La nuit des bluesmen morts vivants

Anthony Stelmaszack : Night of the Living Dead Bluesmen
“La nuit des bluesmen morts vivants” ! Quel titre pour un album de blues ! Il n’y avait guère qu’un individu descendu des Soucoupes Volantes pour donner un tel nom à un tel album. Et la pochette qui emballe la dite galette est à la hauteur de la dénomination. Sur fond gris noir où l’on devine quelques arbres et des tombes, quatre individus tout droit sortis d’un univers burtonien revisité par Joe Sfarr viennent poser leurs regards vides et inquiétants sur notre monde. Bravo à Sam Tchang pour l’emballage ! Il donne envie de se jeter sur la galette.
Au dos apparaît une mention nous informant que cet enregistrement est en mono, les quatre échappés d’outre-tombe s’étant réunis autour d’un unique microphone à la maison pour nous concocter ce vénéneux produit.
A ce stade, vous vous demandez si l’affaire vaut le coup. Ecouter de nos jours des enregistrements mono alors que l’industrie ne cesse de nous remasteriser des titres et des albums tombés dans le domaine public, quelle désuétude vous dites-vous !?
Bon mais pour le prix (10 €), vous vous laissez tenter. Vous rentrez chez vous, vous déposez la soucoupe de vinyle dans l’avaleur dévolu à cet usage et vous vous dites qu’au moins vous aurez toujours l’occasion d’apprécier la pochette.
Seize titres, 1 compo en fin d’album, 15 covers mais excusez du peu, c’est un panthéon du blues qui défile (Sleepy John Estes, BB King, Tampa Red, Big Bill Broonzy (2), Muddy Waters (2), Robert Johnson, Smokey Smothers, Hank Williams, Slim Harpo, Sonny Boy Williamson II, Jimmy Rogers, Casey Bill Weldon, Tommy Johnson).
Au final, ce qu’un groupe aux moyens d’enregistrement limités peut produire de plus attachant dans la musique bleue, car tout au long des titres, on ressent ce que beaucoup oublient dans des productions plus léchées : le groove et le feeling ! Un batteur qui swingue, balaie, virevolte (high fever boogie) sur les fûts ; un bassiste qui slame avec une joie perceptible (my bucket’s got a hole in it), joue de l’harmo en accompagnement (she moves me), qui emmène la rythmique, un piano qui boogiese sur certains titres (that ain’t the way to do, my baby she left me) et un guitariste qui rappelle qu’il aime le jazz avec une voix juste, jamais forcée. Un ensemble qui convainc dès la première écoute.
Ah oui, j’ai oublié de préciser les échappés de la crypte qui sévissent dans ce remake blues de Romero. Bien sûr, Anthony Stelmaszack à la guitare, lead vocals, accompagné de Thibaut Chopin à la double basse et à l’harmonica, Simon Boyer aux drums et Julien Bruneteau au piano, autant dire des morts vivants qui ont joué derrière tellement de monde que le parchemin sans fin sur lequel je me suis essayé à cette énumération tombe en poussière !
Le fait que ce soit en mono : aucun problème à l’écoute. C’est au moins un micro captant à 360 degrés qui permet un tel équilibre entre tous les musiciens. Après avoir hésiter, Anthony (et sa bande de décavés) a pris le risque de produire cette galette. Ils ont bien fait, car même si ce ne sont que des reprises, ces morts vivants nous démontre que le blues que certains enterrent régulièrement est bien vivant !
Alors n’hésitez pas, faites comme moi munissez-vous de ce puissant talisman pour que certaine nuit de pleine lune, ces êtres blafards ne viennent frapper à votre porte et ne vous fassent regretter d’être restés du mauvais côté de la vie. Une seule solution si vous voulez vous procurer ce CD faites-le savoir par e-mail via le site Myspace d’Anthony ou à cette adresse : tony_steel@caramail.com

Serge Sabatié

 

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