L’ame du Blues : suite au débat sur Greenwood

Chronique de Bars et Café philo

Amis Greenwoodiens, bonjour
J’ai lu avec attention votre débat à propos de l‘âme du Blues. Très intéressant dans le sens où les principaux arguments sont là. Le lecteur se fera une opinion (… ou pas, peu importe), comme d’habitude.
Pour ceux qui l’ont pas lu : http://gazettegreenwood.free.fr/an2002/n41/numero41.htm#ame
Sans prendre une position tranchée, je tenais à réagir, et peut être (modestement) proposer une autre perspective.
Qu’on tienne compte du contexte historique dans la définition du « Blues authentique », admettons. Mais vous ne parlez que de l’histoire du Blues après le « Big Bang » : je veux dire après l’esclavage et les champs de coton.

Maintenant, voici le point de vu « historique » d’un ami Africain, Togolais, chanteur et bluesman renommé sur son continent, qui me dit toujours : « le Blues, c’est comme le cacao, parti de chez nous et qui nous reviens sous forme de chocolat ». C’est son avis et il le partage. Malheureusement, on a pas d’enregistrements réalisés en Afrique au 17 et 18e siècle. Mais j’ai moi même vu et entendu des type de 60 à 80 ans au Togo qui font du Blues, leur Blues, pas toujours 12 bars, mais bon JLH non plus … Ces artistes sont des gens très simples. Ils ne sont pas produits. Pour certains d’entre eux, leurs chansons sont connues mais pas leur nom.

Donc si je m’en tiens à la définition « canal historique », il faudrait considérer que ces gens, n’ayant pas connu l’esclavage et ses suites, véhiculent autre chose que l’âme du Blues. Même si, par exemple, toutes les histoires de Crossroad, les personnages comme Legba font bel et bien partie intégrante de leur culture. J’avoue que j’ai du mal à m’y faire.

Si on admet que l’âme du Blues était déjà présente dans certaines cultures Africaines avant que la rencontre avec les formes musicales européennes ne produise le Blues tel qu’on le connaît au 20e siècle, alors on se rapproche peut-être d’une définition plus « universelle » de l’âme du Blues. Car si on admet que l’âme originelle du Blues (si tenté que ça ait un sens, mais allons au bout du raisonnement) a survécu à la rencontre des musiques blanches, pour quoi ne pas admettre alors une continuité de cet esprit Blues, traversant les époques, les rencontres avec d’autres courants musicaux et, tant qu’on y est les frontières et l’océan Atlantique.

Si on n’admet pas ce principe, alors j’ai un problème : dites-moi dans quelle « catégorie » ranger les fossiles vivants dont je vous parle. J’aurai normalement bientôt des enregistrements, ça pourrait peut-être vous aider.

Très amicalement,
Papa Gombo

 

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