Le blues est quelqu’un qui m’adore…

Il y a quelques jours, un débat intéressant animait la Chaîne du Blues* (LCDB pour les membres). Les mails traitaient du salaire des musiciens, des lieux Blues et de spectacles vivants, musiciens amateurs et professionnels. Les différents degrés d’amertume exprimés dans ces mails ne faisaient que refléter la morosité ambiante… Le réseau des lieux Blues se réduit comme une peau de chagrin et nous nous retrouvons amateurs et professionnels à chasser le cachet sur le même territoire. La gazelle se fait rare et certains d’entres-nous crèvent la dalle, disparaissent, découragés…

Cela fera deux ans que le dossier des intermittents déchire le paysage culturelle français, alors qu’un cinquième rapport sort ces jour-ci et que des renégociations sont attendues à la rentrée, les peaux-bleues que nous sommes, avons bien du mal à trouver de quoi becter. Le pire serait de nous bouffer entre-nous. Le bluesman cannibale, il n’y aurait qu’un pas.
Pourtant la tradition « Jazz and Blues » a toujours privilégié le bœuf au fond de salles brumeuses où ça sent bon la frite et le rôt rance du motard joufflu humecté à la bière belge. Non, je ne fais pas de discrimination, je connais moi-même des motards, ce sont des gens très biens sous tous rapports.

Il est également vrai que certains jouent à la guéguerre ou a celui qui aura la plus grosse.
Est-ce une tradition également ? Oui peut-être, ça nous assure le turn-over…
Aussi par exemple l’Artpuces Café, ce très bel endroit que nous avons, tous, beaucoup apprécié a rendu les armes sur fond de fratricide… La distribution des cartes change de main en permanence. Quand la crise est là….

Pourtant, loin de moi l’idée de jeter la pierre à qui conque car d’autres lieux émergent où se produisent d’autres musiciens, d’autres DJs. Oui, c’est toujours possible. Des quartiers (je parle de Paris) drainent un nombreux et jeune public. Ayons l’esprit conquérant les amis !

Nous avons besoin d’endroits ouverts (esprit ouvert) où de jeunes types pourront faire leurs armes et si le cachet n’est que le maigre contenu du chapeau, c’est pas si grave… Des concerts gratuits, oui, oui… Il n’est pas question de casser le marché bien au contraire mais de créer les conditions pour qu’il y ait un marché vivant du blues. Outre les festivals, le blues doit conquérir de nouveaux aficionados, notre public vieilli et nous avec lui. Heureusement notre penchant pour la bonne musique pourra nous permettre de saupoudrer notre blues de soul, notre folk de funk. Le blues est quelqu’un qui m’adore…

Le Doc

photo : dernière de l’Artpuces Café, Mai 2005

 

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