Lonnie Brooks, la totale

LONNIE BROOKS
Le portrait : Lee Baker Junior est originaire de Louisiane où il voit le jour en décembre 1933. Il commence à tourner et enregistrer à partir de 1957 et connaît immédiatement la réussite. Il mélange tout un tas d’ingrédients, Swamp-Blues, Rock ’n’ Roll cajun, et Chicago Blues. Eddie Jones (alias Guitar Slim) a une grosse influence sur son jeu de guitare, au même titre qu’Ervin Charles, bluesman originaire des environs de Port Barre (Louisiane).

Lee Baker commence à enregistrer sous le sobriquet de Guitar Junior pour le label Goldband. Il connaît un bon petit succès avec un 45-t. grâce à un quasi instrumental « The Train and the horse », chanson qu’il reprend encore très fréquemment en concert. Guitar Junior gagne Chicago au début des années 60 et enregistre une poignée de 45 tours sous le nom de Lonnie Brooks. Il va accompagner l’harmoniciste Little Mack Simmons, pas encore Révérend ni dealer, et va servir de sideman à Jimmy Reed.
C’est à Chicago que le jeu de guitare de Lonnie va quelque peut changer, devenant peu à peu plus proche de celui d’Otis Rush ou de Magic Sam. Lonnie a la chance de beaucoup jouer en club, et côtoie entre autre Buddy Guy et Syl Johnson. Lonnie grave un excellent album pour le label Delmark « Let’s talk it over » et va participer à sa première tournée européenne. En décembre 75, il enregistre dans les studios Barclay, à Paris, l’album « Sweet Home Chicago » pour le label français Black & Blues. Malgré la présence de partenaires prestigieux (Willie Mabon, Mack Simmons, Dave Myers) qui paraissent peut s’investir, Lonnie Brooks tient les séances à bout de bras, en compagnie du batteur Fred Below. A la fin des années 70, Lonnie signe pour le label Alligator, participant du même coup à l’Anthologie « Living Chicago Blues ». De part ses origines, Lonnie arrive aisément à mélanger divers genres : Chicago Blues, Rock Cajun, Soul, Swamp et Gospel .Les deux premiers albums enregistrés par Alligator sont très bons, « Bayou Lightnin’ » « Turn On The Night ». Hélas, le label de Bruce Iglauer semble changer de politique en se tournant de plus en plus sur des productions faciles, et sur un blues souvent formaté et orienté vers le Blues FM.
Mais les prestations scéniques de Lonnie Brooks sont souvent excellentes. En 95, un an après le passage de BB King, de l’autre coté de la muraille de Chine, Lonnie joue lui aussi devant un public chinois venu en nombre. En 1999, en compagnie de Phillip Walker, Long John Hunter et Ervin Charles, Lonnie Brooks enregistre pour Alligator, dans les studio Arlyn (Austin), tout simplement ce que de nombreux spécialistes considèrent comme l’album de l’année « Lone Star Shootout ». La complicité, la camaraderie ainsi que des jeux de guitares différents font que les quatre larrons nous livrent un album incontournable. Ces quatre guitaristes sont homogènes et très complices, ils ont du reste tous accompagnés à divers moments Clifton Chenier. J’ai toujours considéré Lonnie Brooks parmi les meilleurs, même s’il est regrettable qu’il ne soit pas tombé dans les mailles d’Excello, le label de JD Miller. On peut facilement imaginer qu’une telle association aurait fait des étincelles et ce, malgré la pitoyable philosophie de Miller.

Discographie sélective : “ The Crawl “ (Charly) – “ Let’s Talk It Over” (Delmark) – “Live at Pepper’s 68” (Black Top) – “Sweet Home Chicago” (Black & Blues et Evidence) – “Bayou Lightning” “Turn On The Night” “Live From Chicago” ainsi qu’une compilation “Deluxe edition’ ces quatre derniers disques étant parrus sur le label Alligator.

