Nous nous sommes tant aimés…

Tony Joe White « The Heroines » SANCD301
Dans sa chronique pour l’Express, notre confrère Pascal Dupont avait choisi comme titre “Tonique Joe White”, amusante métaphore et jeu de mot qui rapporte au sens second du terme Tonique, dans le sens réconfortant, excitant, réparateur voir même stimulant. Car ce dernier né de White est une véritable cure de jouvence, d’un minimalisme et d’une simplicité qui réconfortent le cœur. Le label Sanctuary a donc eu la bonne idée de faire éditer cet album à l’échelon mondial.

Le Renard fait appel à cinq vocalistes féminines, plus généralement portées sur le Folk et la country music, d’où le titre du CD. Sur une totalité de 12 titres, pour une durée de 50 minutes, nous retrouvons donc 5 titres chantés par des country women songsters. Les duos ou duets de même que certains tributes sont très en vogue depuis quelques temps, mais là Tony a l’intelligence et le savoir faire pour sortir de l’ordinaire. White réussit à garder une homogénéité et du liant. Après un premier titre instrumental et court, dont le titre est certainement le nom d’une guitare hispanique, nous avons le plaisir d’entendre Shelby Lynne pour « Can’t go back home » ; c’est simple émouvant et authentique, et surtout, la voix de Lynne est limpide. « Ice Cream Man » est dans la lignée de ce que fait TJW depuis des années, pas de fioritures, on va à l’essentiel. La quatrième plage de cette galette, nous laisse entendre une section cuivre, évènement assez rare chez White, ainsi que l’apparition de Lucinda Williams solide au chant. Lucinda sort très peu d’albums, réputée exigeante, sa voix colle parfaitement au tempo et au texte de ce morceau. « Bach Porch Therapy » nous fait bénéficier de la présence de Carson Whitsett aux claviers et de l’harmonica porté de Tony. Le sixième titre nous permet d’écouter Michelle White, la fille de Tony. Michelle est sobre, claire et naturelle même si j’ai le vague sentiment, que la présence du paternel à ses cotés écrase quelque peu la voix de Michelle. « Wild wolf calling me » est chanté par Emmylou Harris. Le morceau est propre, l’harmonica d’accompagnement est au top et surtout le temps ne semble n’avoir aucune prise sur la voix d’Emmylou. « Rich Woman Blues »est un titre plus blues, au tempo assez lancinant qui se marie bien dans le contexte de l’album. « Fire Flies In The Storm » contient une mélodie plus hypnotique et nous permet de redécouvrir la voix de Jessi Colter dont le timbre de voix sonne beaucoup plus Rock. « Chaos Boogie » est un boogie légèrement décalé ou j’apprécie l’excellent travail de la section rythmique tenue par Marc Cohen aux baguettes et Steve Forrest à la basse. Le dernier titre est une suite à l’ouverture du disque. La guitare acoustique de Tony étant l’élément principal de ces deux titres minimalistes.
Bref avec « The Heroines », on a affaire à une œuvre simple, généreuse, authentique, sans chichis, comme souvent chez TJW. Il n’est pas utile d’être tatoué de partout, de jouer de la guitare « avé » les dents, de se rouler par terre et d’en foutre partout pour éveiller l’intérêt musical. Un disque impeccable, un accompagnement aussi sobre qu’excellent un choix d’invitées judicieux et pour terminer une mention à Jennifer Lynn Young qu officie au fiddle (violon à 5 cordes).

Le Kingbee

Portraits de Dames :

Shelby Lynne : (Shelby Lynne Moorer) Cette chanteuse country est née en 1968 à Quantico. Après une enfance digne des Misérables (mère assassinée par son mari qui se suicide…) Shelby commence sa carrière en 1988 avec un petit succès au Top 50 Country « If I could bottle this up. » Pendant quelques années elle aura la malchance de ne choisir que des petits labels ne l’aidant guère à se faire un nom. Elle rejoint curieusement Palm Spring et en 1995, se met à travailler avec Bill Bottrell,qui avait auparavant collaboré avec Sheryl Crow. En 2001, elle gagne un Grammy Country suite à sa collaboration avec le producteur Glen Ballard. Elle commence à se faire un nom et participe à la B.O. du film « Le Journal de Bridget Jones » qui la booste vers un succès plus en rapport avec sa voix claire et naturelle.

