Johnny Drummer, Bad Attitude

Johnny Drummer • Bad Attitude • Earwig Music Company
Cet album publié l’an passé et tombé quelque peu aux oubliettes méritait une seconde chance. Malgré une carrière de près de cinquante ans, le nom de Johnny Drummer reste peu connu dans l’Hexagone et pourtant cet attachant bluesman est venu en France en 2005. De son vrai nom Thessex Johns, Johnny est né à Alligator au cœur du Mississippi en 1938.

Baigné dès l’enfance dans une ambiance musicale (son beau père et ses trois frères pratiquent la guitare), il intègre à 7 ans le Kelly Brothers Bans, la chorale de sa paroisse. Elevé par sa grand-mère maternelle, il a l’occasion d’assister à de nombreux concerts, découvrant ainsi Ike Turner et Clayton Love. En 1954, il rejoint sa mère à Chicago. Il est appelé sous les drapeaux pendant trois ans, période durant laquelle il se met à la batterie. Démobilisé en 1959, il s’installe dans la Cité des Vents dans le quartier où vivent Walter Horton, Lovie Lee et Carey Bell. Il est alors recruté par Lovie Lee, Thessex soupçonnant son leader de l’avoir pris à cause de sa voiture. Il enchaîne dans le groupe d’Eddie King puis accompagne Billy « The Kid » Emerson. Il monte son groupe The Starlighters dans lequel joueront les guitaristes Sammy Lawhorn, Lefty Dizz, Johnny Twist et Eddie Shaw au sax. C’est à cette époque qu’il prend le nom de Johnny Drummer, après avoir vu film « Johnny Guitar ».

En 1965 il apprend l’harmonica ayant comme professeur Junior Wells.

A la fin des sixties Johnny Drummer & The Starlighters se produisent fréquemment dans le West et South Sides et servent d’accompagnateurs pour ZZ Hill, Willie Mabon, Denise LaSalle et Junior Wells. En 1974, Johnny intègre le département de la Police, pour lequel il travaillera pendant vingt ans. En 1975, il enregistre avec The Aces pour le label français MCM et grave un single pour Abco à la fin de la décennie. Au milieu des eighties, il décide d’élargir son répertoire en étudiant le clavier, instrument qu’il connaissait depuis ses douze ans. Il ne va alors cesser de se produire à Chicago et dans les grands festivals.

Mais c’est en 1999 qu’il enregistre son premier album « It’s So Nice » pour le label à l’effigie d’un perce-oreille. Deux autres albums s’ensuivront pour l’écurie de Michael Frank, dont l’excellent « Rockin’ In The Juke Joint » en 2007.

Ce nouvel opus vient contredire son titre, Drummer nous proposant une petite perle. Un mélange de blues, d’une pincée de soul blues, de bonnes mélodies auxquelles le chanteur accroche des textes entraînants par le biais d’une plume pleine de verve font de ce cd un cocktail savoureux. Drummer est à l’orgue sur 3 plages, à l’harmonica sur 4 et chante le long des 13 compositions. Il est épaulé par une solide équipe : les guitaristes Anthony Palmer (ex Lurrie Bell, Byther Smith et Eddie Taylor Jr.) et Sir Walter Scott, du bassiste Kenny Hampton (ex Koko Taylor, Cicero Blake, Nellie Tiger Travis) déjà là dans le précédent cd, d’où la bonne mise en place. Jeremiah Thomas et Terrence Williams (ex Candi Staton, Révérend Clay Evans) se succèdent aux baguettes, tandis que Ronnie Hicks (ex Chico Banks, Cicero Blake) se charge des claviers. Drummer s’est adjoint deux souffleurs le sax Rodney « Hotrod » Brown (ex Big Time Sarah, Deitra Farr) et le trompettiste Kenny Anderson (ex Mighty Joe Young, Jody Williams, Luther Allison et Syl Johnson) qui interviennent sur 9 titres apportant ainsi une ambiance cuivrée. Ici pas d’envolées de guitares superflues, les deux guitaristes font mouche en trois notes, une basse bien ronde et groovy, des cuivre en tapissage et un harmonica qui apporte une nuance Chicago Blues voir roots.

Sans être un chanteur extraordinaire, Johnny Drummer donne de la vie à ses paroles et parvient à nous faire rentrer dans sa danse avec une facilité déconcertante. Un album gorgé de convictions, bien produit, élégant et plein d’entrain. Johnny Drummer confirme son opus précédent. Si ce cd n’a pas fait la Une des revues spécialisées, n’ayez aucune crainte, il dépasse largement certaines productions qu’on essaye de vous refourguer à coups de slogans publicitaires ou de couvrantes indigestes.

http://www.earwigmusic.com/

Le Kingbee

 

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