Le concert (4 Mai 2005)
The Lonnie Brooks Blues Band était en représentation pour 2 soirées au Méridien ; inutile de préciser que la salle était comble. La formation commence ses trois premiers titres sans Lonnie, mais avec une reprise de « Steppin Out » dans un tempo plus lent que celui des Cream. Puis viennent deux compositions de Wayne Baker Brooks, l’un des fils de Lonnie, qui tient la guitare rythmique « Sooner or later » et « I don’t work like that » Le jeu de guitare de Wayne est moins fin et plus grossier que celui du paternel. Le niveau est excellent cependant, il faut dire que les accompagnateurs sont parfaits avec Andre Howard (Basse), Mike Rodbard aux baguettes, et Brian James (ex Otis Rush) aux claviers. Le moment tant attendu arrive, avec l’entrée de Lonnie Brooks, Stetson vissé sur la tête. Cinq compositions vont suivre, servies avec punch et bonne humeur « Tradin Post », « Two Headdeman », « Voodoo Daddy », « Wife for tonight », « All my money back ». La salle est enthousiaste, c’est excellent et je remarque que Lonnie Brooks a toujours le sourire, un véritable rayon de soleil. A 72 ans Mr. Brooks a une pêche d’enfer. Le second set démarre avec un standard d’Albert King « Born under a bad sign », puis du Robert Johnson avec « Stop breaking down » avec une mention particulière au claviériste vraiment au top. Lonnie Brooks réapparaît au milieu de la scène pour nous livrer quatre compositions « Don’t take advantage of me », « Get through to you », « Eyeballin », « You know what my body needs »
Le public est emballé. Il faut dire que le spectacle proposé est de haut niveau. L’orchestre reprend encore un titre de Johnson avec « Possession over judgment day ».et puis, cerise sur le gâteau, un véritable Rock’ n’ Roll « Shake it little Mama » avec la traditionnelle présentation des musiciens et des solos qui vont avec. C’est ensuite « The Crawl » une composition de Guitar Junior alias Lonnie, dans une veine très Rock cajun.
La formation nous livre ensuite un Meddley, présenté sous forme de saynète, Lonnie se servant de son fils Wayne, comme d’une marionnette. Wayne est seul à la guitare, tandis que Lonnie tire les ficelles. Des standards d’Howlin Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters se révèlent être un excellent choix pour ce Meddley qui ravive la salle. Oui, parce qu’il est quand même 2H30 du mat. Le concert s’achève avec « Something you got » durant lequel Lonnie s’évertue à faire chanter deux tables de spectateurs, tandis que Wayne et le bassiste font danser une spectatrice qui était au bar.

J’avais eu des échos favorables de leur représentation à un festival se situant dans le Nord. Il me parait évident que Lonnie Brooks ait récidivé peu de temps après. De plus, le groupe est parfaitement rodé et homogène puisque le denier arrivé (Mike) est intégré depuis quatre ans. Bien sur devant l’insistance du public, Lonnie a repris pendant une trentaine de secondes « The train & the horse » et là, pas d’erreur, on peut aisément confondre la guitare de Lonnie et une Micheline de la SNCF. Je voudrais terminer ce report en insistant sur la voix claire et puissante de Lonnie Brooks ainsi que sur sa gentillesse non feinte.
Un bon public, une formation excellente ainsi qu’un leader expérimenté et plein de charisme ont fait de ce concert l’un des meilleurs vu par votre humble serviteur.

Le Kingbee

Je remercie l’ensemble des musiciens, très disponibles, Mr. Wayne Lee Baker pour la Play List, sans oublier Monsieur Lonnie Brooks pour quelques détails concernant « The Crawl ».
Je signale également que Wayne a sorti il y a peu l’album Mystery.

HYPERLINK “http://www.waynebakerbrooks.com” www.waynebakerbrooks.com
www.lonniebrooks.com

 

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