Mel Melton and The Wicked Mojos #2

Mel Melton and The Wicked Mojos – Mojo Dream (NM R 5339)
Le label Nightfly Music posséde dans son jeune et audacieux catalogue certaines perles et curiosités méconnues tels Delicious Blue Stew de Baton Rouge, Michael Holloway, sans oublier le mystique Gypsy « The General » Carns. Mais c’est sans contexte Mel Melton qui a réuni la plus forte adhésion et mérité des critiques favorables de la part des chroniqueurs spécialisés de tout le pays.


Ce superbe digipack est composé de 13 titres (12 originaux et une reprise issue du folklore cajun qu’on peut accréditer aux Hackberry Ramblers). Le ton général est mis d’entrée avec un petit instrumental harmonica/slide très court suivi par « RJ’s Boogie » qui, comme son nom l’indique, nous offre un Boogie très enlevé, mené par l’harmonica de Melton et le rubboard de Clifford Alexander. S’ensuit un Rock graisseux précédant une pièce Zydeco du meilleur tonneau, au titre évocateur « Cookie Boy ». Un vrai délice ! Un frotteur obsédant, l’accordéon de CJ Chenier, le phrasé de Mel à l’harmonica, des paroles qui donnent envie de se remettre à table, et enfin une section cuivre de première main avec Mme Dana Robbins au sax et Quentin Ware à la trompette. Pour faire digérer cette première partie de repas, les Wicked Mojos nous offrent un Two Step bien dans la tradition ; rien de meilleur qu’une petite valse louisianaise dans laquelle on pourra apprécier la mandoline de Brian Fechino, sans oublier le frotteur Clifford Alexander qui s’avère être excellent et constant.

Pour reprendre un peu de vigueur, c’est ensuite un titre plus Rock et légèrement moite qui s’intercale, mention aux cuivres et à l’harmonica. A mi parcours du disque, c’est une magnifique ballade rappelant Bobby Charles qui nous permet de reprendre un peu d’air, avec un bon passage de Cyril Lance à la guitare toujours aussi sobre, sans oublier le clavier de John Neel qui apporte un peu de douceur. Après cet interlude, c’est une « Party » que nous concoctent les Wicked, avec un excellent passage de Kelly Pace à la batterie sans oublier Pierro Maraino aux percussions qui ne lachent pas la « patate ». « River of Blues » est une plage hypnotique qui monte crescendo, qui nous offre un arrangement subtil, ainsi qu’un excellent passage de Neel aux claviers. Le temps est venu de s’essayer au Rock and Roll cajun avec toujours cette présence du frotteur qui n’a pour but que d’en découdre avec l’accordéon de CJ. C’est jouissif et dansant. « Grand Texas » est souvent à l’honneur dans les bals louisianais depuis la fin de la guerre, lorsque les Hackberry Ramblers se sont reformés. Le fiddle est remplacé ici par la slide de Cyril Lance, l’accordéon et le frotteur étant toujours aussi présents, au risque de se répéter. Le disque s’achève avec un morceau un brin sirupeux, comme son titre l’indique « Summer Moon Blues » pourrait faire penser à Charles Brown. On pourra apprécier le travail des balayettes, le jeu de guitare tout en finesse, l’apport du clavier qui rivalise de délicatesse et surtout le chant de Mel Melton qui nous surprend en s’intégrant parfaitement à cette pièce édulcorée. Un album fortement recommandable.

Le label Nightfly Music : www.nightflymusic.com

Le Kingbee

 

les 5 derniers articles de kingbee

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?