Les Big Dez ont (encore !) le sourire…

Big Dez – You can smile – Why not – nocturne 2008
C’est une évidence, ce nouveau CD de Big Dez “You can smile” est dans la continuité du précédent “Night after night”… tout en étant différent, plus cuivré. Bref, ceux qui ont aimé le précédent – et ils sont nombreux – devraient aimer celui ci. Pour reprendre une expression utilisée par les journalistes sportifs “on ne change pas une équipe qui gagne !” En effet, cet album a été enregistré comme le précédent à Austin, Texas, mixé comme le précédent par Stuart Sullivan et produit toujours comme le précédent par Philippe Fernandez (alias Big Dez) lui même… Au niveau des musiciens du groupe, il y a là aussi une stabilité, Big Dez étant toujours entouré des fidèles Bala Pradal (piano/orgue), Marc Schaeller (harmonica) et Rodolphe Dumont (guitare), seule la section rythmique ayant changé. Parmi les invités sur ce nouveau CD, on n’est pas surpris de retrouver le toujours excellent “Sax” Gordon Beadle qui a souvent accompagné Big Dez lors de récents concerts. Et puis, il y a un autre invité de marque Preston Hubbard ex Roomful of Blues et Fabulous Thunderbirds qui joue de la basse sur cinq titres.

Là où le précédent sonnait résolument “blues Texan”, celui ci est plus cuivré avec des sonorités plus funky, il s’agit pour moi d’un cd de rhythm & blues. Il comporte treize titres, onze compositions et deux reprises “You don’t know what love is” de Fenton Robinson et “Shake your moneymaker” d’Elmore James. Si le choix de ce dernier titre peut surprendre ici, il faut préciser que ce titre est comme réinventer, je dirais presque comme dépoussiéré (mais je n’aime pas trop cette expression), en tous cas, il est joué de manière très différente de la version originale, avec beaucoup de pêche et de fraîcheur.

A vrai dire, à l’écoute de ce CD, on n’a pas vraiment l’impression de découvrir un CD de guitariste, Big Dez ne tire pas la couverture à lui. Pour être caricatural, il n’y a pas une succession de solos de guitares interminables, mais plutôt un équilibre entre les différents instruments, les musiciens du groupe et les invités où chacun trouve naturellement sa place. Les caractéristiques de ce CD sont cohérence et maturité. Je veux dire par là qu’il y a un véritable travail au niveau du son que l’on retrouve sur l’ensemble des morceaux, il y a une couleur originale que l’on retrouve même sur les deux reprises, ça n’est jamais dans le style de tel ou tel grand bluesman c’est tout simplement (si j’ose dire) du Big Dez !

Ce cd aborde les thèmes habituels du blues, l’amour, les femmes, les difficultés du quotidien etc… Maintenant, il y a quand même une chose qui me gêne un peu, ce sont les cœurs féminins, je n’ai jamais aimé les cœurs. Et puis, il y a cette pochette que je ne trouve pas très belle, confuse (voire même bordelique) et minimaliste avec juste le “minimum vital”, les titres et le line up mais pas plus de précisions, pas de bio ni les textes des morceaux. Néanmoins, j’aime beaucoup les photos noir & blanc des musiciens jeunes (sous le disque). La photo de Gordon Beadle moustachu est particulièrement drôle ! de même que celle de Bala Pradal chevelu et barbu, très sérieux derrière son piano.

Pour employer une autre expression du jargon sportif, je dirais que l’essai a été transformé !

C’est un CD qui confirme tout le talent et le potentiel et la personnalité de Big Dez

A vrai dire, quand on écoute ce CD, on n’a vraiment pas l’impression d’écouter du blues français, ça sonne comme un disque américain (y compris au niveau du chant), je dirais même comme un bon disque américain !

Cet album est une réussite indéniable, Big Dez est de plus en plus “big” (sans qu’il ne soit question de kg ou de cm)…

Jocelyn

 

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