Movie Blues #1 : The Soul of a Man

Trop rare, la sortie d’un film sur le blues est en elle-même un gros évènement. Dès le début du cinéma parlant, le blues va être relégué au dernier rang. Tandis que le jazz, le swing, le rock’n’roll, le rhythm & blues puis une black-exploitation dans les années 70 tirent parfois leur épingle du jeu, le blues est dans le rayonnage des derniers de la classe. Quelques réalisateurs comme Gordon Parks, Martin Ritt, John Landis, Walter Hill et Mike Figgis vont entrouvrir la porte, mais souvent d’une manière commerciale, bienveillante, ou pseudo romantique.

A un moment, où l’Amérique à la recherche de ses racines et d’elle-même, essaie de célébrer un pseudo centenaire du blues, une série de 7 films à l’instigation de Martin Scorsese pointe le bout du nez. Cette série de 7 volets et de 4 B.O. a déjà été diffusée à la télévision sur PBS. En Europe, cette série sortira un chapitre par mois.
Premier épisode The Soul of a man de Wim Wenders depuis le 14 Janvier puis viendront tour à tour The Road to Memphis de Richard Pearce, Feel like going home de Martin Scorsese en mars, The Devil’s Fire de Charles Burnett seul réalisateur de couleur, Red, White and Blues de Mike Figgis, Godfathers and Sons du documentaliste Marc Levin et pour terminer Piano Blues de Clint Eastwood en personne.

The Soul of a Man :
Win Wenders évoque la vie de Skip James, Blind Willie Johnson, et de J.B. Lenoir, en mélangeant habilement des images d’archives (P.Vernom) et des images de fiction ainsi que des témoignages et des enregistrements de musiciens actuels. La voix du narrateur est confiée judicieusement à l’acteur Laurence Fishburn, qui après des débuts prometteurs, semble être tombé dans la facilité du cinéma commercial. Coté interprétation, les rôles principaux sont confiés à Chris Thomas King, excellent, bien loin de ses compositions habituelles, un brin trop brutes selon moi, et par Keith B Brown dans le rôle de James, guitariste étonnant à la voix de falsetto.
La partie consacrée à J.B.Lenoir est due à un couple suédois, les Seaberg, personnages très attachants et amis de J.B. Ce chapitre sur Lenoir est entrecoupé par des enregistrements d’artistes contemporains et par des images impressionnantes de manifestations racistes du KKK.
Seul bémol, le choix de certains musiciens contemporains qui n’ont rien à voir dans ce film, je pense plus particulièrement à Jon Spencer, à Bonnie Rait, Marc Ribot, Beck. Par contre les images de John Mayall de Cassandra Wilson, de James Ulmer et de son harmoniciste méconnu John Harris sont de premier choix.

Soul of a man sur le site de Wim Wenders

Eric P (Le Kingbee)

 

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