Michael Powers, opus #2

Michael Powers « Prodigal Son » (BYN 005)
Il y a parfois une certaine jubilation à recevoir certaines galettes. Les chroniques enthousiastes du premier disque de Michael, « Onyx Root », de mes collègues Arol Rouchon (BCR) et Jacques Périn (Soul Bag) du Doc et aussi de votre humble serviteur (voir archives janvier 2005) ont très certainement contribué à ce que ce disque puisse être distribué dans l’hexagone. C’est justement là le premier travail du chroniqueur, pouvoir faire découvrir des musiciens peu connus, voir inconnus. Ne voyez pas ici une prétention excessive de ma part, mais tout simplement un sentiment de satisfaction, et aussi celui du travail accompli envers l’acteur principal : l’Artiste.

Né en 1952 à Bayonne (New Jersey), Michael (de son véritable nom Michael Murchison) aborde la guitare vers 7 ans, en autodidacte. C’est en écoutant les disques de Blues de ses parents et aussi en assistant aux petits concerts qui ont lieu dans le restaurant de son père que le jeune Michael va progresser. Durant son adolescence, il découvre à la radio ou à l’émission TV « Ed Sullivan Show » des musiciens comme les Yardbirds et Hendrix. A ses 16 ans, il devient guitariste des Adlibs avec des copains du quartier, à deux pas d’où sévissait un groupe qui a laissé des traces : les Vanilla Fudge. Comme quoi le monde est petit ! Michael va ensuite s’aguerrir au contact de musiciens comme James Cotton, John Lee Hooker, Johnny Winter et Chuck Berry à titre occasionnel. En 2004 il enregistre son premier album pour Baryon Records, mais c’est aussi au Terra Plane de New York qu’il arrive à se faire un nom.

« Prodigal Son » : c’est donc sous le titre de Prodigal Son que Michael nous revient, toujours publié par Baryon Records. Sur les 12 titres que contient l’album, nous avons droit à une moitié de relectures pour une part égale d’originaux… enfin presque, parce que l’accréditation du premier titre pose question. Effectivement il doit y avoir une erreur d’imprimerie sur la jaquette, car s’approprier « Goin’ Down » célèbre Hit de Don Nix (celui des Mar-Keys) relève ou de l’erreur ou d’un culot incroyable. Bon, le disque commence donc par un « Goin’ Down » bien tonique et revigorant, bien dans la lignée du titre rendu célèbre par Savoy Brown, Luther Allison et Freddy King. On enchaine ensuite avec « It’s a Bloody Life », reprise de Sonny Boy plus douce et plus subtile que le titre d’ouverture. On a le plaisir d’entendre Michael au dobro et surtout Cliff Schmitt à la contrebasse. C’est ensuite « Prodigal Son » qui donne son nom à l’album ; la voix est souple et c’est le seul morceau du disque qui nous permet d’entendre Jimi Zhivago à l’orgue (déjà entendu dans « Onyx Root »). Ce sont ensuite deux compos qui nous sont proposées avec « White Lightning » et « Wild Side » et qui nous donnent un beat funky pour la première et un tempo nerveux et très Rock pour la seconde. « Every Grain of Sand » est une splendide reprise d’un inusité de Dylan, qui figurait au départ sur le disque « Shot of Love » (1981). On a affaire à une ballade dans laquelle on pourra apprécier le piano de Jimmy Vivino, une version qui rappelle l’originale et se rapproche aussi de celle d’Emmylou Harris. Powers nous délivre par la suite une petite pièce Rockandrollesque avec « Lay The Hooch » en version trio puis enchaine avec un vieil inusité de Jimmy Reed « Oh John » et « Signed D.C. » d’Arthur Lee (décédé cet été) qui figurait dans le premier LP du groupe Love ; les deux versions proposées ici sont excellentes. Puis vient un duo de guitares avec Vivino au dobro et Michael à la guitare espagnole. S’il n’est pas question ici de flamenco, comme dans son disque précédent, on perçoit toutefois dans « Compassion » des effluves hispaniques dans ce titre instrumental. Arrive mon titre préféré, avec « You Got To Go Down » une reprise du Reverend Gary Davis, qui nous offre une pièce bien représentative du Piedmont Blues et nous permet d’entendre James Wornworth au frottoir et le fingerpicking de Michael. Pour mettre un terme à ce disque, c’est une plage de Tiny Bradshow (un ancien chef d’orchestre et chanteur rempli de Swing) qui est choisie ; ce sont principalement les groupes anglo saxons et les jeunes groupes US de Blues Psyché qui se sont entichés de ce morceau. Powers et ses complices nous en donnent une version pleine de retenue.

Un disque qui se démarque de la production actuelle. Mention aux accompagnateurs qui se mettent tous au service de leur leader avec Cliff Schmitt (ex Phillip Walker, Martha Reeves et Garfunkel) basse et contrebasse (présent sur 9 titres), les batteurs Steve Shelley (ex Sonic Youth) et James Wornworth (6 titres), le multi instrumentiste arrangeur producteur Jimmy Vivino (8 titres), Michael Merrit (basse 2 t.) et à un complice du premier disque Jimi Zhivago à l’orgue sur une plage. Ce Michael Powers qui est déjà venu faire une tournée en Europe de l’Est pourrait être un bon sujet pour certains programmateurs. Un disque qui confirme le premier bébé du monsieur.

Précédente chronique : Onyx Root

Le Kingbee

 

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