Lost Soul Dynamite #3

Margie Hendrix

Lost Soul Dynamite – Volume 3
Voici le troisième volet publié par Titanic Records consacré à des singles de Deep Soul. Ce recueil présente encore une fois 24 faces  rares d’artistes soul méconnus.  L’occasion de revenir brièvement sur la carrière de quelques uns de ces seconds couteaux, certains d’entre eux n’ayant parfois  enregistré qu’un ou deux 45 tours.

« Just To Prove I Love You » est une ballade Philly Sound contenant une profusion de violons, de chœurs féminins et des cuivres discrets. Oscar Weathers (présent dans le volume 2) débute sa discographie en 1969 chez Top & Bottom, firme pour laquelle il enregistrera cinq singles. Il poursuivra chez Blue Candle jusqu’au milieu des années 70 et rentrera un titre à la 51ème place des charts R&B avec la reprise de « Tell It Like It Is ». Il évoluera ensuite dans le domaine du gospel en compagnie de sa femme Veronica.

C’est en 1965 que Paul Martin grave « Snake In The Grass » pour le label Ascot ; le titre parviendra à grimper à la 27ème place des classements R&B. Larry Marshalll en 1966 et Don Covay, deux ans plus tard, reprendront la chanson. Le single Ascot sera racheté par Sue.

Jimmy Church s’est lancé dans une carrière professionnelle dès sa sortie du collège. Il intègre une formation R&B, The Seniors, en compagnie du guitariste Bobby Hebb. Embauché brièvement par Excello et Hi-Fi’s, il atterrie chez Montel, un label de Bâton Rouge. On le retrouve ensuite dans le giron de Johnny Otis, jusqu’à ce que le manque de succès l’incite à regagner sa ville natale, où il va se lancer dans une carrière solo pour Hickory Records. Durant sa seconde partie de carrière, il enchainera quelques singles pour Okeh, Sound Stage 7 et Peach Tree. Mais son titre de gloire est d’avoir fait partie de la line-up des King Casuals en compagnie d’un certain Jimi Hendrix. Longtemps managé par William « Hoss » Allen, Jimmy Church avait à la fin de l’année 1965 sa propre émission tv « The Beat ». Très investi dans le Mouvements des Droits Civiques, son titre « Hurt » connaitra un certain succès en Angleterre.

Natif de Nashville, Paul Vann (compilé dans le volume 1) enregistre deux singles à la fin des années 60 pour Instantlee et Chance Records qui passent inaperçus. En 1969, il passe chez Sound Stage 7, ce qui lui permet de bénéficier d’une plus grande promotion. « The Touch Of Your Hand », superbe ballade figurant sur son premier 45t. Sound Stage 7, demeure son meilleur succès. Al Garner reprendra ce titre sur un single Sir-Rah. La discographie de ce chanteur évoquant Sam Cooke ne compte que cinq singles.

« Self Service » des New Bloods gravé pour 20th Century Fox en 1964 fait figure de curiosité. Il s’agit en fait du duo Eddie and Ernie qui grava plus d’une trentaine de singles pour Checker, Chess, Shazam, Columbia, Artco, Buddah et Ever Soul. Mais ce duo s’est produit sous une multitude de noms : The Crusaders, The Heavently Travellers, The All Stars, Little Worley & The Drop, The Sliding Door avant de se transformer en Eddie & Ernie. Eddie Campbell alias Eddie  nous a quitté en 1994 des suites d’une cirrhose, tandis que le texan Ernest Johnson (Ernie) est décédé en 2005 dans un accident de voiture.

JP Robinson a chanté entre 1968 et 1974, enregistrant de bonnes faces pour les labels Alston, Atco et Blue Candle. Le label Soulscape vient de lui consacrer une excellente compilation.

Présente dans un précédent volume, Judy White a enregistré l’impressionnant « Vacuum Cleaner » pour le label T-Neck des Isley Brothers. Si Judy a quitté la scène en 1972 afin de vaquer à ses obligations familiales, tout en chantant au sein de sa paroisse, ce single aura nettement influencé le hit de Betty Wright « Clean Up Woman ».

Ne cherchez pas après la discographie d’Earl Paradise, elle ne contient qu’un seul 45t. publié par Atco en 1964. En fait, cet inconnu n’est autre que  Leroy Crume. « Don’t Pass Me By » est une ballade qui n’a rien à envier au répertoire de Ben E King.

E. Jackie Hines ne semble n’avoir enregistré qu’un unique single pour le label Cosmic. Cette ballade jazzybluesy avec flûte et chœurs sera curieusement rééditée quelques années plus tard (1976) par Vergitone.

Originaire de New York, Tommy Collins débute sa carrière en 1959. « I Wanta Thank You » est une ballade sur laquelle il est épaulé par les Paragons. Publié à l’origine par TNT Records, le single sera réédité en 1967 par Verve.

Pianiste non voyant natif de Greensboro, Billy Mack n’aura gravé que cinq singles, le premier sera étiqueté avec son vrai nom Willy McDougal pour le compte de Kinard Records. On doit « I Couldn’t Sleep A Wink Last Night » à Curtis Moore, patron du label Tina. Cet excellent chanteur poursuivra sur différents labels (Miss Betty, MGM et Philips) mais le manque de succès le conduira à stopper sa carrière dans la soul en 1965 pour se diriger vers la musique religieuse.

