Le Charmeur de Serpents

Ronnie Earl and The Broadcasters “Grateful Heart” – 1996
Oh merci Ronnie… Et dire que je te connaissais bluesjumper au tempérament de feu tout frais moulu quand tu remplaces le Duke au sein du mythique Roomfull of Blues… Et voilà que tombé du ciel, m’arrive en plein cœur ton magnifique « Grateful Heart ». Je monte le son, je prends mes aises pour leur parler de tes ambiances feutrées et sensuelles qui pourraient ramollir le cœur des plus terribles belles mères.

Ah Ronnie, tu t’y connais pour faire fondre les cœurs et monter graduellement la température. Ton touché, ton phrasé au service de mélodies intemporelles sont autant de preuves de ton talent.
Des mélodies qui accompagnent ces moments magiques qui font parfois partie de notre vie…

Mais je vous vois venir, vous vous demandez bien ce qui arrive au Doc pour vous parler guimauve à l’eau rose et tutoyer Ronnie comme si tu étais mon voisin, juste là, accoudé au bar… Et Bien c’est que parfois le blues est plus présent, plus lourd à supporter… Vous voyez ? Quand il est lové au fond de vous comme un serpent. Chacun a le sien, plus ou moins gros, plus ou moins sournois… Vous commencez à voir de quoi je parle ?… Toi tu sais… La musique accompagne souvent les grands moments de doute ou de bonheur… Tous les « Hotel California » pour les slows, tous les soli de Rory Gallagher pour les premiers joints ; tous les trucs à part pour la première nuit, du genre « Beds too big without you » de Police… Et puis un jour, vous écoutez LE disque qui rassemble tout ça, comme la bande son de votre vie et vous savez pourquoi…

Toi Ronnie Horvath, t’es né dans le Queens en 53, tu commences la gratte sur le tard et tu bouges, direction l’Université de Boston. Très vite, on te retrouve pour la jam au Speakeasy derrière Big Mama Thornton, Otis Rush et Big Walter Horton. Tu changes aussi ton nom, hommage à Earl Hooker.
En 79, tu rentres chez les Roomfull, huit années d’apprentissage, de galère d’alcool sur la route de club en club, tu prends des épaules, t’as le feeling… Alors, tu signes pour une carrière solo chez Black Top (j’ai ton « Peace of Mind » en vinyle). Huit albums plus tard, tu quittes le label de New Orleans. L’aventure continue chez Bulleye Blues…

Depuis toujours tu es passionné par le Jazz, sur les traces de Coltrane, Kenny Burrell, Duane Allman, tu réalises le crossover parfait : « Grateful Heart » est désigné « album de l’année 1996 » pour le magazine Downbeat ! Et bien ce canard avait bougrement raison !
Avec ton groupe les Broadcasters, renforcé par David Fathead Newman au sax, vous nous offrez douze instrumentaux aux sympathiques accents de la douce reverb de ton ampli Fender… Tu atteins les sommets aux alentours des plages 7 « for Abby » et 8 « Isabella ». Volupté et espérance… Question de timing, baby…

On a tellement besoin d’amour comme tu le signes sur la postface de ton disque. L’amour est le dénominateur commun de toutes tes compositions : L’amour de la musique, l’amour du son, Quête sans fin de cette mystérieuse note bleue. Ceux qui croient que tout ça c’est du sucre Candy se gourent, laisse les de côté, reprends ta guitare, plug it and play some blues, man… Joue pour nous, fais nous oublier ces dimanches de merde quand les serpents se réveillent et nous taraudent l’âme…
Merci Ronnie…

www.ronnieearl.com

le Doc

 

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