Movie Blues #3

Du Mali au Mississippi, Feel like going home
Voici le troisième volet de la série « The Blues » réalisé par Martin Scorsese. Le film repose sur deux facettes bien différentes. On a le droit ici au pèlerinage filmé de Corey Harris vers des sources africaines du blues. Corey sert de relais, par sa culture, sa curiosité, sa facilité à dialoguer avec quelques anciens. Nous n’avons pas l’esthétique de « The Soul of Man » mais beaucoup de dialogues, des plans serrés, et surtout des visages incroyables de bluesman : rides, bouches édentées et aussi un accent du Delta parfois difficilement compréhensible.

On entend dès le début du film la voix de Corey Harris qui dit « Je n’imagine pas ma vie sans la musique. » Un rapprochement est fait entre les sources africaines et le blues du Delta. « Les racines n’ont pas d’ombre » nous apprend un proverbe africain.
Je pense que Scorsese met un peu trop l’accent sur l’Afrique, et me pose la question suivante : pourquoi insister autant sur cette partie de l’Afrique occidentale ? Le pèlerinage de Corey Harris, avec tout le mysticisme que cela traduit, va croiser la route de Sam Carr, Willie King, Taj Mahal, Otha Thurner. Ce dernier est joueur de canne (flûte en bois), peut être le dernier, et essaie de passer la main à sa petite fille, que l’on voit jouer avec le Rising Star Fife & drum Band, en clair des tambours et du fifre. Le passage avec Sam Carr est emprunt d’humilité et de simplicité. Arrive le grand moment, l’arrivée de Mr Willie King à Freedom Creek et au Betty’s Place. Harris reprend la route pour rencontrer Salif Keita, Ali Farka Touré. Le dialogue qui va s’instaurer entre Salif et Corey se fera pendant un instant en français, Corey ayant vécu en France quelques temps.
L’autre facette du film est faite d’images d’archives dues à John A Lomax et son fils Alan.
On a l’occasion de voir Son House, Johnny Shines, Leadbelly. C’est un hommage appuyé aux Lomax père et fils, qui dès les années 30 vont parcourir les Etats-Unis pour filmer, enregistrer et archiver les musiciens. Blues,Spirituals, Hollers, Chants de travail, Folksong ils enregistrent tout pour les générations futures avec l’aide la Bibliothèque du Congrès.

A noter le decès de O Thurner peu après le tournage. Willie King a sorti chez Rooster, un album exceptionnel, en fait son premier et ce à l’âge de 57 ans

Le kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?