Jesus Just Left Chicago

On a tous dans le cœur quelque chose de Billy Gibbons, ce n’est pas des générations de bikers qui me contrediront. Nous sommes tous fans du grand Billy (et pourtant j’ne suis pas motard) et de son riff de « La Grange » Cultissime ! Allons au Bordel qu’ils disaient…
C’est bien de ça qu’il s’agit, ce riff emprunté à ce bon vieux John Lee Hooker, ce fameux Boogie qui nous colle à la peau, comme un T-Shirt les soirs de concerts à l’ArtPuces Café…
Ces quelques notes de guitare bon grain vont à la fois servir les ZZ Top et peut-être aussi les finir… Les faisant passer trop souvent pour un groupe mineur, un « one song band »…
Ouh… Lord ! Have Mercy for ZZ Top

On a tous dans le cœur quelque chose de Billy Gibbons. Depuis les Movin Sidewalks (67), Billy a gardé le goût prononcé pour les cowboys psychédéliques, allant même jusqu’à faire monter du bétail sur scène en guise de choristes. Il ne reculera devant rien, dépensera sans compter et pourtant les membres du petit groupe texan passe pour de chauvins activistes de la bouse de vache. Que diable ! Casserons-nous une bonne fois pour toute cette image réductrice ? Vous savez de quoi je veux parler…

A y regarder de plus près, ceux qui ont reçu, en live, le son supersonique de « Pearly Gate », la Lespaul 59 favorite de notre grand Billy, se souviendront toute leur vie de ses petits frissons ressentis sur les thympans. Comme une fricassée de blues, faisant passer Poppa Chubby pour un enfant de chœur. Non, notre Billy, c’est un autre calibre. Hé ! C’est qu’il a été baptisé par Jimmy Hendrix, himself, le grand Bill : « le guitariste le plus prometteur de sa génération » dixit le Voodoo Child !

Le groupe paiera sa dette au Blues en renflouant les caisses du Delta Blues Museum, insufflant un nouvel élan du côté de Clarksdale. Billy, à l’époque, va même jusqu’à se faire fabriquer une guitare : la Muddy Wood, dans une planche issue des ruines de la cabane où aurait grandi Muddy Waters à la plantation Stovall (page 82 du livre « Etats du Blues » de Jeff Dunas, éditions Köneman). Cette guitare est « logiquement » exposée au DBM.

De ses études en arts graphiques, Billy développe un goût prononcé pour les concepts en communication et pour les couleurs kitchs. Toute cette expérience va aboutir à l’époque la plus créative du groupe et, paradoxalement, la plus commerciale. Cette lucrative période MTV ! Quand les clips « sexy » des barbus envahissent les écrans de la galaxie.

Billy en profite pour se faire installer en studio un « Amp Cabin », une pièce dont les murs et le plafond sont constitués d’amplis guitare (Mesa Boogie en général) au milieu desquels on a disposé un pauvre micro « masochiste ». Le résultat est renversant.

Le jeu du Gibbons, faussement simple, s’appuie essentiellement sur une fabuleuse main gauche qui n’arrête pas de travailler les cordes, surfant sur le sustain diabolique du Amp Cabin. Les sauts de cordes dans les soli sont également des signes caractéristiques, (Jimmy Vaughan, en bon texan, a également ce genre de « tics » Mais plus sage, il remplace l’overdrive par un effet chorus).
Un mien ami, Motard, m’a rabattu les oreilles pendant des années de cette légende qui raconte que Billy emploie un quart de Dollar en guise de médiator. Tenu très court, La pulpe du pouce produit une attaque très particulière déclanchant spontanément des harmoniques naturelles…

A la six cordes, son style reste construit autour d’un jeu rythmique ¯ dû à la formation en trio ¯ alternant les Power Chords et les licks personnels issu du blues allant même jusqu’à vérifier la logique que la ligne rythmique est la véritable l’identité d’un titre, chaussant ainsi les pantoufles de Keith Richards. Les ZZ Top ouvrent pour les Stones en 72, année de leur « First Album ».
Les exemples de ce genres de titres sont nombreux mais mes favoris restent : Tush, I Thank You, El Diablo et bien sûr « La Grange »

« La Grange » qui commence comme si on était à l’extérieur de ce fameux lupanar… Tout doux mais déjà on ressent cette tension, les baguettes sur les rebords de caisse accompagnent les commentaires du chanteur. En ouvrant la porte, on prend la claque, le volume énorme, on rentre, on regarde autour de soi, le premier solo démarre… Le grain de la Gibson éclabousse les murs, les hôtes de « la Grange » s’écartent sur votre passage, puis c’est la baston inévitable avec son break exemplaire que tout les aficionados attendent, on relâche la pression. Ça repart à petit feu. Second solo, vous l’entendez siffler comme un crotale, vous la voyez la main gauche torture le manche jusqu’à l’évanouissement dans l’horreur de la nuit désertique… C’est pas diabolique ça mon p’tit… (Non, arrête de tirer sur ma barbe, sinon papy va se fâcher.)

J’ai arrêté d’écouter les ZZ Top depuis un petit moment. On les imagine en brelan de bandits jammant pendant des heures sur les standards de leur grand-père spirituel, Lightnin’ Hopkins, juste avant de monter sur scène et de donner le change comme ils le font depuis quelques années. On leur réclamera encore une fois l’histoire de ce bordel nommé « La Grange » qu’ils exécuteront en 4e vitesse pour s’en débarrasser. Music !

Ta lin limp limp limp limp ta limp limp limp limp …. Etc…
Docteur Blues

Rumour spreadin’ a-’round in that Texas town
’bout that shack outside La Grange
and you know what I’m talkin’ about.
Just let me know if you wanna go
to that home out on the range.
They gotta lotta nice girls.

Have mercy.
A haw, haw, haw, haw, a haw.
A haw, haw, haw.

Well, I hear it’s fine if you got the time
and the ten to get yourself in.
A hmm, hmm.
And I hear it’s tight most ev’ry night,
but now I might be mistaken.
hmm, hmm, hmm, hmm.

Have mercy.

 

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