John Mayall’s Golden Years 1963-73

British Blues

John Mayall est né le 29 novembre 1933 à Macclesfield. Son père, musicien de Jazz, l’initie très jeune à la guitare et au piano. Il fréquente l’école des beaux-arts à Manchester, tout en passant de longues heures à imiter la musique de Muddy Waters, Elmore James ou Sonny Boy Williamson…

Appelé sous les drapeaux, il passe trois ans en Corée et en sort marqué à jamais.
Redevenu civil, il gagne sa vie dans une agence de publicité, mais la musique sa seule passion le dévore.
John Mayall monte alors son premier groupe sérieux : The Blues Syndicate. Son nouveau groupe est très rapidement remarqués dans les pubs de Manchester par Alexis Korner une autre grande figure du blues en Angleterre.
Korner très impressionner, conseille à Mayall de s’installer à Londres, s’il veut continuer à vivre de sa musique.
En Janvier 1963, Mayall s’installe donc dans la capitale et part à la recherche de musiciens pour former la première mouture de son groupe, qui aura pour nom, « The Bluesbreakers ».
Après de longues auditions : Le bassiste John McVie, le guitariste Bernie Watson & le saxophoniste Nigel Stranger, sont retenus.

En Avril 64, John Mayall et ses Bluesbreakers signent avec Decca, qui publie dans la foulé « Crawling Up A Hill » et « My Baby Is Sweeter », malheureusement ces 2 singles passeront relativement inaperçu dans les hit-parades de l’époque mais permettrons au groupe de jouer dans les grands clubs de la capitale : tel que le « Marquee », le « Crawdaddy » et surtout le fameux « Klooks Kleek » où
ils décident d’enregistrer leur premier album « John Mayall Plays John Mayall »
le guitariste Bernie Watson à déjà laissé sa place à Roger Dean qui la cède peu de temps après à Eric Clapton alors en partance des Yardbirds.
Dès les premiers concerts, ce jeune guitariste prometteur semble prendre confiance en lui, il s’adapte parfaitement bien avec John Mayall, pourtant connu pour sa façon autoritaire de traiter ses musiciens.

A La fin du printemps 65, Andrew Oldham, manager des Rollling Stones et directeur du label Immediate, propose à John Mayall d’enregistrer le premier 45 tours des Bluesbreakers avec Clapton… Jimmy Page se charge de la production…
Sur la première face figure « I’m Your Witchdoctor », une composition de Mayall et en face B « Telephone Blues », un blues lent, incandescent, annonciateur du style Clapton…

Malheureusement, Clapton se lasse très vite des concerts quasi quotidiens des Bluesbreakers…
Début Août 65, Clapton et son ami le pianiste Ben Palmer décident de former un groupe d’amateur et de partir à l’aventure dans le Sud. (Grèce)
Evidemment, Clapton omet de prévenir Mayall de son départ, et les Bluesbreakers se retrouvent du jour au lendemain sans guitariste.
En Otobre 65, Clapton revient de son périple en Grèce complètement fauché, il rappelle Mayall et l’implore de revenir au sein de son groupe.

Voilà trois mois qu’il a quitté les Bluesbreakers et Mayall a bien essayé de le remplacer, mais aucun guitariste ne faisait vraiment l’affaire. Seul le dernier engagé semble prometteur. Il s’appelle Peter Green. Cela dit, John Mayall, trop content de l’aubaine n’hésite cependant pas une seconde à réintégrer Clapton…
Fin novembre, les Bluesbreakers enregistrent un nouveau titre pour le label Immediate, « On Top Of The World », toujours sous la conduite de Jimmy Page.
Le court solo en feedback de Clapton ne sauve pas un titre plutôt moyen qui, d’ailleurs, ne sera finalement pas édité en 45 tours…
Début 66, Mayall quitte Immediate suite à cet echec, pour retourner chez Decca Records qui publie pour l’occasion l’excellent single « Lonely Years » / « Bernard Jenkins »

Nous sommes en Avril 1966 quand John Mayall décide finalement d’enregistrer un album complet dans les studios Decca de Londres.
Il sera bouclé en 3 jours et sortira sous le nom « Bluesbreakers with Eric Clapton »…
Cet album surnommé également « Beano » en raison de sa célèbre pochette, est d’une importance primordiale dans l’histoire du Blues Anglais… Plus rien ne sera plus comme avant… Il est vrai que jusqu’alors aucun musicien Anglais n’avait sonné comme cela sur disque…
Eric Clapton s’est presque battu avec l’ingénieur du son pour obtenir le droit de jouer avec sa guitare « saturé à fond » en studio…
Ecoutez la plage d’ouverture de l’album « All Your Love » le classique d’ Otis Rush… Un démarrage percutant et fluide… Clapton, déjà, au sommet de son art…

Nous sommes fin 66 quand subitement Eric Clapton part pour de bon former Cream son premier groupe avec Jack Bruce et Ginger Baker… tout en omettant une nouvelle fois d’avertir son Patron…
John Mayall est un nouvelle fois abandonné, il rappelle alors Peter Green pour le remplacer…
La transition Eric Clapton, Pete Green est loin d’être évidente, on ne remplace pas « Dieu » comme ça au yeux du public…
Heureusement « Hard Road » le 33 tous enregistré entre octobre et Novembre 66 avec Aynsley Dunbar à la batterie et John Mc Vie à la basse, prouve indéniablement les talents hors norme de ce nouveau guitariste d’exception…

En avril 67 le batteur Mike Fleetwood intègre les Bluesbreakers…mais ne restera que le temps du single « Double Trouble », il est viré par Mayall à cause de son penchant immodéré pour l’alcool…
Peter Green juge la sanction trop sévère et quitte à son tour le groupe, pour rejoindre le batteur. A deux, ils formeront la première mouture de Fleetwood Mac.

