La Java du Diable, Remerciement à Cabu…

Chronique de Bars et Café philo

– C’est la crise, Monsieur vous comprenez. Il faut savoir s’adapter. Quand on veut se produire il faut réduire le nombre de musicos (moins on est plus on se partage les contrats) Regardez la techno a montré la voie.

– Ben ouais c’est ce que dis ma femme mais là dedans la musique…

– C’est la crise ! Les musiciens réduisent la voilure, Monsieur. Il faut savoir se vendre et pour cela avoir un profil de disponibilité en fonction des différents espaces où l’on veut se produire. Et quand on débute, mieux vaut tourner dans beaucoup de petites salles ou bistrots que d’attendre les contrats pour une formation de six ou sept personnes (ou plus) que les organisateurs ne peuvent plus se payer. Et puis regardez Monsieur le Machin ou la tribu Truc ils ont des projets à géométrie variable et savent se vendre en fonction des organisateurs.

– Oui la musique est aujourd’hui une industrie…

– Monsieur je vous le dis l’avenir est à ceux qui s’élèveront tôt au dessus des autres pour savoir se vendre ! Qu’importe l’éthique musicale et même si les groupes deviennent étiques.

– Oui mais comme le dit ma femme le feeling, le groove, l’émotion qu’apporte chacun…

– Dans l’industrie musicale, il est nécessaire de s’adapter Monsieur et de créer le besoin. Après, tout cela n’est qu’affaire d’attaché musical pour créer le besoin.

Cabu chantant avec Mano Solo : La Java du Diable extrait de Charlie Hebdo saute sur Noël et bouffe le Nouvel An

Oh, putain quelle gueule de bois m’a laissé le massacre du 7 janvier ! Voilà que j’écris comme les deux personnages de Georges Wolinski, l’amateur de musique cubaine. Peut être qu’il leurs manque les 2 verres  devant eux. Ou peut être est-ce moi qui ait trop noyé mon chagrin dans l’alcool. Celui-ci n’arrive pas à me faire oublier que les fanatiques le proscrivent comme ils veulent interdire toute expression musicale, en plus d’interdire les caricatures.

Eh M…! Ressortons un disque de la série Cabu Jazz Masters. Cela vaudra mieux ! un Billie Holiday  Un Strange Fruit où tout le monde savait que les idéaux de la dame allaient vers l’émancipation sociale que la société lui a refusé jusqu’à sa mort. Et pourquoi pas un Cd de reggae, de musique klezmer ou de blues malien

Au moins, cela servait (et sert) de marqueur pour  nous qui nous inscrivions musicalement et socialement pour la non discrimination et les droits civiques, pour les droits fondamentaux quel que soit la couleur de sa peau ou sa religion, pour les luttes communes pour avancer ensemble…

En remerciement à Cabu et à toute l’équipe de Charlie Hebdo (sans oublier ceux de l’Hyper Casher)

Serge Sabatié

 

les 5 derniers articles de Serge Sabatié

1 Commentaire
  1. paco 5 ans Il y a

    Ho putain…tu fous les boules Sergio! J’arrive plus à écrire depuis le massacre de la Bastille et de Vincennes…déjà que je me sentais largué avant pour d’autres raisons qui me paraissent aujourd’hui si dérisoires. Le Mano j’ai bouffé avec lui après ces concerts au Tourtour ou il avait débuté. Bon ok son guitariste Napo m’avait surtout fait rentrer parce que je m’étais branché avec deux routardes mexicaines qui se payaient leurs voyages en jonglants dans le métro. Deux perles chicanos à tomber. Le concert j’avais pas arréter de chialer. C’était notre Blues à nous ce mec. Parigo, punk, flamenco, yougo….et là l’entendre chanter avec Cabu…son père avec qui pourtant c’était pas simple…quelle émotion!

Laisser une réponse

Contact

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

En cours d’envoi
DOCTEUR BLUES © 1998 © 2016

Vous connecter avec vos identifiants

Vous avez oublié vos informations ?