Liquor and Sin… Interview exclusif de Mudcat

Mudcat vient juste de présenter son nouvel album en France cet automne avec une tournée d’une quinzaine de dates (Toulouse, Lyon et Paris et sa région)… On présente ce groupe comme un phénomène ! Depuis avril dernier, lors de leur dernier passage à Paris, j’avais vraiment envie de rencontrer Dany, le Leader du groupe… Alors, je ne voulais pas le manquer cette fois-ci… La suite ci-dessous avec un interview, juste avant leur concert au Jazz Club du Centre culturel Tchèque…
Quels sont tes titres préférés sur ce dernier album ?
“Liquor and Sin”, “Whiskey” et “The Wind”…

Pourquoi ? Tu penses que tu bois trop ?
Hey non !… Bien sûr que non (rire)… Ce n’est pas sur le fait de boire mais sur les raisons qui nous poussent à boire, ce n’est pas pour glorifier l’alcool bien au contraire…

Est ce vraiment un choix ou une nécessité que ce disque sorte sur Music Maker… Parle nous un peu de ça :
Oh Oui c’est un choix délibéré. Avant de rencontrer Tim Duffy (président de Music Maker), j’étais déjà très proche d’anciens bluesmen, je les aidais déjà comme je pouvais pour organiser des concerts, des enregistrements… Tim m’a contacté car il voulait approcher ces anciens musiciens du Sud et l’aventure a commencé…

Est-ce que tu penses que votre disque va être prochainement distribué en France ?
J’espère, on va essayer de faire distribuer tout le catalogue Music Maker, et pourquoi pas un Music Maker Tour en France prochainement…

Que penses-tu de ta popularité en France et à Paris en particulier …
Oh, elle grandi petit à petit…

Le bouche-à-oreille… Que penses-tu du public d’ici ?…
C’est une surprise mais ce n’est pas un choc à cause de votre réputation, tu sais, il y a beaucoup de rumeurs et d’histoires aux States du genre « Eh ! il faut aller en Europe, c’est génial… Il y a vraiment un accueil formidable là-bas… »
Aujourd’hui, quand des musiciens me questionnent sur mon expérience, il me demande : « est-ce qu’on t’aime vraiment comme ça en Europe ? » je leur réponds : « Non, non, c’est trop horrible, reste chez toi, reste à la maison » (rires)…

Beaucoup de guitaristes sont accros au matos, fais-tu parti de ceux-là ?
Yaeeees ! Oui, j’ai besoin d’ampli à lampes… Je joue uniquement avec des lampes, la combinaison de la guitare et du pick-up, c’est très important pour mon son…

Parle-nous de ta guitare…
Une Gibson, LGO 1962…

Pourquoi cette guitare en particulier ?
Oh, un jour en Georgie, on était embarqué pour un long trajet vers un concert et à moitié route, on a décidé de s’arrêter dans une ville, chose que je faisais jamais… Il y avait un magasin d’instruments et machinalement on a décidé d’aller y faire un tour. Tout au fond de ce magasin, j’ai aperçu une Gibson, mon cœur à commencé à battre comme si j’étais amoureux. Le coup de foudre…

Tu l’as adopté tout de suite ?
Non, j’avais déjà une guitare et surtout je n’avais pas l’argent… Mais je pensais sans cesse à cette guitare et une semaine après ma guitare a eu un gros problème… Alors, j’avais besoin d’une nouvelle guitare, (rires)… C’était une 58 mais on me l’a volé, 2 ans plus tard, une semaine avant un important concert avec Taj Mahal à New York… Depuis j’ai cette Gibson de 62…

Côté slide, dans le dernier Crossroad Magazine, Napoléon Washington déclarait que souvent c’était la guitare qui décidait et qu’en quelque sorte, elle prenait les commandes du son… Partages-tu cet avis ?
J’ai envie de prendre un Joker, il faut déjà que la guitare soit bien réglée, l’action des cordes etc…

C’est toi qui décide, alors ?
Oui, j’espère (rires)… Mais de temps en temps la guitare devient folle, méchante, quand tu rentres à la maison et que tu n’as pas joué une guitare depuis longtemps elle est jalouse, comme une femme. Les choses faciles deviennent difficiles, elle fait des difficultés tout comme une femme… Alors, quand tu prends un peu de temps et petit à petit, elle redevient docile, elle a besoin d’attentions tu sais…

A qui as-tu envie de dire merci aujourd’hui?
A Katerina, David Rolland… (ce dernier est musicien et programme le centre tchèque)…
Et à des millions de personnes… A tous ceux qui accueillent notre musique le cœur ouvert…
J’ai envie aussi de remercier Cora Mae Bryant…

Cora Mae Bryant ?
Son père était Curley Weaver, un des meilleurs amis à Blind Willie Mc Tell, tu sais que beaucoup de voix sur les enregistrements de Mc Tell sont faites par Curley Weaver, la mère de Curley, Savannah Weaver jouait de la guitare à l’église, elle a initié Barbecue Bob, Charlie Hicks… Savannah est la grande prêtresse du blues…

