Paul Personne fait son cinéma

L’été moissonné, on respire le chaume. En plan séquence : un long départ, partir… Partir jusqu’à la baraque à frites, c’est déjà ça… Demain… Il f’ra p’t-être beau…
Un été en pente douce, à l’ombre de la canicule qui n’encourage pas à faire grand chose. Tiens, on fait la sieste, on rêve de voyage, de partir pour de bon sur les highways et de trouver refuge accroché aux comptoirs des dancing-rooms.

Si proche d’un concept album « Demain… Il f’ra beau » est un recueil de chansons qui nous emmène sur des routes intérieures. Paul Personne se fait son film en cinémascope, les plans sont larges et se succèdent sous un ciel si bleu et si haut qu’il en devient inquiétant… Bleu comme l’enfer… D’autres scènes portent un regard alternatif sur notre monde malade.
Faisant fit de la critique, Paul s’autorise, enfin, à écrire et à mettre en scène des chansons ouvertes où d’autres ont si bien réussi (Bashung). Le style est comme à la maison…
Nerac, auteur plein de promesses et nouveau venu dans l’équipe, apporte un coup de fraîcheur sur le noir de l’asphalte. On doit les autres histoires à la plume de Christian Dupont, Guirec et Bergman pour son poignant « le Diable en hiver » et que Paul Personne a choisi de chanter soutenu par Beverly Jo Scott.

La guitare, elle, reste discrète presque comme un faire-valoir, c’est une nouveauté. Une guitare électrique qui aurait pu rester au placard, mais le son primait, alors, fidèles, nous écoutons de jolis dialogues. Un disque qui fait la part belle à l’acoustique et aux ambiances que ne renieraient pas un J.J. Cale ni les Allman Bros et finalement des ambiances « Personne » on l’a déjà dit… Paul nous refile quelques vieilles recettes, ça tombe bien elles font partie de nos préférées. La bande son d’une vie et d’une carrière déjà bien remplie et qui arrive à maturité, il était temps diront certains, au bon moment diront les autres : dans le ventre mou d’une chanson néo-réaliste française qui butte péniblement sur une Star Ac’ à bout de souffle…

Dans l’autocar, un casting impressionnant s’est embarqué dans l’aventure, les dernières rencontres ont été riches d’échanges. (Autour du Blues). Écorché, brisé, on glisse avec la pedal steel conduite par Claude Langlois. Il a le rôle !!! Il joue juste. Sans lui l’album ne serait pas tout à fait le même voyage. La musique, comme le cinéma, a ses grands seconds rôles ! Les cordes glissent elles aussi, sous la direction de Philippe Audin, elles nous offrent de beaux travellings. On pense au « One Hot July » de Tony Joe White, que de bons souvenirs…
Aux Percus, on retrouve Denis Benarrosh, Amaury Blanchard. À la basse Christophe Garreau, Fred Payonne et un Bernard Paganotti sur le currieux « La Route » ; au B3 Olivier Lanneluc.

Il nous faudrait bien un Metteur en scène pour diriger tout ce petit monde ; Alors Paul Personne a été chercher Jay Newland qui a bombardé Norah Jones « superstar ». Ici, pour ce qui nous intéresse, le résultat est plus que convaincant et l’écoute de cet album devient vite indispensable par cette saison caniculaire et de transhumance.

Voilà c’est la fin du premier épisode, Paul Personne nous donne rendez-vous pour un volume 2 consacré au Blues et un concert unique à l’Olympia le 24 novembre 2003… De quoi passer l’hiver au chaud…

Demain, je pars !!! et je m’ mets au régime sec… Le long de la route, un homme fait une pause à l’hôtel des Cœurs Brisés, sans clope, ni alcool…
À suivre…

Docteur Blues

 

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