Les Etrangers familiers : Un salut à Georges Brassens

Certains pourront être surpris de trouver une telle chronique dans nos colonnes, dédiées à la musique du diable et ses dérivés. Mais point d’œillères chez Docteur Blues où beaucoup parmi ses rédacteurs ont l’ouverture d’oreille pour écouter d’autres musiques ! (Il est assez paradoxal de parler d’œillères à propos de l’organe qui nous sert à l’écoute, n’est-il pas ?) Combien parmi nos french musicos n’ont commencé à s’écorcher les doigts à s’en faire saigner sur des tablatures de tonton Georges ? Revenons à notre chronique et disons-le tout net, si certains s’attendent à retrouver l’hommage compassé et bien pensant à l’œuvre de notre moustachu disparu il y a plus de vingt cinq ans, ils seront surpris pour le moins, si ce n’est déboussolés par ce double album qui offre au total 27 reprises.
Tout au long de ces morceaux, nous avons droit à la reconstruction de chaque thème de Brassens avec la volonté d’une respectueuse irrévérence (ou d’un irrévérencieux respect ) par rapport à l’original.
Les Etrangers Familiers (collectif constitué de Loïc Lantoine, Eric Lareine et de l’ensemble Les Musiques à Ouïr sous la direction artistique de Denis Charolles que l’on retrouve également à la percutterie, arrosoir, graviers, clairon, guitare et au chant, de Julien Eil à la flûte traversière, clarinette basse, sax baryton, synthétiseur et au chant, d’Alexandre Authelain au saxophone ténor, clarinette, synthétiseur, de François Pierron à la contrebasse et Joseph Doherty au saxophone, violon, flûtes, guitares, banjo et chant) s’en donnent à coeur joie au fil des plages pour nous bousculer dans notre connaissance de l’œuvre initiale. En français, en anglais, allemand et même en chti, Brassens est revisité, repétri et restitué dans des ambiances qui peuvent aller de la tarentèle au free jazz ou à la révision pure et simple de l’original et ceci sans paroles (la Chasse aux Papillons, Les Bancs Pudiques). Par moment nous avons l’impression que Tom Waits a traversé l’Atlantique pour aider à cette revisite du répertoire de Brassens.
Je ne m’étendrais pas sur le parcours iconoclaste des individus constituant ces Etrangers Familiers qui se sont retrouver sur ce projet.
Durant ce printemps vous pourrez les retrouver sur quelques scènes tant parisiennes que provinciales.
Alors surtout s’ils passent près de chez vous, allez jeter vous aussi une oreille, vous en reviendrez régénéré, car comme le dit Denis Charolles en présentation de ce Salut à Brassens : “Vivre tout cela ensemble, oui tous ensemble, cela donne du sens à nos angoisses et de la force pour les mille années à venir. Vive la poésie, vive l’anarchie, vive la chanson francèèèèèèèse!!! ”

Serge Sabatié

 

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