Prendre le Boogie Train avec Mercy

Default Icon

Mercy – Voodoo Boogie Train – Tempo Association
Petit rappel pour les néophytes : en 1999, surgit de nulle part ou peut être des profondeurs marécageuses des bayous, le trio Mercy Blues Band enregistrait son premier opus « Tribute to Slim Harpo » publié par Culture Presse. Comme son titre l’indique clairement, le groupe rendait un vibrant à Slim Harpo (et aussi à Lonesome Sundown avec une version torride de « My Home Is A Prison »). Le trio surprenait par ses prestations Live, le registre étant délibérément orienté vers un swamp blues durci, trempé de rock n roll et extrêmement novateur. La formation avait alors l’opportunité d’ouvrir pour BB King, Robben Ford, ZZ Top ou Jimmy Johnson.

En 2001, Janvier Records rééditait l’album sous la forme d’un sympathique digipack, le groupe bénéficiait alors d’une distribution digne de son talent. A la surprise de beaucoup de monde, « Tribute To Slim Harpo (deuxième mouture) » devenait le disque de french blues le plus vendu.

Trois ans plus tard, le band délivrait un album plus personnel avec « Magic ». Hormis une reprise de Robert Johnson complètement remodelée et « Lucille », standard Specialty de Little Richard, le groupe démontrait de riches qualités d’écriture. Mais Mercy, c’est surtout un son bien particulier, une bonne rythmique qui pose les fondations et une guitare en front line souvent dévastatrice. Cet album poursuivait en quelque sorte la route tracée lors du premier disque, du swamp blues plein de vigueur, de punch et de caractère.

En 2011, le trio se transformait en quatuor avec l’arrivée de l’américain Billy C Farlow. Surnommé Alligator Crawl, cet ancien harmoniciste chanteur des légendaires Commander Cody & his Lost Planet Airmen, venait prêter main forte à l’harmo et apportait une coloration oscillant entre l’Alabama Blues et les marais de Louisiane. L’album « Alabama Swamp Stomp » édité par Crosscut Records décrochait un Award allemand, une première pour un petit groupe de blues français. En janvier 2012, le disque était nommé disque du mois aux Pays Bas et recueillait des critiques élogieuses en Europe et aux Etats Unis. Le site US Blues Blast Magazine tressait une couronne de laurier au petit groupe bien de chez nous.

Voodoo Boogie Train :

Ce qui frappe d’entrée avec ce quatrième cd, c’est la présentation de cet élégant digipack ; le parallèle avec « Tribute To Slim Harpo » sera difficile à éviter: même tranche jaune, bandeau noir en haut et visuel noir et blanc virant au gris. Cette fois ci, la photo ne nous propose pas un panneau « In » qui avait eu le don de questionner les auditeurs, mais une photo prise à la gare de Clarksdale avec un essieu de train laissé à l’abandon. Mercy serait-il superstitieux ?

« Voodoo Boogie Train » qui ouvre les hostilités et qui donne son titre à l’album lance la vapeur plein tube, la machine Mercy est lancée, mélangeant blues louisianais et gros son, la guitare de Jean Paul Avellaneda tenant le rôle du charbon. Un peu d’accalmie louisianaise avec « Atchafalaya Bridge » qui nous plonge en plein bayou, normal puisque ce double pont relie Baton Rouge à Lafayette traversant au passage le bassin Atchafalaya. Les poissons chats et les crapauds buffles ne sont pas loin. « A Desperate Man » fusionne swamp et rock texan. Gros moment de torpeur avec le faux lent « The Beast In Me », la guitare nous tirant sans avoir l’air d’y toucher de la léthargie due au climat. « Down The Bayou » au titre explicite nous enveloppe de sa moiteur. Même parcours pour « When We Go Downtown », on ne s’extirpe pas des bayous aussi facilement. Retour vers un blues lent avec « You Got Another Lover », compo du batteur Romuald Lo-Pinto, Toujours aussi difficile de rester sec avec ce slow down home blues lancinant. Même impression avec « Cruel & Busy Blues » avec l’apport de Stéphane Avellaneda à la batterie et la basse de Bruno Quinonero qui se fait de plus en plus ronde. Le band remet les gaz sur « In Springtime » un shuffle dans la lignée des titres de l’album « Magic ». « I’m The Guitar Man » dont le titre pourrait paraitre plus ou moins vaniteux remet la guitare à sa place, la première, Jean Paul Avellaneda délivrant une véritable démonstration à la guitare, mais en toute humilité. Petit coup de semonce avec « Don’t Cry For Mercy » qui replace le groupe sur l’échiquier bluesistique national. En fait, depuis ses débuts, le groupe fait fi des étiquettes, des tendances et des modes, continuant son petit bonhomme de chemin sur un parcours parfois traversé de méandres. L’album se conclut par un instrumental au dobro « Summer On The Elk River », titre idéal pour tendre sa ligne à la recherche du poisson chat.

Afin d’être complet, signalons la grosse participation de Leatfoot Rivet sur 4 titres dans un rôle de songwriter qui lui sied parfaitement (Alain et Jean Paul ont coécrit 4 autres titres) et l’arrivée de Sébastien Antonioli à la basse sur « « A Desperate Man ».

Un album original, dans la lignée des précédents qui nous renvoie immanquablement dans l’univers de Smokehouse, Creedence Clearwater, Atlee ou Tony Joe White. La section rythmique carrée et groovy n’a de cesse de placer sur orbite un guitariste en front line hors norme. Un album terriblement efficace !

Judith

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?