Les Mountain Men against le vent…

Les Disques

Mountain Men • Against the Wind • Echo Productions / PIAS
Un nouveau disque des Mountain Men est comme un courrier qu’on attend avec impatience. On ouvre la boite à lettres tous les jours pour voir s’il est enfin arrivé. Puis, dès qu’on en a pris possession, on le déguste tel un plat amoureusement cuisiné. Un nouveau disque des Mountain Men est comme des retrouvailles avec des amis de longue date que l’on n’a pas eu l’heur de voir depuis des lustres et que l’on est toujours des plus heureux de retrouver car ces amis ont toujours quelque chose à dire, des aventures à nous narrer, des trouvailles à nous montrer.

Against the Wind démarre fort avec Never Give Up et la voix sublime de Mr Mat renforcée par les envolées lyriques des harmonicas de Barefoot Iano. L’aventure continue avec Ride it all the Way. Chaque phrase du chanteur est ponctuée par les joutes de l’harmoniciste. Moving Forward nous emmène encore plus loin avec son phrasé tubesque et sa guitare incandescente.

Avec les Mountain Men, on ne se soucie plus de savoir si c’est encore du blues, si c’est devenu de la pop ou de la chanson française , c’est avant tout et surtout de la musique mountainmenienne.

Le morceau en plage 4, Comme Si, est en français. Il s’agit d’une chanson lucide mais cynique sur l’ubiquité de notre personnalité, de la nature humaine en son sens général. A la fois l’Ange et la Bête selon Blaise Pascal. Quelques traits sur l’enfance manquée ou marquée. Nous sommes ici dans la chanson la plus personnelle des Mountain Men. Un souvenir d’enfance qui n’en est pas un. « Je suis comme tous les gens de mon monde / Côté pile, le gentil, côté face, la bête immonde. » La chanson se finit dans un murmure comme un secret échangé. Le titre suivant, Same Old Thing, est plus joyeux comme en sortie de rêve. Un refrain efficace pour sortir de l’émotion enivrante provoquée par Comme Si. Spoonfed offre la part belle, une fois n’est pas coutume, à la guitare électrique. It’s a jungle outside. Et plus loin ; This one for the kangaroo. Clin d’oeil à l’Australie natale de Ian. Puis vient la formidable reprise de Georgia on my Mind que ne renierait pas Ray Charles lui-même. Une version qui, crime de lèse majesté, occulterait par moments, celle du Roi Charles, avec un long solo d’harmonica qui s’envole comme s’il n’était apprivoisé alors qu’ici, tout est maîtrisé.

Deux autres chansons françaises sont du voyage. La Nouvelle Tare qui raille avec humour certaine émission de formatage télévisuel en un superbe pied de nez à la petite lucarne, eux qui sans elle, sont des vedettes à part entière. Le Jour où il a Plu dans ma Chambre est un poème au texte magnifique, histoire de clore en beauté ce disque somptueux.

http://mountain-men.fr

 

Claude Dannic

 

 

 

 

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