Lucinda Williams : Lucinda est originaire de Lake Charles en Louisiane où elle voit le jour en 1953. Rejoint rapidement Houston au début des années 70, elle se mêle à la scène locale et grave 2 albums (Folkways) Lucinda est la fille de Miller Williams, poète et professeur de littérature, ami de Charles Bukowski, et ardent militant des droits civiques dans les années 60. Lucinda est réputée pour avoir du caractère, elle se fera exclure d’un lycée lorsqu’elle refuse de prononcer le discours de fidélité, en protestation contre la guerre du Vietnam. Plusieurs majors s’intéressent à elle, flairant les bonnes retombées économiques, mais Lucinda veut garder le control artistique de ses œuvres. Elle va passer près de 8 ans à voyager et à écrire. En 88 elle sort un époustouflant album éponyme, produit par son guitariste Gurf Morlix.En 92, elle grave « Sweet Old World » avec Benmont Tench des Heartbeakers de Petty, et Jim Lauderdale en plus de ses musiciens habituels. En 1998 elle change quelque peu ses musiciens et prend l’ancien guitariste de Dylan John Jackson. Elle divorce de Greg Sowders (Long Ryders) et grave un album commencé en 1994 le fabuleux « Car Wheels On A Gravel Road » qui fusionne entre blues du delta, cajun, valse acadienne et country. Lucinda obtient le Grammy du meilleur album folk de 98. On la voit enfin en France et elle participe à la BO du film de Redford « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. » Lucinda n’aura fait que 5 albums en 30 ans mais ce sont souvent des perles. Enfin pour achever ce rapide coup de brosse, je signale de Lucinda est réputée pour ses talents de conteuse.

Emmylou Harris : Emmylou Harris est incontestablement la plus connues des héroïnes employées dans cet album. Elle voit le jour en 1947 à Birmingham (Alabama). Elle rejoint le circuit pro dès 17 ans. Elle se marie avec le compositeur Tom Slocum, enregistre un premier disque en 1968 qui se solde par un échec. A Nashville,elle tente d’élever seule sa fille, mais se retrouve vite dans une grande pauvreté et rejoint ses parents à Washington. Entre une carrière de serveuse et divers petits boulots elle rencontre Gram Parsons avec lequel elle collabore pour 2 albums. Après le décès rocambolesque de Parsons, elle fonde l’Angel Band. Son deuxième mari, Brian Ahern va lui produire 10 albums à partir de 1975. Emmylou apparaît dans Desire de Dylan et The Last Waltz du Band. Elle commence à se faire un nom passe à l’Olympia en 1977 et sort en 78 le superbe « Quarter Moon In A Ten Cent Town » (Warner). Cependant elle reste boudée par de nombreuses radios country, malgré les Grammy qui tombent dans son escarcelle. En 1981 l’album » Evangeline » connaît un gros succès et elle prend un ex membres des Remains comme musicien. En 1983, elle divorce et s’installe dans le Tennessee. Elle épouse un collaborateur dont elle divorce en 93. En 1987 elle cartonne en compagnie de Dolly Parton et Linda Ronstadt sur le disque « Trio ». L’année suivante elle grave le commercial « Duets » (avec Little Feat, Dylan et l’ex Lovin Spoonfull John Sebastian) En 1992 et son passage au Grand Ole Opry elle revient à des bases plus traditionnelles A partir de 95 elle travaille avec Daniel Lanois. Elle demeure une grande référence en matière de country music.Elle est seulement la huitième artiste a avoir reçu un Century Award. Depuis quelques années elle s’intéresse activement à la cause écologique.

Jessi Colter : née en 1943 Jessi est surtout connue pour avoir été l’épouse de Duane Eddy qu’elle quitte à la fin des années 60 pour épouser Waylong Jennings Jessi va participer à de nombreux albums country dont un grand nombre avec Waylon. Mais Jessi est aussi connue pour avoir figurer dans l’album « Wanted The Outlaws » avec Willie Nelson et Tomball Glaser qui sera le premier album country certifié platine par la R.I.A.A. Pour beaucoup, Jessi demeure l’égérie du mouvement Outlaw qui commence à poindre son nez à la fin des années 60. Les USA se retrouvent en plein doute (Droits Civiques, guerre au Vietnam, drogue) auquel il faut rajouter un conformisme musical et les intransigeances de Nashville. Ce fameux mouvement s’oppose à tout ceci. Jessi va alors côtoyer Nelson, Jennings (son mari bien sur) Glaser, Kristofferson faire des premières parties pour les Grateful Dead. Tous ces gens qui réclamaient un peu d’indépendance artistique et de liberté vont se faire rattraper par le succès commercial de « Wanted the Outlaws ». En 1979 Jessi Colter figure dans l’album « 5 » de JJ Cale mais c’est surtout avec Waylong Jennings qu’elle fait ses meilleurs disques. Sa discographie en temps que leader se résumant à 3 albums.

 

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