Les petits nouveaux du Massachusetts

Crooked Still – « Shaken By A Low Sound »
Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais plongé en plein milieu d’une bataille féroce entre le bien et le mal. En fait, entre des hordes de furieux banjoïstes hillbilly et un monstrueux chœur gospel dont les chanteurs venus de toutes les églises baptistes des alentours hurlaient « Oh Happy Day »… Moi, avec ma mallette de toubib et mon Stéthoscope en guise d’écouteurs de mon Ipod préféré, j’étais coincé entre les deux camps armés à m’efforcer sans succès de pacifier et de réconcilier toute cette furie.
— Nous n’en sortirons donc jamais !!!
Je me réveille… Je suis debout au beau milieu de mon lit brandissant à bout de bras « Shaken By A Low Sound » le nouvel album des Crooked Still.
Les Croûtes… Quoi ? Les CROUKID STILL, je te dis !
Oui je sais, je sais, je sais : vous allez encore raconter que le Doc, il a fumé la moquette, les effets secondaires des Beauferies de la Place de la Concorde… Non vous n’y êtes pas, en fait c’est de la faute du Kingbee. Il n’avait qu’à pas m’envoyer ce Cd… Alors tant pis pour vous !

Dans la lignée du groupe Nickel Creek, Crooked Still est un quatuor de newgrass établi à Boston. Depuis 2001, ces jeunes gens s’adonnent à la musique débranchée, sans batteur, ils n’utilisent que très rarement l’instrument roi : la guitare.
Alors ? Avec quels instruments jouent-ils ? Et bien… euh, violoncelle ! euh, Contrebasse… Banjo… Voilà c’est simple, non, il fallait y penser… Les trois instrumentistes : Rushad Eggleston, le respectable Doctor Gregory Liszt et Corey DiMario sont réunis autour de la chanteuse : Aoife O’Donovan… (oui, la Aoife des fameux Wayfering Stranger pour ceux que ça intéresse). Aoife O’Donovan, alors, c’est la voix qui tue, qui vous remue les tripes. Vous imaginez qu’avec un nom pareil, les vieux airs traditionnels sonnent Irlandais à souhait… Alors quand les Crooked Still ont l’idée lumineuse de reprendre « Come on in my Kitchen » c’est le bout du tunnel, la fin du cauchemar ; ce qui me ramène au début de cette chronique dont j’ignore encore à l’heure où j’écris ces lignes sur quels chemins elle va nous entraîner, sinon à savourer, à votre bonne santé, une pinte de Guinness bien fraîche.
Aoife, elle, elle sait où elle veut aller, la jeune femme, survole l’album de bout en bout avec une délicatesse et une légèreté rarement égalée. Certains diront Norah Jones… Je les comprends. Mais Aoife à cette nostalgie Celte dans le timbre de sa voix et une aisance à chanter dans le souffle qui lui permet une interprétation en nuances à la Billie Holiday ou plus près de nous Madeleine Peyroux … (Et puis la petite Norah n’a pas besoin de publicité)
Attention, les trois compères de Crooked Still ne sont pas en reste. J’apprécie les lignes de contrebasse, qui amènent toute cette tension en créant des espaces (Can’t You Hear Me Callin’) rythmé par un banjo faisant oublié l’absence de batterie (Mountain Jumper). L’ensemble est rafraîchi par le givre des riffs de violoncelle (Ecstasy) l’écoute de ce titre ne vous laissera pas indifférent. De cette atmosphère se dégage une puissance et une modernité qui réaniment sans concession et sous un jour nouveau de vieux airs populaires des années vingt.
Alors que nous venons de redécouvrir l’étonnante Karen Dalton , ne manquez pas ce nouveau chaînon manquant qu’est Crooked Still.

http://www.crookedstill.com/
http://www.signaturesounds.com/
http://myspace.com/crookedstill

Docteur Blues

 

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