Comment as-tu rencontré Little Joe ?
C’est Joe qui est venu me voir… C’était son choix… La première fois que nous avons joué ensemble c’était en 1999, On était en tournée Music Maker avec Taj Mahal, quatre ou cinq artistes Music Maker et mon groupe, nous jouions des fois comme Backing Group. Il y avait plusieurs combinaisons chaque soir… Nous avons fait Soixante concerts sur des grandes scènes ; Los Angeles, San Franscico, Dallas, Washington DC, New York … Quand nous sommes revenus à Atlanta, nous étions comme des héros qui revenions à la maison (rires)… Nous avons invité tous les artistes que nous avions croisé sur la route comme Pine Top Perkins (Chicago), Charlie Musselwhite (Denver), Ernie K Doe (New Orleans)…
Ernie est une star à New Orleans, tu connais son titre « Mother In Law », nous avons joué 6 heures avec lui… un concert énorme et intense, c’était au Hollin’ Wolf de New Orleans…

Revenons à Little Joe, si tu veux bien… (rires)
Donc la première fois que j’ai rencontré Joe, c’était au Cotton Club d’Atlanta au retour de cette tournée devant 2 000 personnes… C’était bourré à craquer quand nous sommes arrivés sur scène les gens hurlaient criaient, c’était de la folie… Tu sais que Lori Beth (la chanteuse de Mudcat) n’a pas pu rentrer, elle a dû retourner chez elle… Il y avait des centaines de personnes dans la rue… Un grand moment, tu peux me croire…

Certains te présentent comme l’antidote aux clones de SRV ? Est-ce que ça t’amuse d’entendre ce genre de choses à ton sujet ?
Je le prends comme un compliment, Stevie était un grand guitariste, mais les clones m’ennuient, tu sais en Georgie nous avons un gros problème avec les imitateurs des Allman Brothers, je ne peux plus écouter les Allman… C’est grave, ces mecs reprennent les solos note pour note même les impros de vingt minutes… Tous ces gars sont fan de Dickey Betts, Mais Dickey écoute beaucoup de Jazz, de cuivres c’est de là que vient son inspiration…

Tu connais Dicky Betts ?
Oui j’ai joué avec lui, Derek Trucks, Jimmy Herring du Dead , au Costa Rica lors du concours de Pêche organisé pour récolter des fonds pour notre fondation… C’estTaj qui est mon professeur de pêche, il venait me réveiller à trois heures du matin pour aller taquiner le marlin, c’était fou… Le soir on faisait le Bœuf et je devais chanter car les autres ne chantent pas … Epuisant ! A la fin du concours il y a un grand concert ouvert au public, c’est un événement important au Costa Rica… En 2005, la troisième édition du concour se déroulera du § au 12 février… (en savoir plus)

Comment la fondation Music Maker reverse-t-elle les fonds récoltés…
Music Maker organise des festivals des concerts, mais aussi pour les plus anciens qui n’ont plus rien, la fondation paie les loyers, les médicaments ou alors tout bêtement des instruments de musique pour rejouer et réenregistrer, pour chaque personne c’est différent, c’est vraiment une aide personnalisée. Il y a une centaine d’artistes qui reçoivent un chèque tous les mois…
La fondation a passé un accord avec ITunes Music Store le site de vente de musique en ligne et on peut trouver tous les enregistrements facilement, il y a aussi les disques de Mudcat…

Comment tu te sens avant le show de ce soir ?
Normalement avant les concerts, la nervosité me donne de l’énergie…

Tu aimes les interviews ?
Oui, comme tout le monde qui a un ego… (rires)

Tu as une bonne énergie ce soir ?
Non …

Tu aimes cet endroit ? tu aimes jouer ici ?
Oui, c’est un de mes endroits préférés à Paris…

Comment vois-tu Mudcat dans 10 ans ?… Tu t’imagines en vieux Bluesman ?
Je ne sauterai probablement pas de la scène, mais j’ai toujours la même personnalité comme il y a vingt ans… J’ai beaucoup plus d’expérience aujourd’hui, je peux me concentrer sur mes choix… Il y a quatre ans quand nous sommes arrivés à Paris nous jouions dans la rue ou dans de tout petits cafés… et aujourd’hui je joue dans une cave de Saint Germain des Près… Je savoure… J’espère être simplement meilleur dans 10 ans…

Merci Dany…

Propos recueillis Par Docteur Blues
Paris, le 26 novembre 2004

Docteur Blues TV spécial “Mudcat”
Exclusif : Backstage en 2005 à Paris

https://www.docteurblues.fr/wordpress/?p=279

 

les 5 derniers articles de Jérôme Travers

0 Commentaires

Laisser une réponse

DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?