National Blues Museum

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Tous ceux qui étaient présents du 6 au 8 octobre 2011 au King Biscuit festival à Helena, Arkansas et le 9 octobre 2011 à la Hopson plantation à Clarksdale, Mississippi ont été impressionnés par la campagne d’information réalisée par Dave Beardsley pour faire connaître le projet de musée national du blues (National Blues Museum) qui devrait ouvrir officiellement ses portes dans le centre de Saint-Louis en 2013. Chaque spectateur (ou presque) dans l’audience s’est vu remettre un joli document cartonné recto/verso format carte postale présentant le projet. Un véritable travail de fourmi au service d’un projet pour le moins ambitieux.

Rendez vous compte : le National Blues Museum occupera un immense bâtiment au 801 Washington Avenue à Saint-Louis sur une surface de plus de 2300 m2. Le musée comprendra bien sûr de nombreuses expositions mais aussi un théâtre de 150 places et un studio d’enregistrement. Il y sera aussi organisé des concerts, des masterclass, des séminaires, des débats…

Ce projet s’inscrit dans la continuité et peut être même comme un aboutissement de nombreux autres projets de moindre envergure qui ont vu le jour depuis une bonne dizaine d’années en particulier dans la région du delta (dans l’état du Mississippi), le berceau du blues. Car, les américains se sont aperçu qu’ils pouvaient tirer partie du blues pour générer une nouvelle forme de tourisme et donc générer des dollars dans des zones pauvres et manquant de ressources. Ainsi, on a effectivement vu apparaître des musées (Delta blues museum à Clarksdale et à Leland, BB King museum à Indianola sans parler des trois gros musées de Memphis concernant des musiques proches du blues : Sun, Stax et Rock & Soul), de nombreux murs peints (à Leland, Indianola, Clarksdale etc…), des statues (Howling Wolf à West Point, Otis Redding à Macon etc…), des rues portant des noms de bluesmen (John Lee Hooker à Clarksdale, Frank Frost à Helena, Willie Dixon à Vicksburg etc…), et les panneaux du Mississippi blues trail qui poussent comme de champignons.

Alors, certains s’étonnent qu’après avoir été totalement ignoré pendant plus 100 ans (pour ne pas dire méprisé), le blues devienne institutionnel. Ils craignent que des businessmen et des politiciens s’en emparent pour faire du fric sur son dos alors que tous les créateurs de cette musique ne sont plus là pour profiter des retombées financières. De même, certaines mauvaises langues pourront toujours dire que si on crée un tel musée alors cela signifie que le blues est mort et enterré.

Certes, on ne peut pas nier l’aspect marketing et la logique financière qui accompagnent ce projet mais je pense que l’amateur, le passionné de blues doit surtout y voir que cela va faire avancer le schmilblick, que cela va permettre de faire découvrir et apprécier le blues à un large public. Le blues qui a toujours été une musique plus ou moins confidentielle, boudée par les radios et les grands médias aura enfin une vitrine attrayante. Et il faut aussi préciser qu’il y a aussi un volet éducatif “blues in the schools” qui prévoie des visites du musée par les jeunes élèves des écoles pour leur faire découvrir le blues et son histoire. Car derrière tout cela, il n’y a pas que des hommes d’affaire, il y a aussi de véritables passionnés qui ont un véritable intérêt pour cette musique et qui se démènent pour faire vivre leur passion.

L’ouverture de ce musée s’inscrit aussi dans le cadre de la revitalisation du centre de Saint-Louis, et c’est l’occasion de mettre le focus sur cette ville qui a connu une deuxième partie de vingtième siècle très difficile durant laquelle elle a perdu la moitié de sa population en s’appauvrissant considérablement. La ville qui était encore au fond du trou il y a une bonne dizaine d’années s’est redressée de manière spectaculaire. Saint Louis est aujourd’hui une ville agréable à vivre, avec beaucoup d’espaces verts, pas trop de problèmes de circulation ni de stationnement, avec une vie culturelle et sportive importante et en particulier une scène blues de premier plan. Car outre son riche passé, Saint Louis regorge de bluesmen et blueswomen souvent aussi talentueux que méconnus, elle possède de nombreux clubs dont certains programment du blues quotidiennement, elle accueille aussi de formidables festivals de blues comme le Big Muddy et la Blues Week. Bref, il ne manque pas grand chose à Saint Louis pour devenir une plaque tournante du blues, et ce projet ambitieux de Musée national du blues pourrait faire de Saint-Louis la future capitale de blues.

Pour plus de détails, consultez le site officiel du musée :
http://www.nationalbluesmuseum.org/

Vous verrez qu’il est possible de faire un don en ligne pour aider à financer le projet.

 

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