La vie en Bleu de Jeff Zima

Jeff Zima – What a Life! – Autoproduit
Jeff Zima est un musicien un peu à part dans le paysage Blues de l’hexagone. Faisant fi des étiquettes, son Blues est un immense collage constitué de plusieurs styles et d’origines diverses ; mais attention, n’y voyez aucun reproche de ma part, certains collages arrivent à côtoyer certaines toiles de grands maîtres. Bon alors Zima a abordé le Blues à la Nouvelle-Orléans, Augie Rodolla a été son mentor et durant plusieurs années, Jeff va faire ses gammes dans les rues, les bars, traversant la Louisiane, le Mississippi, l’Arkansas et le Tennessee.

Au début des années 90, il s’établit dans le Tarn, participant à l’aventure de plusieurs bands (Pig Meat, Spitbal Jones, Salty Gogs, The Glory Hogs). Le Blues de Jeff résulte d’un melting-pot mélangeant indifféremment Jazz, Boogies Woogies, Speed Bougies, New Orléans, Trash Blues Trad, Stomp, Ragtime, Yazoo, Delta Blues, Rockabilly, Slack Key, Hillbilly, Ragtime Guitar et Rock and Roll et j’en oublie très probablement quelques uns. Pour les amateurs, cela permet d’écouter tout un tas de tempos bigarrés, mais attention, il y a toujours une certaine marque de fabrique, une griffe. Un peu comme le guitariste louisianais Snooks Eaglin, mais évidement dans un autre registre, Zima arrive à absorber des tendances multiples pour ne garder que les meilleures.
Avec « What a Life ! » Jeff nous propose 21 titres dont 7 reprises inusitées (hormis un titre d’Elmore James et le « Flip, Flop & Fly » de Calhoun). Le titre d’ouverture, qui donne son nom à l’album, va donner le ton général et pourra faire penser à Thorogood ou aux Mudcats, mais avec la patte Zima. Jeff est magnifiquement secondé par une rythmique redoutable, puisqu’on retrouve Fred Jouglas à la contrebasse et Michel Jirkoff aux drums. L’ensemble est bien en place, les trois complices jouent ensemble depuis 1998. Réputé pour ses concerts, Jeff parvient à rendre ce CD studio authentique, énergique avec un son « crasseux » et teinté d’un certain humour. « Go and Be Happy To See Me Some Place Else » peut évoquer Arthur Smith, dans la manière de toucher les cordes. « Smooth And Salty » est une très bonne pièce, dans laquelle on prend plaisir à entendre les balayettes de Jirkoff pendant que Jeff fredonne, un peu à la manière de Slam Stewart. « Steam Locomotive Blues » rappelle Sleepy John Estes, tandis que « Knock Me A Kiss » permet à Zima d’endosser un rôle de siffleur.
Cette galette nous offre donc 65 minutes de Blues à la Zima, sans « overdubs », chaque plage semblant avoir été enregistrée en une seule prise ; le mariage de la guitare slide, fumante et débridée, de la voix espiègle gorgée de punch associé à une rythmique bien rodée ainsi qu’un choix judicieux pour le répertoire, devraient remporter une forte adhésion.

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Le Kingbee

 

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