Like young people, the elders are also fighting…

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Tous les jours, les tweets, les propos et les actes du patron de L’Empire font la une de nos médias sous toutes formes. Nous en oublions que la société civile résiste et que les combats menés par les gens simples qui tous les jours remettent leurs convictions sur l’ouvrage ne peuvent être ignorés de nous. Nous ne voulons citer ici que deux exemples parmi les nombreuses productions qui remettent en cause les anathèmes, les injures et insultes du 45e, et toutes les deux émanent de personnes qui ont derrière elles quelques années de combat à leur actif.

Prenez Watermelon Slim, de son vrai nom William P. Homans III. Sa dernière production Church of the Blues nous est livrée dans un beau digipack où le septuagénaire pose dans une tenue digne d’un patriarche blanc traditionnel du sud. Couturé, balafré, cet ancien du Vietnam, militant du Vietnam Veterans Against the War, outre ses combats contre la guerre n’en oublie pas moins d’autres aspects de la vie actuelle aux USA. Ainsi de Mni Wiconi The Water Song où sur la guitare incendiaire de Joe Louis Walker, il nous balance en douce que si nous ne faisons pas attention à l’eau que nous utilisons, nous ne faisons pas attention à qui nous tuons, titre qui se termine par des envolées de cuivre. Ou bien le titre Charlottesville (Blues For My nation) véritable brulot contre les suprematistes blancs qui relèvent la tête, quasi assurés de leur impunité. Celui qui prétend pratiquer un Post Modern Blues n’en oublie pas ses qualités vocales sur Holler # 4 sur un tempo qui donne des sueurs à un cardiaque (et nous savons de quoi nous parlons) tant cela rend une intensité jusqu’à l’arrivée de l’harmonica qui nous fait redescendre à des battements normaux. Sans oublier ses excellents solos de slide endiablés qui parsèment l’album.

Watermelon Slim lors d’un concert au Tennessee Café à Paris le 25 octobre 2016 – © Miss Béa

Mais n’allez pas croire que ce disque ne soit qu’un prétexte à cet ancien camionneur, cultivateur de pastèque, ami personnel d’Howard Zinn (oui celui qui a écrit Histoire populaire des Etats Unis) de régler ses comptes avec la société.

Cet album qui essaie de concilier l’Eglise et blues y arrive très bien et ce à travers le choix judicieux de reprises de grands noms (Get out of my life woman d’Allen Toussaint, Gypsy Woman de Muddy Waters, Smokestack Lightning de Howlin’ Wolf ou 61 Highway Blues de Fred McDowell). Avec quelques invités prestigieux (outre Joe Louis Walker à la guitare déjà cité, Bob Margolin (sur 3 titres) Nick Schnebelen (ex Trampled Under Foot) sur un titre, Albert Castiglia sur 2 titres, Ike Lamb (guitarist originel des Workers qui accompagna Bill Homans à ses débuts) sur 2 autres titres sont présents ainsi que Sherman Holmes et John Nemeth pour des parties vocales, Watermelon Slim se livre à une véritable relecture du blues traditionnel.

Pour finir, nous n’aurons certainement pas l’occasion de voir Watermelon Slim accompagné d’un tel aéropage et c’est bien dommage. Mais c’est bien d’un excellent album dont il s’agit et qui ensoleille ce début d’année.

Autre album qui nous réchauffe le cœur, c’est celui de Mavis Staples Live in London. Là encore regardez bien la couverture de cet album. dans son coin comme sur un ring ce petit bout de femme, poing fermé (non elle ne tient pas un micro, celui-ci est de l’autre côté à droite quasi dans l’ombre) repart au combat et ce malgré les aléas de la vie. A  79 ans, elle pourrait se reposer sur ses lauriers, elle pourrait se dire dépassée, ne plus vouloir se battre pour ce qui fut la structure fondamentale de sa vie avec sa famille. Depuis 60 ans, Mavis que ce soit au sein des Staple Singers menés par son père, ami personnel du pasteur Martin Luther King, ou que ce soit sous son propre nom n’a cessé de défendre une idée qui se résume à un noir est un homme comme les autres. 

Mavis Staple au Cahors Blues Festival le 11 juillet 2017 – © Miss Béa

L’ancienne Staple Singers qui a chanté I had a dream n’a pas oublié ses combats et cet enregistrement en est une preuve ne serait ce qu’à travers les titres de ses chansons (What You Gonna Do, You Are Not Alone, No Time For Crying, Can You Get To That, Let’s Do It Again, We’re Gonna Make It,…) Mavis n’oublie pas ses origines chicagoanne (Take Us Back)  et ne renie rien de ses combats et termine pas un formidable Take a Hand (Make A friend)  poignant digne de la grande époque des Staples Singers.

Le concert capté ici est celui réalisé à l’Union Chapel à Londres les 9 et 10 juillet 2018. Suivie et servie par ses fidèles accompagnateurs Rick Holstrom à la guitare électrique, Jeff Turmes à la basse, Stephen Hodges à la batterie et par Donny Gerrard et Vicki Randle aux background vocals, Mavis nous démontre une fois de plus que l’âge n’a pas de prise sur elle. Elle nous en avait administré la preuve tout juste un an plus tôt lors du festival de Cahors où malgré un public un peu clairsemé, elle avait prouvé qu’elle avait gardé la voix grave et merveilleuse qui fut la sienne et que celle-ci est toujours intacte.

Long life lady ! We need you for a long time !

 

Serge Sabatié, photo Miss Béa

 

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