Mickey Baker

Mickey Baker – In the 50s: Hit, Git & Split – Rev-Ola
De son véritable nom McHouston Baker, Mickey Baker est né à Louisville (Kentucky) en 1925. Après quelques peccadilles avec le législateur américain durant son enfance (un de ses oncles tient un bouge), sa mère décide de l’envoyer dans un orphelinat assez rigoureux. C’est là que Mickey se met à s’intéresser à la musique en essayant d’astiquer les cuivres (trompette et trombone). A la fin de la Seconde Guerre, il atterrit à New York et se retrouve embauché comme plongeur dans un night-club où Billy Ecksine lui met le pied à l’étrier.
Baker se met accidentellement à la guitare (il n’a pas assez d’argent pour s’acheter une trompette aussi le vendeur lui propose une guitare), il prend des cours avec le jazzman Rector Bailey et les progrès sont fulgurants. En 1951, Mickey effectue ses premiers enregistrements pour Decca dans un rôle d’accompagnateur, domaine dans lequel il va se tailler une solide réputation. Mais c’est dans un registre très rhythm & blues qu’il fait ses armes ; on l’entend derrière Varetta Dillard, Dolly Cooper, Little Esther, Wilbert Harrison, H Bomb Ferguson, Sammy Price et Nappy Brown. Lee Magid des disques Savoy lui permet de graver l’instrumental « Riverboat » en compagnie d’un copain saxophoniste Hal Singer. Pendant quelques années, il va multiplier les sessions pour Atlantic, et King/Federal. D’un côté, il accompagne Ruth Brown, LaVern Baker, Carmen Taylor, Big Joe Turner, de l’autre on peut l’entendre derrière Piney Brown, Earl Bostic, et Danny Taylor. C’est avec ce dernier qu’il atterrit chez RCA qui publie un peu de R&B, principalement sur ses filiales.
Il fera ensuite équipe avec une enfant star Sylvia Vanderpool, une gamine new-yorkaise de onze ans sa cadette, à qui il a donné des leçons de guitare. Le duo va connaître un succès immédiat, réussissant à rentrer dans les charts à plusieurs reprises. Bo Diddley leur écrit « Love Is Strange » sous le pseudo d’Ethel Smith. Ce titre bénéficiera d’une seconde jeunesse en 1987, lorsqu’on l’inclut à la bande originale du film « Dirty Dancing ». Le duo stoppera sa collaboration suite à de sempiternelles querelles.
Au début des années 60, Mickey fuit le racisme et débarque à Paris, il se marie et officie comme accompagnateur de blues. On l’entend derrière Memphis Slim, Champion Jack Dupree, Clarence Gatemouth Brown. Il fait aussi de la musique alimentaire en accompagnant une myriade de chanteurs et chanteuses de variétés dont Sylvie Vartan, Françoise Hardy et même Chantal Goya. Ses prestations auprès de Colette Magny et son « Melocoton » et Ronnie Bird sont plus savoureuses.

Mickey Baker a publié quelques bons albums: « The Blues And Me » (Black & Blue), “Mississippi Delta Blues” (Verve), mais c’est sur son travail de sideman qu’il convient de mettre l’accent, comme le fait justement ressentir le label anglais Rev-Ola. L’auditeur pourra apprécier son aisance et son phrasé aérien dans les orchestres de Charles Calhoun, Titus Turner, Sam Price, Louis Jordan et aussi en compagnie de Brownie McGhee et un « Anna Mae » précurseur d’un rockabilly latent. Mention également aux participations avec Square Walton (du blues), Little Willie John (pour le sirupeux) sans oublier le duo qu’il forma jadis avec Sylvia. Un petit coup de chapeau également au saxophoniste Ernie Hayes, qu’on retrouve sur plusieurs morceaux dans un rôle d’accompagnateur. Un disque qui conjugue parfaitement rhythm and blues, blues, musiques des grands orchestres, rock and roll avec quelques tubes bien sentis et révélateurs d’une époque passée. Une compilation qui remet au goût du jour le meilleur de cet octogénaire toujours présent.

Le Kingbee

lire aussi la chronique : Mississippi Delta Blues

 

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1 Commentaire
  1. Jipes 13 ans Il y a

    Il se trouve que j’ai eu la chance de prendre deux cours avec Mickey lorsqu’il etait encore sur Paris. Quel grand monsieur et quel raconteur d’histoires fabuleux. J’ai appris les bases avec lui un vrai bonheur !

    pour ses disques je recommande au plus haut point “Back to the blues” enregistré live à Paris qui contient des versions très personnelles de standards blues malheureusement celui çi n’a pas encore été réédité en CD et c’est vraiment dommage
    BACK-TO-THE-BLUES sur Ebay

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