Movie Blues #4

The Devil’s Fire (Warming by the devil’s fire) de Charles Burnett
Voici donc le quatrième volet de la série sur le Blues. Le réalisateur Charles Burnett est le seul réalisateur afro-américain de la série. Le film nous raconte à travers les souvenirs du cinéaste, la journée d’un enfant de 11 ans, en compagnie d’un oncle fou de Blues, flambeur et dragueur invétéré.

Les scènes autobiographiques se déroulent en 1956. Le rôle de l’oncle Buddy est tenu par l’acteur Tommy Hicks. Au volant de sa voiture, gagnée aux dés, l’oncle va essayer de faire traverser à son neveu un parcours initiatique mêlant le Blues, les tentations, les femmes, et le surnaturel avec un passage sur le Crossroad.
Les deux comédiens (oncle et neveu) sont sobres et jouent juste, on ne pouvait trouver mieux pour mêler les passages autobiographiques et les documents d’archives. Burnett a choisi par ailleurs de présenter près d’une trentaine de musiciens, ce qui fait beaucoup. Au travers de documents exceptionnels, nous allons voir et écouter entre autre W C Handy, Son House, Willie Dixon, Muddy Waters, Reverend Gary Davis, Tommy Johnson, Sam Chatmon, et pour les dames Ida Cox, Clara et Mamie Smith, Victoria Spivey, Dinah Washington.
Le film souffre cependant d’une présentation d’extraits systématiques de chanteurs ou de blueswomen. Pas une seule chanson ne va au bout de son texte, et on doit souvent se contenter d’un passage de dix secondes. C’est un choix de la part du réalisateur, le positif est que l’on voit donc de nombreux documents historiques issus bien souvent de la bibliothèque du Congrès. On pourra apprécier particulièrement les passages avec Lightnin’ Hopkins, Mississippi John Hurt et Ida Cox. Burnett réussit à faire monter l’émotion pendant que Billie Holiday chante « I’m a fool to want you » alors que l’écran nous présente un fond blanc et noir très ambiance fifties.
Bref un film plein de tendresse, de nostalgie et d’hommages qui s’imbrique parfaitement dans la série. A noter les premières images pénibles entre les travaux forcés, le travail des champs et du coton et 3 pendues exhibées au haut d’un pont. On est en droit d’avoir un regard peu réjouissant envers la société américaine blanche de cette époque, car pour nous européens, il y a des aspects de la vie qui nous demeurent inacceptables et difficilement concevables.

Le Kingbee

 

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