Incroyable ce John Mayall !!! En 1967, il part en croisade pour faire connaître le blues en l’Angleterre alors que le pays nage en plein trip psychédélique avec les Beatles en tête et leur fameux « Sgt Peppers ».
Pour cette mémorable croisade, il embauche 2 nouveaux musiciens, le batteur Keith Hartley et le guitariste Mick Taylor, un petit prodige de 19 ans complètement inconnu à l’époque. Il ajoute également pour l’occasion une section de cuivre complète…
Ecoutez « The Death Of JB Lenoir » un hommage sincère et rempli d’émotion dédié au Bluesman JB Lenoire, un de ses héros disparu cette même année…

Le 33 tours « The Blues Alone » paraît également en 67 et à la particularité comme son nom l’indique, d’être le premier album entièrement composé, produit et interpréter par John Mayall avec seulement pour unique soutien le batteur Keith Hartley.
L’album recèle douze titres passionnants, tous bricolés à l’aide de l’overdubbing, une nouvelle technique de studio, qui lui permet d’enregistrer harmonica, piano, guitare et basse séparément…

Début 68 pour son sixième album, John Mayall décide d’étoffer ses Bluesbreakers en septet.
Outre le guitariste Mick Taylor & le saxophoniste Chris Mercer Mayall engage le trompettiste Henry Lowther, le saxophoniste Dick Heckstal-Smith, le bassiste Tony Reeves et le batteur John Hiseman.
Ceux qui pensent que la vision musicale de John Mayall se limite au Blues, risque d’être sérieusement étonné en écoutant ce « Bare Wires ».
Un concept album ambitieux où il mélange habilement Jazz, Blues et Rock…

Juillet 1968, John Mayall est épuisé après la tournée européenne qu’il vient d’effectuer avec six musiciens.
Il prend alors la décision historique (pour certain fan) de dissoudre définitivement ses Bluesbreakers.
Exit donc Dick Heckstal-Smith, Henry Lowther, Tony Reeves et John Hiseman, qui finiront eux par former Colloseum le premier groupe de jazz-rock britannique.
Quant à John Mayall, lui, il prend trois semaines de vacances à Los Angeles, où il fréquente notamment, Canned Heat le célèbre groupe de Boogie américains…
A son retour à Londres, il grave « Blues From Laurel Canyon », en s’inspirant directement de son trip en Californie…
Outre la brève apparition de Peter Green son ancien guitariste, Mayall est toujours assisté par Mick Taylor à la guitare auquel il ajoute les talents du bassiste Steve Thompson et du batteur Colin Allen…

Début 69 John Mayall quitte Decca Records pour Polydor qui sort dans la foulée « The Turning Point » Un album novateur où il abandonne volontairement le blues pour un mélange de Jazz acoustique sans percussions, ni batterie…
John Mayall est simplement accompagné par le bassiste Steve Thompson auquel il adjoint le guitariste acoustique John Mark et le merveilleux saxophoniste/flûtiste Johnny Almond.

En Juin 1970 John Mayall dissout son groupe actuel et part définitivement s’installer en Californie…
Il assemble sur place, un nouveau groupe 100 % Américains avec Don Sugarcane Harris (le violoniste de Frank Zappa) plus 2 excellents musiciens issus de Canned Heat, le guitariste Harvey Mandel et le bassiste Larry Lee…

En novembre 1970, l’idée première de John Mayall pour « Back To the Roots », c’est de rassembler sur un double album tous les musiciens qui ont le plus compté dans son œuvre…
Malheureusement pour diverse raison, il n’arrivera pas à rassembler tout le monde, cela dit, il peut quand même compter sur la présence de pointures comme Eric Clapton, Mick Taylor, Keith Hartley, Harvey Mandel ou Larry Lee
pour ne citer qu’eux. Ecoutez « Accidental Suicide » hommage à Jimi Hendrix avec pas moins de 3 guitaristes… Explosif !!!

Pour l’album suivant « Memories », Exit Harvey Mandel, exit Don Harris, c’est maintenant Jerry McGee qui s’y colle. Beaucoup de travail en studio, Mayall assurant le chant, la guitare rythmique, la douze cordes, l’harmonica, le piano, McGee la lead-guitar, le dobro, la steel et le sitar. Autant « USA Union » était ouvert sur le monde, autant « Memories » est un disque introspectif.

Toujours très actif, Mayall tourne en permanence, on attend la suite avec impatience. Et là, à nouveau, il nous refait le coup de Turning Point, du moins dans la démarche, puisqu’il remet (pratiquement) tout en question ! Ce sera la période de son déclin, pour cause d’incompréhension totale du public, peut-être trop habitué à un travail léché, surprenant, souvent, mais très professionnel, et très construit. Arrive le temps de Jazz Blues Fusion, une période franchement décriée par la critique. Pourquoi ? C’est simple, Mayall improvise tout ou presque sur scène…

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