. En 2OO2, Walker enregistre un album en public « Live At Biscuits & Blues ».
Guitariste délicat, dans la tradition des musiciens de la ligne Texas Louisiane Californie, parfois adepte de phrasés de Jazz, Walker marque surtout par sa sobriété (sur disques et en tournée), aussi ce Live surprend-t-il fort agréablement, tellement Walker s’y montre démonstratif voir même expansif, superbement accompagné par une section cuivre dirigée par Joe Campbell. En 2003, le label Hightone publie un « Best » de Phillip Walker, ce qui accrédite le fait que ce guitariste soit devenu après 50 ans de carrière une vedette incontournable.
Kingbee

 

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