Olu Dara : le blues bercé dans un hamac

« Jusqu’ici, la musique que je faisais n’était pas directement connecté à mon histoire. Je jouais dans des orchestres caribéens, africains, dans des groupes d’avant-garde ou de Be-bop, mais je ne souriais plus sur scène… je me suis dit quequelque chose n’allait pas. Et je me suis décidé à former mon propre groupe Okra » De son vrai nom Charles Jones III, il est rebaptisé Olu Dara, en 1968, par un devin Yoruba. Pour les adeptes des disques «hamacs» et du blues «décloisonné» Olu Dara, en passant de la trompette à la guitare, nous livre un compact pas très blues pas très jazz mais vraiment très cool pour reprendre la formule d’un de nos colistiers. C’est le directeur de chez Atlantic, Yves Beauvais, qui aide Olu, dans l’entreprise de son premier album : The word From Natchez to New-York. A cinquante-sept ans, le trompettiste de Jazz, sollicité par les plus grands noms du genre, s’offre un retour au Blues. Quelques puristes estimerons qu’il file un mauvais coton, parce qu’il s’acoquine à des musiques caribéennes, africaines, jazz, gospel. Mais il déclare pour se défendre qu’il a dans la tête le blues de R.L. Johnson sur des rythmes de James Brown. Un croisement naturel attaché à ses racines de Natchez où il est né en 1941, et à travers elles, des racines africaines encore plus profondes… Comme tous les Louisianais qui se respectent, il y mélange un blues sans concession commercial, plein d’une nonchalance rocking-chair de derrière les fagots. Quand il quitta les Jazz Messengers, Art Blakey lui dit : « Tu es bon, mais je vois bien que tu as autre chose en tête. Tu aimes le Blues, chanter et faire le pitre. Vas-y c’est ton truc ! ».

 

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