Ancien membre de la formation doo-wop The Del-Marks, Sammy Campbell voit le jour en 1941 dans le New Jersey. Il débute, comme beaucoup d’autres, dans le chœur de sa paroisse où il côtoie le guitariste Lovelace Watkins. Il fonde The Del-Marks en compagnie de son jeune frère David « Sonny » Campbell, gravant une poignée de microsillons pour Stop, Ea-Jay, East West, Jet Records et Queen City son propre label. Bon compositeur et producteur, il collaborera durant un temps pour l’écurie Smoke de George Blackwell. En 1970 il place « Let Me Be Your Man » à la 30ème des charts R&B. Au milieu des seventies, on le retrouve sur des productions Ian Levine qui ne laisseront pas le meilleur souvenir. « Right To Love » gravé en 1969 pour le label californien Galaxy évoque le répertoire et le vocal de Little Johnny Taylor. Pour corser le tout, Sam Campbell aura également enregistré sous le nom de Tyrone Ashley.

Ace Saint Claire tourna dans le giron de l’entrepreneur Don Talty au début des années 60, mais ne semble n’avoir enregistré qu’un unique 45t. avec cette ballade éditée en 1963 par Sound Stage 7. Le livret intérieur nous apprend Alexander, alias Ace, serait le frère de Johnny Ace, grand fan de roulette russe.

Le morceau phare de cette compilation (enfin selon moi) arrive avec « Now The Hurt’s On You » dont le chant rivalise avec Big Maybelle ou Etta James. On doit ce titre à Margie Hendrix, ancienne Cookies et Raelettes. Margie est probablement la figure la plus connue de ce volume. Née en 1935 en Georgie, elle débuta par le gospel et le piano et commença à enregistrer dès 1954 pour le label Lamp, filiale d’Aladdin. En 1958, elle remplace Beulah Robertson dans la troupe de choriste de Ray Charles. Après son départ des Raelettes, elle enregistrera pour Tangerine, Mercury et terminera son parcours chez Sound Stage 7. Pour l’anecdote, la voix féminine de « Hit The Road Jack », celle qui répond à Ray Charles qu’il ne ramène pas un sous à la maison et qu’il n’est qu’un bon à rien, c’est la voix de Margie Hendrix. Enfin, dans le film « Ray », son rôle est tenu par l’actrice Regina King.

« Nothing Seems To Go Right », ballade de Tyrone Harris qui se rapproche de celles de Jerry Butler, a été gravée pour le label de Chicago Barclay & the III. Cette chanson semble avoir recueilli un succès local, la rondelle du 45 tours ayant été pressée sous cinq couleurs différentes. On perd toute trace de ce chanteur (déjà présent dans le 1er volume) après cet unique single.

Originaire du Texas, Billy Young s’établira rapidement sur la Côte Ouest. Il a probablement débuté au sein des Classics, gravant pour le label Crest une poignée de singles. Le premier single sous son nom date de 1963 pour Original Sound. Grand admirateur d’Otis Redding, qui fut son producteur durant un temps, Billy Young est le propriétaire d’une trentaine de singles. Après avoir gravé pour Jotis, Chess, Mercury et Shout, il s’installe à Macon où il fondera plusieurs labels (Joyja, Grotto, S-Cee)  ce qui lui permet d’avoir le contrôle total sur ses microsillons et ses productions scéniques. Chanteur au falsetto remarquable, Billy Young était encore en activité à la fin des eighties.

Bennie Conn, de son vrai nom Benjamin McConner, enregistre son premier disque en 1967 pour le label Magnum, sous la houlette de Jimmy Johnson. Il lui faut attendre deux ans pour graver « I Don’t Have » pour le label Soultown. En fin d’année, Bennie Conn enchainera avec un troisième et dernier single publié par Wand. En 1980, tel un diable surgissant de sa boîte, il enregistre le LP « Soul Music » pour Groove Time Records. Il demeure l’un des rares artistes présentement compilés à avoir réalisé un album complet.

John Ladrew, déjà compilé dans le volume précédent, est encore à l’honneur avec « You’re Just What I Need » qui figurait en face B de son seul single. A noter le vocal se rapprochant de celui de Ted Taylor. Une rareté éditée par Roulette.

Ce troisième volume de la série « Lost Soul Dynamite » s’achève avec un vieux soutier de la scène soul de Chicago, Wylie Dixon (aucun lien avec Willie Dixon). Originaire du Mississippi, Wylie s’installe à Chicago en 1957. Il intègre The Highway QC’s (durant sa période la moins prolifique), enchaîne au sein des Travelling Kings, puis du Wylie Dixon and the Wheels avec Bobby Pointer, Robert Goley et James Carr.  Mais Dixon est plus connu pour avoir fondé le duo Simtec & Wylie en compagnie du guitariste Simtec Simmons. Au milieu des sixties, sous ses diverses formations, il aura enregistré une dizaine de singles pour Federal, Conduc, Chy-Town, Jerma et Checker. Le duo aura gravé entre 1969 et 1973 une dizaine de 45 t. pour Shama et Mister Chand Records. Sous son nom, Wylie Dixon n’aura gravé qu’un seul single pour Toddlin’ Town Record en 1968. Ce single sera suivi un an après par un disque sous le nom de Simtec Simmons & Wylie Dixon (Toddlin’Town114).

 

Ce troisième volet complète parfaitement cette série dédiée à des singles méconnus. On pourra simplement regretter que certains chanteurs compilés dans les différents volets n’aient pas été regroupés. Editée en série limitée, ce Volume 3 semble s’être fait arraché par les amateurs de Deep Soul 60’s. Disponible sur les sites bluebeat et bimbam.

 

Le Kingbee

 

 

 

 

 

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